‹ Pour l'unité des forces catholiques [microform]Chapitre 25 sur 35 · GROUPEMENTS NOUVEAUX · texte numérisé non relu

GROUPEMENTS NOUVEAUX

« Sous ce titre général : « V Action catholique », sous ces deux sous-titres particuliers : « Actes épiscopaux, V Union diocésaine des catholiques d'Autun », la presse catholique publie le programme d'une union diocésaine qui se crée dans le département de Saône-et- Loire, ou, pour parler plus exactement, avec les fondateurs de ce groupement, dans le diocèse d'Autun,

sous le patronage de M'^ Ghassagnon, évêque de ce diocèse.

« Déjà des organisations semblables ont vu le jour depuis un peu plus d'un an. La première a été, croyonsnous, constituée le 14 septembre 1921, par mandement de r archevêque de Besançon, M.s'^ Humbrecht. L'an dernier, le département de la Seine- Inférieure, ou diocèse de Rouen, en a vu éclore une sous le patronage deM°'' de la Villerabel, archevêque de Rouen; puis, le département de la Charente, diocèse d'Angoulême, sous le patronage de M^'" Arlet, évêque d'Angoulême.

« Il y a, dans cette organisation naissante, plusieurs sortes de formations. L'Union des catholiques — ru. D. G. pour obéir à cette loi d'initiales, souvent énigmatiques, qui, pour abréger les appellations complètes, propose des rébus aux lecteurs — ■ comporte en effet plusieurs degrés.

« Il y a l'Union paroissiale. Elle se groupe, dit le document, autour de M. le Guré. « Elle comprend d'a- « bord un petit noyau de catholiques, plus actifs et « plus libres de leur temps », c'est le Comité paroissial. Puis, « tous les autres hommes catholiques âgés d'au « moins 21 ans ». G'est l'Union paroissiale. En troisième lieu, il y a dans l'archiprêtré, l' Union cantonale, formée des Unions paroissiales. Elle dicte et unifie l'action des groupes paroissiaux. Dans le diocèse, la Fédération diocésaine formée des Unions cantonales. Elle aide et unifie l'action des Unions cantonales. Gette organisation, ^rès légale, très Unité, infiniment intéressante (1) à observer dans sa naissance et à suivre dans son ^ction, se crée avec le souci sévère de hiérarchie qui plaît et qui convient à l'institution, à la constitution catholique.

« Quel est maintenant le but de l'Union des catho-

(1) C'est nous qui soulignons. v — A. B.

liques, répartie en divers noyaux d'actions? Il est « de grouper des hommes catholiques » — c'est donc une organisation strictement masculine — pour qu'ils se connaissent, s'aident les uns les autres, cherchent ensemble et emploient les moyens les plus efficaces de conserver, de pratiquer, de propager et de défendre éventuellement la religion. »

« Mais une telle association se demande avec un scrupule qui vient aisément à l'esprit, le document que nous analysons, n'a-t-elle pas un but politique? Tout aussitôt, l'Union s'en défend. Pas de politique : « Elle nous divise, la religion seule unit. » Mais alors, l'Union ainsi comprise, c'est l'Église? Le but est le même que celui de l'Église? Car c'est l'Église qui a mission de propager, de défendre la religion. Pas tout à fait. Et le document analyse les moyens, « les nombreux moyens auxquels l'Union et ses organes se proposent de recourir : conférences, cercles, tracts, journaux, soutien apporté aux écoles libres, aux patronages ». En outre, « elle surveille et combat, s'il y a lieu, les atteintes à la foi et à la morale, les enseignements contraires à ceux de l'Église, etc.. » Elle se groupe autour de l'évêque pour promouvoir l' action religieuse, morale et sociale.

« On voit donc que si l'Union des catholiques et ses groupes à la fois variés dans leur distribution et solides dans leur organisation s'interdisent soigneusement la politique, ils entendent appliquer leur action, non pas seulement à la défense religieuse, mais à la défense « morale et sociale » des principes catholiques. Il y a là un champ très vaste qui, s'il frôle la politique, ne se confond pas forcément avec elle.

« Cette organisation peut servir d'exemple à d'autres que les catholiques. Ceux-ci ont senti le besoin, depuis la guerre, de s'unir, de se serrer les coudes, de développer leur propagande. A côté de la morale catholique,

il y a la morale laïque. A coté de l'œuvre sociale catholique, reposant sur sa doctrine propre, il y a Tœuvre sociale laïque, prenant pour guides ses principes autonomes.

« A une époque où les questions morales et sociales se lient sans toujours se commander, de telles associations ne peuvent que développer la vie publique et la vie nationale elle-même. Elles peuvent devenir des centres, des foyers où se réunissent dans l'union les partisans d'idées communes, à la condition que le zèle de quelques partisans trop violents n'en fasse pas une organisation de combat. »

Que Le Temps se rassure." Nos évêques, qui ont pris l'initiative des Unions catholiques et entendent, à juste titre, en demeurer les chefs, tout en laissant aux laïques catholiques une très large part d'initiative et de responsabilité, ne laisseront pas « quelques partisans trop violents » faire de l'Union « une organisation de combat ».

Mais, ils ne permettront pas davantage — M»"" Guérard, nous en a averti — qu'on en fasse « une organisation de défaite », un organisme destiné à consacrer, par une acceptation tacite, une législation de combat qui compromet les intérêts les plus sacrés de la patrie et de la religion. ,

Ce n'est pas de nous, catholiques, mais du Temps et de ses amis que l'Union catholique attend la faculté de se consacrer exclusivement, et selon ses désirs, à 1' « action religieuse, morale et sociale. »

L'Union n'aura pour cela rien à changer aux direc-

tions, au programme d'action que lui donnèrent, à la suite des derniers Souverains Pontifes> les évêques de France.

^ Mais Le Temps et le parti dont il est le porte-parole auront, peut-être, quelques modifications à apporter à leur propre programme.

Les nouvelles manières de penser, reflétées dans l'article qu'on vient délire, nous donnent la confiance que l'amour du pays et de la grandeur française dont elles s'inspirent feront accepter, s'il y a lieu, les sacrifices nécessaires. A cette condition, Le Temps et ses amis verront les Unions catholiques se ranger à côté d'eux pour la défense de la paix française... Mais...

Au lendemain de la mort de M. Emile Combes, Le Temps (24 mai 1922) jugeait sévèrement la politique du vieux sectaire. Le Combisme, ce fut « la dictature d'un parti imposée au pays », au suffrage universel lui-même. Ce fut une conception politique qu'on pourrait, disait-il, appeler « le radicalisme de droit divin ».

Ce régime, ajoutait Le Temps, « a rendu impossible, avant la guerre, l'union sacrée — qui nous eût été aussi utile dans la préparation à la défense nationale que dans la défense nationale elle-même. Elle a perpétué dans ce pays une sorte de guerre de religion factice, où quelques politiciens locaux ont seuls trouvé leur intérêt » (1).

(1) Après le procès des radicaux, voici celui des radicaux-socialistes. Le Provincial du Temps résumait ainsi ces jours derniers

On ne saurait mieux dire. Aussi, mis en confiance, attendions-nous du Temps cette conclusion logique : « Cette législation de « guerre de religion » créée par « le radicalisme de droit divin » au détriment de r Union sacrée nécessaire, hâtons-nous de la remplacer par une législation de paix, de concorde nationale; donnons à F école, par la R. P. S., ce statut vraiment libéral que nous avons impose par le traité de Versailles à la Pologne et aux diverses nationa-

(18/9/23) leur action néfaste et anti-française au cours de la Troisième République; un catholique signant une pareille philippique se verrait fort probablement accuser d'exagération et de sectarisme par plusieurs des lecteurs du Temps. Lisons : « Les radicaux-socialistes, maîtres du pouvoir:, ont semé partout la division au sein de la République. A la neutralité de V Etat en face des croyances diverses^ ils ont substitué la guerre à toutes les croyances, pratiqué Vathéisme légal et contraint tous les fonctionnaires et tous les citoyens qui ambitionnaient quelque faveur gouvernementale à s'abstenir de toute manifestation extérieure de leurs convictions : aller à la messe devint un crime d* Etat. V histoire des réductions successives de crédits pour l'armée et la marine est une des plus tristes qui soient. On nous objecte, comme une prétendue preuve du souci des Chambres radicales-socialistes pouR la défense du pays, la loi de trois ans. Mais on sait de quelles difficultés il fallut triompher pour leur en arracher le vote, vote . tardif d'ailleurs quand l'ennemi était depuis si longtemps, et si complètement organisé pour la lutte! Et, en avril 1914, les affiches des socialistes, alliés des radicaux-socialistes, réclamaient encore le désarmement. J^en ai vu — lamentable ironie! — qui tenaient toujours aux murailles le 11 août 1914! » .

Après la guerre, le radicalisme continua sa politique « abjecte » et antinationale :

<f N'ayant rien appris de la guerre, ne voulant rien oublier de ses préjugés et de ses rancunes, sans y changer un iota, il a repris ses méthodes anciennes : rallumer les querelles religieuses éteintes, proscrire de la République les vieux républicains, flatter la révolution pour l'utiliser à son profit, telle est aujourd'hui comme hier

lités nées de la guerre, — rouvrons la France à ces religieux dont nous reconnaissons par des subsides et des décorations l'œuvre éminemment française accomplie sur toutes les plages du monde, — ne soyons pas plus rigoureux pour ces bons français qui vinrent si généreusement verser leur sang pour le pays en 1914, que nous ne le sommes à l'égard d'hommes politiques condamnés par leurs pairspour avoir trahi les devoirs de leur charge; — ne traitons pas plus mal que les mutinés de la Mer Noire, aujourd'hui amnistiés, les irréprochables serviteurs de la France que furent les religieux; — N'assimilons plus aux forçats libérés, en leur interdisant l'enseignement (par une loi qui constitue une page de honte), ces mêmes religieux dont l'œuvré éducative, hors la France, suscite l'émulation jalouse des nationsrivales et qui surent chez nous façonner l'âme et le génie du dix-septième siècle, et, plus près de nous, l'âme et le génie des Foch, des Gastelnau, des Fayolle, des Franchet d'Esperey, des Weygand, de Maistre, desDebeney, des deMaudhuy, desLyautey...

sa politique intérieure. Quant à sa politique extérieure, elle ressemble trait pour trait à celle qui trouva, en août 1914, sa conclusion logique : internationalisme aveugle, pacifisme abstrait, foi naïve au socialisme allemand, elle part de l'illusion pour aboutir à l'impuissance française, à ne rien vouloir dire de plus.

« Nous ne pouvons plus nous laisser prendre au mirage des mots : la tyrannie sous le nom de liberté, la désorganisation sous le nom de démocratie, la destruction de l'ordre social sous le nom de progrès, la discorde nationale sous le nom de République et l'abaissement de la France sous le nom d'entente internationale, voilà ce que nous voyons distinctement au programme du parti radical-socialiste ».

La liste est longue, on pourrait rallonger encore. Il est vrai qu'il y manquerait des noms comme ceux de Caillaux, Malvy, Marty... Mais on ne peut revendiquer toutes les gloires.

Donc, nous attendions du Temps cette conclusion : <( remplaçons cette législation de guerre par une législation de paix. » Point du tout. Le combisme est comme les ossements morts, 055a arida, qu'on utilise dans l'industrie.

Le combisme est mort, mais ses lois doivent demeurer ,et servir. Ces ossements arides sont le patrimoine de la République.

Nous avouons ne pas saisir cette logique. En tous cas, comme le disait plus haut M^"" Guérard, les catholiques ne sauraient tenir pour terrain d'entente l'acceptation d'une législation qui compromet gravement les intérêts de l'influence française, ceux de l'Union sacrée, pour ne pas parler d'intérêts spirituels plus hauts encore. Demander à l'Union catholique de tels sacrifices, serait l'inviter à sacrifier à la vie les raisons de vivre.

Le Temps ne le voudra pas.

Il aidera les catholiques français à « développer la vie publique et la vie nationale... à créer des centres, des foyers où se réunissent dans l'union les partisans d'idées communes», en dehors de toute autre préoccupation de combat que celle où Le Temps nous convie lui-même, contre les propagandes antisociales, et antifrançaises.

Ce nécessaire combat peut unir tous les bons

Français enfin réconciliés par l'abolition de mesures légales issues du « radicalisme de droit divin ». — Qu'on ne parle donc plus de légalités persécutrices intangibles. — Le Temps sait parfaitement, et il l'a fort bien dit, qu'il n'y à pas de lois intangibles et que leur existence serait la négation même du régime républicain (1).

Dans ce combat nécessaire contre les facteurs d'anarchie et de . défaitisme. Le Temps et son parti peuvent apporter à la France des éléments de victoire non négligeables et que nous n'avons aucune tentation de sous-estimer.

Mais, par ailleurs. Le Temps ne pense-t-il pas que les catholiques, ayant enfin pris conscience de leur force par l'Union, peuvent fournir à la cause commune un appoint important? Et, puisqu'il est question d'alliance contre des adversaires communs, chacun des alliés ne doit-il pas ajouter à son courage et à sa confiance par la juste appréciation des bons contingents dont il escompte le concours?

Sur la valeur du contingent catholique Le Temps reproduisit, si j'ai bon souvenir, ces déclarations

(1) Le 2 décembre 1920, Le Temps relevait cette affirmation du Président du Conseil, M. Georges Leygues : « La reprise des relations avec le Vatican ne saurait avoir pour conséquence une modification quelconque à la législation établie. — Les lois laïques sont intangibles ». A quoi Le Temps répliquait justement : «De lois intangibles, il n'y en a pas et il est heureux qu'il n'y en ait pas. M. Georges Leygues a un esprit trop avisé et a vu trop de choses pour croire à l'éternité des lois les plus fortement construites. Le temps fait sur elles son œuvre comme sur tout ».

d'un homme qui est plutôt des siens que des nôtres. Le 20 janvier 1920, à la Chambre des députés^ M. Pierre Forgeot s'écriait :

« Il m'est apparu que le catholicisme était en quelque sorte V antidote du poison bolcheviste... Je ne suis pas catholique... je ne suis rien...; et je constate et je vois que depuis près de 2.000 ans, sur presque tous les points du globe, représenté par un personnel dont le désintéressement et Tidéal ne peuvent vous échapper à vous-même, dressé en un magnifique surgissement de cathédrales et d'églises, le catholicisme défend la famille, l'ordre, le travail, la propriété, c'està-dire tout ce qui s'oppose le plus directement aux principes destructeurs, d'anarchie, de haine, de dictature du bolchevisme. »

Quelques jours plus tard, le 2 février 1921, on citait au Sénat ces paroles d'un historien dont le témoignage doit être à plusieurs titres précieux au Temps : H. Taine :

« Le christianisme est encore sur les deux continents, pour 400 millions d'hommes, l'organe spirituel, la grande paire d'ailes indispensable pour soulever l'homme au-dessus de sa vie rampante et de ses horizons bornés jusqu'au dévouement et au sacrifice.

« Toujours et partout, depuis 1.800 ans, sitôt que ces ailes défaillent on qu'on les casse, les mœurs publiques et privées se dégradent. » /

Ces constatations de fait ne sont-elles pas une raison suffisante pour conseiller au Temps et à son parti de ne point se priver de gaieté de coeur, dans le

travail de reconstruction nationale et de défense sociale qui s'impose, du concours loyal des catholiques, de ne point obliger ces catholiques et leurs Unions (en perpétuant dans ce pays « une sorte de guerre <i3 religion factice » qui se survit en une législation témoin des tyrannies d'hier) à faire de l'Union catholique « une organisation de combat? »

«Le zèle de quelques partisans trop violents » qu'appréhende Le Temps... n'est guère à redouter de la part de citoyens qui bornent leurs revendications à l'obtention d'un véritable droit commun et au retrait de lois d'exception qui, sans nul profit pour la chose publique, blessent des millions de consciences.

Mais ce zèle diviseur sera-t-il également absent de l'âme des « partisans d'un radicalisme de droit divin qui imposa au pays la dictature d'un parti » •et lui en impose encore les lois?... Nous l'espérons. Le Temps peut beaucoup contribuer à faire de cette espérance une certitude.

Annexe VIII.

L'Union catholique et les Missions.

Grouper les hommes dans les cadres de rUnion catholique est chose partout possible et souvent relativement facile. En une semblable matière, les arguments a priori sont dépourvus de valeur. Seuls les faits et les expériences sont tenus pour témoignages valables. Donc, puisque tout autre argument serait sans celui-là frappé de stérilité, citons des expériences : .

Depuis la fin de la guerre, je me suis efforcé de donner comme objet premier aux Missions (1), que j'étais appelé à prêcher, Torganisation d'un groupement d'hommes selon la formule de l'Union catholique. Or, dans des milieux aussi divers que le Gers, la Haute-Loire, la Dordogne, la Charente, le Lot, la Haute-Garonne, les Pyrénées- Orientales, etc., une même évidence s'est imposée.

(1) On ne saurait vouloir poursuivre dans une Mission tous les buts à la fois... Pourquoi ne pas poursuivre d'abord celui-ci dont l'importance n'échappe à pei-sonne : l'apostolat des hommes?

Les Missions, comme toutes les industries du zèle, doivent s'adapter, évoluer avec les besoins des âmes. Pourquoi n'en viendrait-on pas à consacrer la dernière semaine des Missions aux hommes seuls, à l'évangélisation, à l'organisation des hommes?

Partout, jusque dans les centres les plus indifférents ou réputés le plus individualistes, le groupement des hommes était chose possible et même facile. Si parfois la persévérance manqua, ce ne fut jamais par la faute des hommes euxmêmes. Oui, il y eut, ici et là, des erreurs de tactique..., des oppositions néfastes..., mais jamais, Féchec ne vint de cette cause qu'on met si facilement en avant : « Nos hommes sont réfractaires à toute organisation. » C'est là une fâcheuse légende. « Si nous avions fait pour, les œuvres d'hommes la dixième partie de ce qui fut fait pour les œuvres de femmes », nous disait un saint curé, « nos paroisses n'en seraient pas oii " elles en sont. » Expérience faite, on peut affirmer (et je parle ici des milieux réputés indifférents ou hostiles) qu'avec Un prêtre qui ait pendant quelques temps préparé le terrain, lin triduum ou une octave de prédications suffiront souvent à mettre sur pied une union catholique. Évidemment, ces prédications, commencées à l'église, devront se continuer hors de l'église. C'est là, dans la salle des œuvres, dans la salle de théâtre ou de cinéma, qu'on exposera, discutera, qu'on fera votera mains levées les articles du règlement. C'est là qu'on demandera à quelques commissaires placés aux portes de prendre, séance tenante, les noms des adhérents et leur adresse. La première cueillette... sera parfois médiocre, mais il n'y a pas lieu de s'en effrayer et surtout de se montrer découragé. Il nous est arrivé, à ce premier

coup de filet, de prendre tout juste deux poissons..., ce qui ne nous empêcha pas de chanter victoire le lendemain et c'était, de fait, une victoire. La ^lace était rompue. Le surlendemain — dans cette petite sous-préfecture, jusque-là livrée à la politique radicale et tyrannisée par les loges — les hommes n'en croyaient pas leurs yeux en se retrouvant plus de cinquante dûment inscrits et réunis au local du futur cercle pour procéder -à l'élection du bureau. On n'était pas d'ailleurs, sans inquiétude au sujet de cette élection : « Où trouver un président, un vrai? Nous manquons de chefs plus encore que de soldats. » Que de fois avons-nous entendu 'formuler ces mêmes appréhensions. Or, généralement, les hommes sont fort clairvoyants pour •découvrir ce chef qu'on cherchait vainement. Et, par ailleurs, la confiance que lui témoignent ses pairs, la responsabilité dont leur suffrage l'investit, l'aident à prendre lui-même conscience de qualités -qu'il s'ignorait. C'est ainsi que la guerre révéla de ^vrais chefs là où on s'attendait le moins à en trouver.

.Créer un groupement d'hommes est donc relativement aisé pourvu qu'on se contente de commencer avec un petit nombre. Le faire vivre, l'accroître sera plus malaisé, mais la difficulté sera la même que pour toutes les autres œuvres... Elle exigera de la persévérance, de la suite dans les idées...

Et puis, vous ferez, vivre l'Union en la faisant agir.

Je viens de parler des séances d'études, tenues hors de Téglise, par lesquelles on s'efforcera de donner une conclusion pratique aux conférences pour îiommes données à l'église.

Ces séances d'études sont absolument nécessaires. Il est indispensable que les hommes aient, dès le ■début, l'évidence qu'ils sont eux-mêmes les architectes de l'Union catholique. Par ailleurs, leurs suggestions seront souvent très précieuses. Elles permettront d'adapter d'aussi près que possible le règlement de l'Union aux difficultés, aux exigences du milieu.

Nul règlement, aussi concret qu'il puisse être, ne peut se passer de cette adaptation. '

Malgré le caractère fastidieux de telles énumérations, je reproduis encore ici trois types de règlements parmi lesquels on pourra (comme nous le faisons nous-même) choisir le texte qui sera présenté à la discussion des futurs membres de l'Union.

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