‹ Pour la couronne: drame en cinq actes, en versChapitre 61 sur 65 · ACTE V, SCÈNE III III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III III

^eut apprendre par toi toute la vérité.

^e monument, témoin de ses nobles faits d*armes,

Fu Tas couvert de boue. Ah ! du moins, que tes larmes

Lavent — il t'en supplie avec ton souverain —

La fange dont ton crime a souillé son airain !

CONSTANTIN, à part.

Oh! sois de bronze aussi, mon cœur! et toi, ma bouche.

Garde de Tairain noir le silence farouche I

Mon père, jusqu'au bout je porterai ma croix

£t je ne serai pas parricide deux fois.

Ta gloire vit encore, un mot de moi la tue.

Je resterai muet ainsi que ta statue.

l'évêque-roi.

Tu ne veux pas parler, malheureux! Soit! Je vais. Pour trouver une mort digne de tes forfaits, Rejoindre le Conseil qui déjà délibère.

Toi, reste ici, devant l'image de ton père; £t puisse, ô scélérat stupide et malfaisant.

Sa gloire t'accabler sous son poids écrasant 1 A tout à l'heure I

L'Évéque-Roi sort, suivi de son escorte, La soldats refoulent le peuple dans les ruelles et en gardent les issues, Constantin reste seul dans ^espace Ubre laissé autour de la statue.

SCÈÎP^E IV

CONSTANTIN, seul, s'adressant à la statue.

Eh bien 1 figure triomphante, Réjouis-toi de voir ce que ton crime enfante. Il me faut l'expier, moi, ton fils innocent.

Dis, suis-je assez puni d'avoir versé ton sang? Compare nos destins, ô mon père, confronte Ta gloire imméritée et mon injuste honte.

Tu mérites l'opprobre et tu m'en vois couvrir; Ton juge est condamné, ton bourreau va mourir. En nous deux, la justice est deux fois outragée; Spectre, es-tu satisfait? Victime, es-tu vengée? Triomphe, homme d'airain, on va meurtrir ma chair Et Satan tout joyeux en rit dans son enfer!... Non, calme-toi, mon cœuri Point de révolte impie! Il est bon que je meure, il est bon que j'expie. J'ai dû frapper, je n'ai pas pu faire autrement. Mais j'ai tué mon père, il faut un châtiment; Et nous fûmes tous deux, dans l'affreuse aventure. Lui, traître à son pays, moi, traître à la nature. Je t'ai pris, justicier intègre et convaincu, La vie, à toi sans qui je n'eusse pas vécu ; Il est juste, à présent, que je me sacrifia

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