‹ Pour l'Irlande [microforme]Chapitre 1 sur 21 · A MONSIEUR · texte numérisé non relu

A MONSIEUR

le Baron de Mandat-Grancey.

Monsœur LE BARON,

S? vous avez voulu écrire un ouvrage gat Sur l'Irlande, vous avez parfaitement réussis Mais ce succès m'affiige beaucoup, car je ne Puis voir rire d’une nation qui a aimé et servt la France.

Je croyais que érors cents ans de lutte et de martyre l’auratent préservée de ceé affroni, du moins de la part d’un Français.

Mais je me souviens maintenant qu'un aure Françars(1) disait du Canada, alors que Montcalm lutlait depuis quatre ans sans se-

1, Voltaireg

cours d'hommes et d'argent : « À quot 6on ces quelques arpents de neige? »

Vous avez imité cet homme dans sa légèreté, et, plus coupable que lui, dans un certain sens, vous êtes allé rire au milieu de douleurs que vous n'avez pas su comprendre.

Au lieu de tâcher d'étudier à fond cette question irlandaise, vous avez trouvé plus facile d'expliquer à vos lecteurs la manière d’em-

brasser les Anglaïses! — Cela demandait en effet moins de travail et était plus en rapport avec les faiblesses d’un touriste.

Le public français me pardonnera, je l'espère, les défauts de mon style, pour ne voir que la justice de la cause que je plaide et la solidité des raisons que j'apporte.

Un séjour de cing ans en {rlande me donne droit à une certaine autorité en cette matière délicate.

Le rieur qui a composé « Chez Paddy » et s’est amusé à faire de l'économie ‘politique en dinant chez les « agents, » comprendra ma fran-

chise et reconnaîtra peut-être que sa caricature

— vu — de ma chère Jrlande est fausse ef malheureuse, et qu'en dehors même de toute controverse sur le Home-Rule et la Question agraire, son livre est une mauvaise action g4e Paddy ne peut laisser passer sans dire son tindignation.

Veuillez agréer, Monsieur le Baron, avec le

profond regret que j'éprouve de vous savoir l’auteur d'un tel livre, l'expression de mes sentiments distingués.

Éme PICHÉ, Prêtre, Lurgan C° d'Armagh Irlande.

REFONSE A « CHEZ PADDY »

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