‹ Pour l'Irlande [microforme]Chapitre 10 sur 21 · LE · texte numérisé non relu

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tiles brisèrent les vitres et traversèrent la chambre ; il pouvait être quatre heures de l'après-midi. Comme il n’y avait qu'une fenêtre donnant sur la mienne et que les balles venaient droit de cette direction, je crus à un accident et n’ébruitai pas l'affaire.

Quelques jours après, en pleine après-midi, un nouveau coup de feu produisit le même résultat; j'avertis la police. On fit un enquête,

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Lorsqu'un nouveau sergent fait le serment de ne faire partie d'aucune association, il ajoute dans sa formule : excepté la société maçonnique; ce qui est presque une invitation à devenir maçon.

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89; dans la maison voisine, on reconnut que les coups ne pouvaient venir que de là; l’indignation fut générale.

Alors le commissaire extraordinaire vint me voir, me dit que cela était un enfantillage et qu'il ne fallait pas en parler. Je protestai en lui signifiant que si un pareil attentat fût arrivé dans le Sud ou chez un ministre, les journaux anglais en seraient pleins. Peine inutile, l’enquête n’alla pas plus loin. Je portai plainte au Parlement anglais, le secrétaire en chef répondit à M. Biggar, qui me représentait, que l'affaire était sans importance, que ce n'était qu'un enfant jouant avec un fusil à air! Bref, au mépris de toute justice, l'affaire fut étouffée.

L'année dernière, 15 août 1886, je fis faire une excursion à mes enfants du patronage.

Nous revenions en chemin de fer bien tranquillement, mais nous étions attendus sur la route. À chaque station nous recevions une volée de pierres ; à Tanderagee on me lance une très épaisse bouteille de limonade qui va se

briser sur la portière. Dix minutes après, le

You train suivant, qui était celui par lequel nous devions revenir, était tiré à balle et une jeune actrice faillit être tuée.

Pas une arrestation, pas une enquête, pas une récompense promise, pas un mot.

Une armée de trente mille hommes en temps de paix vient prêter main-forte à la police et à l'administration arbitraire de l'exécutif.

Enfin restent les 7#rés.

En vain lord O’Hagan fit passer un acte spécial en 1872 pour empêcher le gouvernement de choisir les jurés; ses efforts ont été éludés

de la manière suivante : les shérifs ne peuvent

plus, il est vrai, former un tribunal de jurés

d'après leur bon plaisir. Mais lorsqu'un juré est appelé, les avocats de la couronne ont un droit illimité de faire mettre de côté tout juré dont ils ne veulent pas, ne laissant ainsi prèter le serment qu’à ceux qui leur plaisent. Ce droit a été généralement exercé ces dernières années dans tous les ca: d'importance avec des résultats frappants.

En 1882, dans divers procès à Dublin, ce

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système fut appliqué d'une manière inique.

Les noms des jurés en cette occasion comprenaient 112 protestants, 80 catholiques et un

Dans un premier procès 18 catholiques et 2 protestants furent récusés, laissant ainsi un qury exclusivement protestant.

Dans un autre procès 22 catholiques et 4 protestants furent exclus, quoique tous appelés, et l’on forma un jury composé de 11 protestants et 1 7#2/. Dans un troisième cas 11 catholiques et Y protestants furent rejetés, et l’on eut un jury de 12 protestants. Enfin, dans un quatrième cas, 2 protestants et 15 catholiques furent encore repoussés, et l’on choisit un jury de 12 protestants. M. Dwyer Gray M. P., propriétaire du journal le #7eeman et alors grand shérif pour Dublin, ayant appelé l'attention publique sur ces cas, fut sommé de comparaître devant un tribunal et condamné à cinq cents livres sterling d'amende et à trois mois d’em-

prisonnement. (1)

1, Ze « Castle» System par John J. Clancy, M. A. p. 22.

— 32 Mais il arrive parfois que, malgré ce choix scrupuleux, le bon sens et la justice de certains

protestants produisent une division parmi les

jurés. Que fait-on alors? Voici ce qui passa

tout récemment à Cork.

Il y avait là plusieurs procès agraires à juger; un fait extraordinaire se produisit. Un premier jury refusait ordinairement de se prononcer; mais les jurés appelés à la fin des assises à procéder à un nouvel examen condamnaient presque toujours, à tort ou à raison, Et voici l'explication du mystère :

L'avocat de la Couronne (qui avait la responsabilité du procès), aussitôt après le premier vote du jury, vote, avons-nous dit, sans résultat, se rendait parmi les jurés pour savoir quelle était leur opinion. Il s’informait parmi eux de ceux qui étaient pour et de ceux qui étaient contre l’acquittement, et lorsque les prisonniers étaient appelés pour un nouveau débat, le trop habile avocat ne choisissait que les jurés qui étaient pour la condamnation des

prisonniers. Ce fait fut cité en plein Parlement

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par M. Harrington, le 1° avril 1887, et resta sans réponse. (1) Il faut apparemment ranger encore cela

dans la catégorie des « enfantillages. »

Pour toutes ces raisons d'administration inique à xofre époque le peuple irlandais demande le Home-Rule; mais la question financière l'exige encore d’une manière plus forte et plus sensible; je cite ici l'ouvrage de M. Emmanuel Ferré :

« C'est surtout par le côté financier et budgétaire que l’Union a été funeste à l'Irlande. Lorsqu'elleadministrait elle-même sesfinances, sa situation était beaucoup plus prospère que lorsque, après l’Union, cette administration passa aux mains de l'Angleterre, et qu’elle dut supporter sa part dans les charges de l'empire.

« Longtemps avant 1792, c’est-à-dire avant que ne fût proclamée l'indépendance de son parlement, l'Irlande avait des budgets régu-

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