ACTE V, SCÈNE V II
Tu veux qu'il vive? Soit. Son existence est sauve, Du moins, nous entendrons hurler la bête fauve; Et, comme on le fera tous les jours, qu'aujourd'hui. Chacun de nous se dresse à son tour devant lui. Et lui jette une insulte, un crachat, un blasphème!
MILITZA^ sortant de la foule et s' élançant dans les Iras de Constantin,
Qu'il ait du moins quelqu'un qui l'embrasse et qui l'aime I
Militzal
MiLiTZA, à la foule.
Maintenant venez, bourreaux hideux I Pour recevoir l'outrage, au moins nous serons deux.
LAZARE
Qu'on rôte de ses bras I
l'évêque-roi.
Pas encor. Réponds, femme.
Tu sais bien que cet homme est un monstre, un infâme! Son crime fait horreur ainsi mis en plein jour. Pour le défendre encor, qui donc es-tu?
MILITZA
L'amour I...
Peuple, que ta clameur de haine retentisse !
Il a pour lui l'amour, plus fort que la justice I
Il8 POUR LA COURONNE
LAZARE
Qu'on la tue 1
LMque contient du geste les furieux,
MILITZA
Oui, l'amour, peuple avide de sang, Qui lui reste fidèle et le croit innocent I
CONSTANTIN, la boisant OU front.
Quelqu'un m'aime I ô douceur I
Ah I vous le laissez vivre Pour qu'il souffre encor plus; mais, moi, je le délivre.
l'évêque-roi.
Comment?
MILITZA, à Constantin, tirant de son sein le poignard que le jeune homme lui a donné autrefois.
Tu m'as donné le poignard que voici, Constantin I
Elle le frappe.
Tiens 1 je t'aime 1
CONSTANTIN
Enfin 1... Je meurs!... Merci!..
Il meurt,
LA FOULE
Ahl