IX. — Quand ont lieu les réunions de VU. D, C
Ces réunions ont lieu, autant que possible :
10 Chaque mois, au moins pendant l'hiver, pour le Comité paroissial;
2° Deux ou trois fois par an, pour l' Union paroissiale;
3° Une fois par an (Assemblée générale), pour
r Union cantonale, — Cette assemblée générale prendra de temps à autre la forme d'un Congrès cantonaU sous la présidence de M»^ TÉvêque ou d'un vicaire général;
40 Enfin, tous les trois ans, sous la présidence de M^'" rÉvêque, la Fédération tout entière se réunira en Congrès diocésain auquel seront convoquées toutes, les autres associations catholiques du diocèse.
Annexe IX
Vers l'Internationale Catholique.
Le Secrétariat international de la Jeunesse catholique a tenu cette année son III^® Congrès à Innsbruck, dans le Tyrol autrichien (1). Le Congrès a nommé pour deux ans la Commission directrice du :Secrétariat international, Commission composée de sept membres : un Français, un Italien, un Allemand, un Hollandais, un Belge, un Autrichien, un Espagnol.
A l'une des réunions, on vit paraître à la tribune, pour y lire un rapport en français..., un Anglais qui débuta ainsi : «Votre œuvre internationale m'intéresse tellement que j'aurais tout fait pour ne pas manquer une séance de ce Congrès. J'arrive de Budapest avec mes compagi^ons par avion. » C'était le P. Cyril Martindale, S. J., un des apôtres les plus écoutés de la jeunesse universitaire anglaise, un des organisateurs du récent congrès national des catholiques anglais, tenu à Birmingham (3-7 août 1923) le fondateur de la Revue inter-universitaire (2)..
(1) Vingt nations y étaient représentées, Le IV™" Congrès se tiendra à Rome, en 1925,
(2) Inter-University Magazine (Oxford, depuis 1919.)
Le R. P. Martindale parla ensuite de T Association internationale des étudiants chrétiens, à tendances protestantes, fondée par le docteur Motte, d^s nombreuses Associations neutres ou vaguement confessionnelles comme!' Y. M. C. A. qui, avec d'énormes ressources, multiplient dans le monde entier leurs œuvres d'enseignement populaire : bibliothèques, cours et conférences, extensions universitaires, campagnes philanthropiques et... pacifistes. Il y aurait grand danger, disait le R. P. Martindale, à squs-estimer la puissance de ce mouvement international et aussi ses dangers. Au lieu de l'ignorer, le plus sage est d'en étudier le mécanisme, de s'en inspirer pour des campagnes communes, des actions concertées, des manifestations collectives, pour une organisation rationnelle et internationale des forces catholiques.
C'est à cette action nécessaire que tendent déjà le Secrétariat international de la J. C. et ce Congrès que Pie XI a voulu encourager par deux lettres significatives.
Ce premier effort vers une action catholique internationale réalisé par la jeunesse catholique posait, en effet, la question si souvent discutée au cours des dernières années, de V Internationale catholique. On se souvient que René Johannet aborda le problème
à la première Semaine des Écrivains catholiques (mai 1922) (1).
On ne manqua pas de lui objecter que l'internationale catholique n*est pas à fonder, qu'elle existe, que c'est l'Église. A quoi il était aisé de répondre que le même argument, s'il était valable, condamnerait les associations paroissiales ou diocésaines.
Sans doute, la paroisse, le diocèse sont des groupements catholiques officiels, auxquels tous les fidèles doivent se rattacher. Mais cela n'empêche pas les catholiques militants d'être invités par l'Église elle-même à s'organiser dans les cadres de la paroisse, du diocèse, en vue d'une action plus efficace. Pourquoi ce qui est vrai du diocèse, de la paroisse, ne le serait-il pas de l'Église universelle?
N'avons-nous pas vu, d'ailleurs, Benoît XV bénir l'Internationale catholique de Graz, encourager les efforts du professeur hollandais Steger?
Le 2 février 1921, se tenait à Paris, sous la présidence de M^"" Schrembs, évêque de Toledo (États- Unis) un congrès, dont le professeur Steger avait été le promoteur et où neuf nations furent représentées. Au cours de trois laborieuses réunions, le problème de V Internationale catholique fut mis à l'étude, examiné sous toutes ses faces comme le notait l'Osservatore Romano du 9 février 1921.
(1) Voir pages 140 à 160 du Rapport, un volume : Aux lettres, 14, rue de l'Abbaye, Paris. Voir aussi les articles de R. Johannet dans Les Lettres (novembre 1920, janvier, février, mars 1921^ sur le même sujet.
Trois mois plus tard, la question revint sur le tapis à la Semaine des Écrivains catholiques et suscita plus d'une opposition.
Contre l'opportunité d'une Internationale catholique fédérant, pour la défense de notre foi et son rayonnement, les œuvres catholiques de toutes les nations, on objecta et on objecte encore l'existence de plusieurs organisations qui pouvaient suffire à cet objet : Congrès eucharistiques internationaux. Congrès internationaux des Savants catholiques. Union catholique internationale fondée à Louvain pour l'étude du droit des gens d'après les principes chrétiens, Y Union catholique d'études internationales, fondée à Paris en 1920, qui a pour but d'étudier les problèmes internationaux à la lumière des principes chrétiens et de suivre les travaux de la Société des nations, en tant que ceux-ci touchent aux intérêts catholiques(l), Con/édéra/ion internationale des travailleurs chrétiens. Secrétariat international des Associations catholiques d'étudiants (2). Secrétariat international des Jeunesses catholiques, etc.
Mais, précisément, la réalisation de ces Unions internationales à but partiel n'amenait-elle pas tout naturellement les esprits à se poser la question d'une internationale catholique plus large, qui, en face d'une Société des Nations trop souvent
(1) Elle vient de tenir à Milan (22-25 octobre 1923), en l'Université du Sacré-Cœur, sa 4* Session.
(2) Il a son siège à Fribourg (Suisse) et vient de tenir son congrès de 1923 à Salsbourg (Autriche),
prisonnière dès influences protestantes ou juives^ f ît renaître la chrétienté ?
En effet, d'une part, les réalisations qu'on signalait montraient que le projet d'une plus large fédération de toutes les forces catholiques n'était point une utopie.
D'autre part, les lacunes considérables que de récents événements intéressant la chrétienté tout entière avaient mis en lumière faisaient désirer que ce possible devînt enfin réel.
(i Par ce mot de Société des nations^ écrivait M. René Johannet (1), on a éveillé un désir auguste que M. Cle> menceau, M. Lloyd Georges, M. Wilson ne contenteront jamais. Machinalement, les regards se tournent vers Rome, vers le Calvaire, comme vers une clé de voûte opérante et ineffable. Les intrigues protestanteset la menace juive achèvent de déterminer cette impression. Qui ne remarquerait les efforts extraordinaires dépensés parles anglicans, les évangéliques, les méthodistes, pour machiner par exemple une Tchécoslovaquie énorme dont la principale raison d'être se réduit à absorber la substance de la Hongrie, de TAutriche, de la Pologne? Par ailleurs, Tinsolente déchristianisation de la Palestine, due à la collusion des banquiers Israélites et des prélats anglicans, ne laisse aucun doute sur la conspiration redoutable qui vise à énerver le catholicisme aux lieux de son bercea.u.
« Là encore, par un mouvement naturel en face de cette double attaque, la chair catholique cherche à se rassembler pour se connaître, et à se connaître pour se, défendre. Enfin, les prétentions socialistes à
(1) Les Lettres (I, ii, 20). ,
la subversion du inonde entier résonnent trop commet un défi à l'ordre profond émané du catholicisme pour ne pas réveiller les ferments qui dorment et leur suggérer le besoin de se rejoindre. »
Et, en effet, si le traité de Versailles qui devait pacifier le monde y a semé, pour les siècles à venir» des brandons de discorde, n'est-ce pas surtout à cause de la carence d'une chrétienté organisée pouvant se mesurer, dans le jeu des influences, avec les puissances juives ou protestantes?
Si cette chrétienté faite du concert de toutes les. forces vives de l'Église eût existé, eût-elle toléré que: de ces assises solennelles oii les moindres roitelets, et les plus minces principicules furent admis à faire entendre leur voix, à formuler leurs revendications», le souverain de 300 millions d'âmes fût exclu?
Eût-elle toléré que la conjuration des puissances, protestantes qui sauvegardait avec un soin jaloux l'unité de la patrie de Luther fît de l'Autriche catholique une épave, une « tête privée des organes les plus essentiels à la vie? »
« Le jour où les hérétiques, les anticléricaux de tous les pays, continuait R. Johannet, sauraient qu'en, portant la main sur les libertés, les propriétés. Thonneur des minorités catholiques, que le jeu des institutions met passagèrement à leur merci, ce n'est passeulement la sensibilité d'un petit groupe qui réagirait contre leur tyrannie, mais, immédiatement, la masse mondiale du catholicisme, enfin organisé, homogène,, et, pour ainsi dire, transparent, débarrassé de ces couches opaques qui en font aujourd'hui une mosaïque
à peine cimentée, il y a gros à parier qu'ils s'abstiendraient de toute agression » (1).
De moindres services et plus immédiateinent réalisables seraient encore du ressort de l' Internationale catholique : services de renseignements, ^genceis de presse, campagnes d* opinions concertées, etc.
C'est parce que ces magnifiques possibilités et ces nécessités ne lui échappent pas que le Saint-Siège a donné aux précurseurs de T Internationale catholique les encouragements que nous avons notés.
Quoiqu'il en soit de la possibilité et de V opportunité d'une telle réalisation dans un avenir prochain, nous faisons nôtres les vœux et l'espérance que le journal de la Jeunesse catholique belge, V Effort, exprimait par la plume de son aumônier.
Au lendemain du Congrès tenu à Innsbriick, M. l'abbé L. Picard, faisant écho aux paroles du R. P. Martindale, écrivait : « Je conserve plus vive €t plus profonde l'impression, la certitude que l'union internationale des forces catholiques sera, dans un avenir relativement prochain, une grande et féconde réalité, et c'est la jeunesse, toujours à l'avant-garde de l'armée catholique, qui en aura donné la formule et l'exemple » (2).
Oui, la jeunesse catholique aura donné la for-
(1) R. Johannet : Première Semaine des Écrivains catholiques. {2) i'£'//orf, 29/9/1923, p. 459.
mule, Texemple, mais ce sont les Unions catholiques diocésaines et nationales qui pourront seules, « à la mosaïque à peine ^cimentée » du catholicisme mondial, substituer (dans le respect de toutes les justes autonomies et de toutes les justes exigences du patriotisme) l'édifice organique d'une nouvelle chrétienté (1).
(1) Lisez dans le Correspondant (25-12-23) l'article très suggestif de Mgr Beaupin : « Les catholiques et la Société des Nations; r Union catholique d'' études internationales ». Cette Union fondée à Paris, en 1920, a pour président le baron de Montenach. Son siège est à Fribourg (Suisse), à proximité de Genève où se trouve la Société des Nations.
Au cours des quatre premiers congrès (tenus à Paris en 1920 et 1921, dans là maison des Œuvres; à Fribourg, en 1922, dans les locaux de l'Évêché; à Milan, en l'Université du Sacré-Cœur, en 1923), l'Union s'occupa des revendications catholiques enviss^ées sous leur aspect international : protection des minorités ethniques et confessionnelles, protection des Lieux saints, collaboration officielle et régulière entre le Saint-Siège et la Société des Nations, pour la solution des problèmes internationaux où est engagé l'intérêt catholique...
Les vœux de l'Union transmis au Secrétariat de la Société des< Nations reçurent bon accueil. Plusieurs solutions adoptées par le Conseil de la Société des Nations ont donné à la thèse catholique une satisfaction au moins partielle.
TAËLE DES MATIÈRES
Préface par M^'" Gib^r, évêque de Versailles : Le code de rorganisation diocésaine 7
Introduction par M^^ Giray, évêque de Gahors : L' Union catholique 25