‹ Pour l'Irlande [microforme]Chapitre 20 sur 21 · BIBLIOTHECA · texte numérisé non relu

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— I00 — Oui voilà notre accusateur, Eh bien! nous recusons son témoignage, et comme M. Biggar l'a dit : « Je ne lis pas le 77#es et je ne me préoccupe pas de ce que le 77mes dit. » (1) Mais si M. Parnell et ses lieutenants ont refusé de poursuivre le 77mes, ils ont demandé en plein Parlement une enquête spéciale sur ses accusations. C'est-à-dire qu’ils ont nié les calomnies du 7?7#es; ils ont nié toute complicité; ils ont dit au 77#%es : D'après les règles de la logique, c’est à vous de prouver vos allégations ; nous ne vous intenterons pas d'action, parce que les tribunaux anglais, les jurés anglais sont prévenus contre nous, mais nous demandons une commission parlementaire pour

nous juger.

1. C'est donc au 7ÿwmes à prouver son accusation, non à M. Parnel à la réfuter. Le Times dit : « Intentez-moi une action, » Moyen habile de traduire un chet de parti devant un tribunal étranger, de l'obliger à répondre, sous peine de prison, à toute question curieuse de l'avocat de la Couronne sur un passé politique, sur toute une organisation qu'on veut supprimer. La ruse est trop visible; aussi M. Parnell laisse aboyer le Times.

Cette commission que 85 membres deman-

US ar daient, elle leur fut refusée. Lisez ces paroles me | 4 magnifiques de l’un de ces membres (M. P.

4 Healy), le 6 mai 1887 :

re- Ë « Nous savons maintenant pour la première en ‘ fois quelle idée nous, Irlandais, étrangers, ses LÉ nous devons nous faire de cette Chambre des les | 4 Communes. N'importe quel sujet sous le so- | li- É leil peut devenir l’occasion d’une enquête L les L: devant une commission spéciale; mais lorsque lé- | 86 membres sont accusés de complicité dans on, E des affaires d’assassinat, d’explosion de dynarés. * 4 : mite, de trahison contre la Reine, de vilenie ‘| us ) humaine sous toute forme morale et politique, ut : alors, dis-je, personne ne se préoccupe d’en

| référer à une commission spéciale,. En ce qui

nous concerne, accordez ou refusez cette en- 3

à quête, nous ne nous en préoccupons pas plus # une | que d'un jarthing ou d’une prise de tabac, : pi mais nous ne la craignons pas non plus, ou- cette enquête; bien mieux, nous la réclamons. Hogs (Applaudissements irlandais.) Je suis vraiment rs

surpris de la manière dont l'Assemblée a traité

cette question. Ou vous croyez à ces accusations et pouvez les prouver, ou vous ne le pouvez pas. Sûrement si vous pouviez les prouver, vous seriez ravis de nous perdre. (Applaudissements.) Mais si vous les croyez sans preuves, combien n'êtes-vous pas indignes de la haute position que vous occupez, et combien bas et méprisable doit être votre caractère! (Applaudissements nationalistes.) Combien misérable et odieuse doit être la carrière politique de ces messieurs qui vont quêter les votes des loges orangistes et ceux de la Ligue des Primevères fAssocriation Tory), et empoisonnent l'opinion publique contre ceux qu'ils appellent leurs compatriotes, créant des luttes, des haïines, des inimitiés, desquelles plusieurs d’entre vous savent tirer un ignoble profit. (Applaudissements.)

« Et lorsque nous vous prenons à la gorge pour vous dire : Maintenant MM. Smith et consorts, c’est l'heure favorable; maintenant vous pouvez ruiner pour toujours ou du moins pour notre vie ce mouvement irlandais, cette

question du Home-Rule; vous pouvez ruiner

Se

ces alliés libéraux qui, grâce à Dieu, sont venus à notre secours. fApplaudissements.) Oui, maintenant, MM. Smith et consorts, c'est le moment favorable; et voilà que vous rentrez sous terre!

« L'honorable représentant de Bury demande quand est-ce qu’un juré anglais a failli à son devoir. J'en réfère à ce cas connu en Irlande sous le nom de cause des #aréyrs de Manchester.

« Cinq hommes alors accusés de meurtre eurent à subir leur procès (à Manchester, Angleterre), et tous les cinq furent convaincus et condamnés à mort. Or, l’un de ces hommes, Maguire, était bien loin, sur un vaisseau de guerre, lorsque la police fut attaquée à Manchester (cela est consigné dans le mémoire des rapporteurs du procès), et, néanmoins, Maguire fut jugé, il fut condamné à mort, et ce fut par un juge anglais! fApplaudissements.) Pourquoi donc le secrétaire en chef ne ricane-t-il

plus maintenant? (Ærres.) »

do "QE

Comme je l’ai dit plus haut, malgré cet appel et ces énergiques paroles, l'enquête fut refusée. (1)

Chose étrange, en 1881, lorsque les membres irlandais étaient jetés en prison, lorsque leurs papiers étaient fouillés, leurs lettres lues dans les bureaux de poste, les salles de la Land-League investies par la police, on ne put rien trouver qui les compromît avec les invincibles et les autres désespérés.

Et ce gouvernement conservateur si scrupuleux n'est-il pas secouru, maintenu au pouvoir par les orangistes? l’orangisme, dont le toast favori était en 1835 : Puissent, disait-on en buvant au massacre de tous les catholiques, puissent leurs membres être déchirés en mille morceaux, et chacun de ces morceaux servir de

clou au soulier d'une vieille femme (Duvergier

1. Au commencement de juillet la majorité de la Chambre des Communes décida, contre le gouvernement, qu’une enquête était nécessaire à propos de l'arrestation de Mie Cass, accusée faussement de prostitution. Mais cette demoiselle était anglaise et vivait à Londres. On peut

accuser les Irlandais en toute impunité!

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de Hauranne, ZLeééres sur l'Irlande, p. 81); l'orangisme qui de nos jours a organisé les émeutes de Belfast, et qui, au moyen du parjure organisé, défie toute condamnation pour ses membres (procès des Walker), et fait condamner les catholiques qu’il veut! (Affaires du Lurgan). (1)

Le Tômes, dans un article du 29 juillet 1844, décrivait ainsi la société orangiste :

« Cette étrange confusion de la paix avec la guerre, cette profession de christianisme avec les pratiques du Koran, la Bible avec la bataille de la Boyne, tel était le caractère principal de la religion de la minorité (protestante) en Irlande,

« Il y avait une classe dont les solennités religieuses étaient susceptibles de commencer

avec tambours et fifres, de continuer avec

1. Les orangistes, du temps d'O’Connell à Armagh, tuèrent un jeune catholique sous les yeux de sa pauvre sœur et firent boire parileurs chiens son sang encore chaud!!! — Grunly était le nom de la victime, et ce crime odieux fut commis le 12 juillet 1822. Personne ne fut condamné.

des bouteilles et des verres, de se développer | sous forme de cailloux et d'assommoirs, et d. de se terminer par des décharges de fusils

de chasse, des listes de blessés et de tués, et

d'obtenir son apogée par des sentences de jurés triés et un verdict de sectaires. »

C'est ce même orangisme que le Zzwes patronne maintenant, ce sont les mêmes hommes qu’il pousse au pouvoir, ce sont les mêmes cérémonies sanglantes qui prédominent et

dont il se déclare le pontife infaillible,

M. de Mandat-Grancey n’a pas jugé prudent de venir à Belfast étudier cette nouvelle religion, lors de son séjour à vol d'oiseau en Irlande. Il soupçonnaït peut-être que les outrages dans le Sud n'avaient rien de dangereux pour lui, tandis qu’une balle orangiste aurait bien pu mal récompenser le zèle d’un ancien officier de marine pour les études so-

ciales.

La Ligue nationale poursuit donc son œuvre

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de régénération sans se souiller les mains par des assassinats.

Mais si l'Angleterre continue ses évictions cruelles, sa politique orangiste, la Ligue nationale, la religion catholique, seront impuis- Santes à empêcher des excès déplorables; lorsque des remèdes sont trop tardivement appliqués, les patients tombent quand même dans des accès de frénésie.

Je me rappelle une jeune fille qui, sermonnée par son confesseur, parce qu'elle avait abandonné la communion fréquente, répondit :

« Les jours où je communie, mon maître me sachant plus patiente, plus résignée, m'accable d'ouvrage et me demande les services les plus injustes; vous savez aussi que je ne puis pas quitter maintenant mon service : voilà pourquoi j'ai interrompu mes communions afin d'être moins tyrannisée. »

Hélas ! telle a été la conduite de l'Angleterre envers l'Irlande catholique ; elle s’est servie de de sa patience, de sa piété, de sa résignation pour l’opprimer davantage. |

Si, affolé pourtant par sa longue oppression et en dépit de son héroïsme de trois siècles, le peuple irlandais mettait de côté les lois d’une Église qui l'empêche d’imiter les nihilistes, j'en gémirais de tout mon cœur. Mais avant de le blâmer, je maudirais d'abord le gouvernement qui a fait ce mal; et le triomphe final de l'Angleterre, arrachant à l'obéissance catholique les fils d’Erin, serait puni par des attentats universels et par l’infamie qui la ruinerait.

Je dis ceci comme prêtre, avec la connaissance que j'ai de la nature humaine, de ses luttes, de ses victoires surnaturelles par la passion et la mort d'un Dieu crucifié, mais aussi de ses terribles réactions contre la main qui l’opprime. J'écris ceci comme témoin sacré de bien des pardons, de bien des cris étouffés, de larmes séchées et d’héroïsme, que l'avenue de Friedland (1) ne connaît pas.

Aucune mère irlandaise ne m'a bercé près

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