‹ Pour les treize mardis ou dimanches en l'honeur de Saint Antoine de PadoueChapitre 3 sur 14 · ANONYME · texte numérisé non relu

ANONYME

Il y a quelques semaines, je craignis pour mon patron une poursuite devant les tribunaux. Il avait commandé un stock considérable de marchandises. Or, à la (livraison, celles-ci ne furent point trouvées conformes aux échantillons et mon patron refusa de les accepter, quoiqu'il pût en advenir. Je vous recommandai sur-le-chamip cette affaire, bon saint Antoine, et avant même (que la requête que je voulais vous adresser ne fut écrite, l'affaire réglait à

l'amiable, les marchandises étaient reprises presque sans récriminations.

Un employé qui se dit reconnaissant à vous, saint Antoine, le plus puissant des saints.

Remerciements au bon saint Antoine pour m'avoir g-uérie d'une maladie dont je souffrais depuis de nombreuses années. C'est la première fois que je fais les exercices des Treize mardis, ô bon saint Antoine, mais je vous promets de toujours vous donner du pain pour vos pauvres, et de continuer à vous être une fidèle servante. Guidez-moi durant ma vie, et exaucez mes prières.

Je désire remercier publiqueuient saint Antoine pour une grâce très particulière qu'il m'a obtenue. J'avais demandé une autre grâce, mais au lieu de celle-ci, il m'a accordé celle pour laquelle je le remercie, et que les événements ont montrée m'être bien plus profitable.

Cner saint Antoine,

Je vous remercie du fond du coeur pour avoir converti mon mari qui ne s'était pas confessé depuis 16 ans. Il a fait la paix avec Dieu et a reçu la sainte communion dimanche dernier.

Mde X.

Une personne de la paroisse franciscaine de Saint- François Solano souffrait de maux d'estomac depuis onze ans. Elle suivit les exercices des Treize mardis

, *t fit une neuvaine à saint Antoine. Elle fut guérie, et si promptement et si complètement que son médecin n'hésita pas à lui donner un certificat de guérison miraculeuse. Elle se porte très bien, depuis.

Révérend Père G'.,

J'avais un emploi bien peu rémunéré et qui comportait de grandes responsabilités. Je désirais un changement. Ma femme et moi — nous sommes tous deux tertiaires, — nous fîmes deux neuvaines à saint Antoine de Padoue pour qu'il m'obtînt une autre position. Vers la fin de la première neuvaine une lueur d'espoir se montra. Nous en commençâmes une autre . et je promis . alors à saint Antoine, s'il m'exauçait, de faire publier la faveur dans la Revue du Tiers- Ordre. Or, au milieu de cette seconde neuvaine j'obtenais une bonne position au service de la Commission scoilaire catholique de la ville, et de plus, deux autres bonnes positions me sont offertes. Je tiens à remercier le bon saint Antoine et à accomplir ma promesse de faire publier. Bien que j'ai toujours eu une grande confiance dans l'intercession de saint Antoine, l'obtention de la faveur désirée, alors, que tout semblait désespéré, augmente ma confiance envers le grand Thaumaturge. Puisse la dévotion au bon saint se répandre toujours de plus en plus, surtout parmi les tertiaires !

Louis N.-A. P.

Cher saint Antoine,

Je viens humblement vous remercier pour les nombreuses grâces que j'ai obtenues par votre interces-

sion et pour tout le bien que m'ont procuré les exercices des Treize mardis. Ils ont mis de meilleurs sentiments en mon âme et m'ont rendue plus pieuse. Il n'y a pas longtemps, je vous ai adressé une requête, vous demandant des nouvelles de mon frère qui demeure loin de sa famille. Je n'ai pas encore eu de ses nouvelles, mais j'ai pu en avoir de sa femme et de ses enfants, faveur pour laquelle je vous suis reconnaissante, bon saint Antoine. Il peut se faire que ma requête au sujet de mon frère ne me soit pas accordée maintenant, mais j'attendrai patiemment dans la prière, confiante qu'un jour il rejoindra sa femme et ses enfants. Chaque mardi je prierai à cette intention.

Une orpheline.

Mon révérend Père,

L'histoire que j'ai à raconter me servirait d'un bon prétexte pour vous faire une visite, mais j'ai peu de loisirs et vos heures de parloir ne coïncident pas avec mes moments libres. Je vous écris donc ce que j'ai appris ces jours derniers, et, si vous jugez à propos de le dire à l'église afin de ranimer la confiance des suppliants de saint Antoine, vous le pourrez faire, puisque j'ai la permission de le publier.

Une dame de Westmount, anglaise et protestante, avait reçu à son mariage une montre en or à laquelle elle tenait beaucoup. Il y a SEPT ANS elle perdit cette précieuse montre et ne put recevoir aucun renseignement à ce sujet, malgré de nombreuses annonces et les promesses d'une récompense. Alors elle pria, et sa confiance ne diminua jamais ; tons les jours elle demanda au Bon Dieu de lui faire

retrouver le cadeau de son mari. Il y a environ un an elle vit sur un journal, dans la colonne intitulée Trouvé, que sa montre était entre les mains d'un étranger. Elle fit les démarches nécessaires, et elle est maintenant en possession du cher bijou. Elle déclare que c'est uniquement par la prière qu'elle a obtenu cette faveur et elle en remercie le Seigneur de toute son âme.

Ne pensez-vous pas, révérend Père, que ce petit miracle de la persévérance d'une protestante encouragerait certains catholiques? Beaucoup font les exercices en l'honneur de saint Antoine ; tous demandent mille faveurs, mais un grand nombre s'attendent à ce que leurs prières soient exaucées le jour même, et trop souvent abandonnent de prier parce qu'ils ne sont pas exaucés.

Je vous prierai, mon Père, de bien vouloir recommander l'intention dont je me suis chargée pour une autre dame, anglaise et protestante elle aussi. Cette dame a perdu une certaine somme d'argent, et elle m'a remis un petit montant pour saint Antoine après que je lui eus dit: "Promettez quelque chose à saint Antoine s'il vous rapporte votre argent." Elle dit : "Qui est-ce saint Antoine?" Alors je lui racontai quelque chose de notre cher Saint, des miracles, et la confiance des peuples envers lui, et tout de suite elle me remit un peu d'argent, dans l'espérance que saint Antoine se montrera aussi généreux envers elle.

Cette lettre est datée du 30 mars 1914. Quelques jours plus tard, le 4 avril, la même personne écrivait de nouveau au E. P. Gardien :

Mon Révérend Père,

Ne vous étonnez pas de recevoir une seconde lettre de moi dans la même semaine. J'ai deux raisons pour récrire. La première et la plus digne est pour vous remercier des prières faites à saint Antoine, qui a si tôt répondu à nos demandes en faisant retrouver, mardi, une partie de la somme perdue par une aame protestante de Westmount, comme je vous l'écrivais dimanche dernier. J'ai confiance que le reste de d'argent perdu reviendra aussi et je vous prie de bien vouloir continuer vos bonnes prières à saint Antoine.

Ces quelques lettres de remerciements à saint Antoine témoignent suffisamment déjà bonté et de la puissance du thaumaturge. Quelques-uns parmi vous s'adressent à lui pour la première fois ; d'autres, de plus anciens clients du bon saint, n'ont pas encore obtenu de lui ce qu'ils ont sollicité ces années passées. Pour tous, les faveurs qu'il accorde à d'autres, gages de sa bonté et de sa puissance, affermiront votre confiance et stimuleront votre ferveur à le prier. Toutefois, de même que dans le passé tous n'ont pas vu leur prière exaucée, dans l'avenir tous n'obtiendront pas également ce qu'ils demanderont.

Il faut bien le reconnaître, comme il importe plus encore d'en rechercher et d'en comprendre la raison. Il y a d'abord celles-ci: on ne prie pas comme il le faut ; on manque de confiance, d'humilité, de conformité à la volonté de Dieu, de persévérance ; ou ce que l'on implore n'est d'aucune utilité pour l'amélioration de notre vie. Certes il y a ces raisons. Mais il y en a une beaucoup plus élevée. Qui potest capere capiat. Comprenne celui et celle à qui l'Esprit donnera la grâce de comprendre. Elevez vos esprits et vos coeurs, fidèles amis de saint Antoine, et demandez à votre cher bon saint de vous donner l'intelligence et de pénétrer vos âmes de la doctrine qu'il me reste à vous exposer. Nous allons rechercher les motifs secrets et surnaturels de la dévotion du peuple chrétien à saint Antoine.

La Sainte Vierge est apparue à une enfant, à Lourdes. Depuis, elle y prodigue les miracles, et les foules accourent à ce sanctuaire.

Opérer quelques miracles, accorder leur guérison à certains malades et la refuser à d'autres, est-ce pour cet objet que la Sainte Vierge s'est manifestée à Lourdes et qu'elle y attire les fidèles de

tous les points de la terre ? Non ! mille fois non ! Lourdes, ses miracles, son attirance, le réveil des pensées surnaturelles ont un but autrement vaste, autrement élevé, autrement — comment diraisje? — autrement important. Lourdes, et tout ce que ce nom évoque, a pour objet le retour du monde à une vie plus chrétienne. Les miracles sont là pour attester jusqu'à l'évidence l'existence du surnaturel, pour manifester la bonté de Dieu et de la Vierge, pour forcer les pécheurs et les incroyants à tourner leurs pensées vers les régions de la foi afin d'y diriger leur vie. Voilà le but des apparitions de Lourdes.

Voilà également, dans les desseins de Dieu, quelle doit être l'orientation des fidèles à notre époque dans la dévotion à saint Antoine. La confiance que le thaumaturge suscite, les faveurs qu'il accorde, ne sont qu'un moyen choisi par Dieu pour ressusciter dans les coeurs un renouveau de vie plus chrétienne et pour entraîner les âmes à travailler à leur salut et à leur sanctification en les baignant dans une atmosphère de prière et de foi.

En semant les miracles sur les routes de Judéa, Jésus n'avait d'autre dessein que d'atteindre les

âmes par les corps ; il ne faisait rayonner sa bonté et sa puissance sur les foules que pour les élever jusqu'aux pensées surnaturelles. Or ne croyez pas qu'en octroyant à ses saints une partie de son pouvoir de Thaumaturge il le fasse pour une fin moins élevée. Les voies de Dieu ne changent pas, elles vont toutes au même but: sauver les âmes, les élever vers un idéal plus sublime, les détacher du monde pour les orienter vers les hauteurs de la foi et de la sainteté.

Comme je plaindrais le chrétien qui ne saurait ou ne voudrait pas comprendre cette conduite de Dieu ! Je le vois, ce pauvre client de saint Antoine, s'adresser à lui et lui demander le soulagement de son infortune. Il se présente aux exercices; il dépose dans le tronc aux demandes sa supplique, et l'accompagne parfois de la promesse d'une aumône et de la publication de la faveur lorsqu'il en aura été gratifié. Il vient assiduement aux exercices, entre temps il priera encore saint Antoine de lui accorder sa demande; mais ne croyez pas que sa pensée s'élève plus haut. Il n'a qu'une chose en tête: obtenir la faveur — peut-être le très grand miracle — sollicitée. Les mardis s'écoulent l'un

après l'autre ,et le miracle ne se produit pas. Alors l'impatience, l'amertume même se montre dans ses prières. Qui sait ! son coeur sera peut-être jaloux parce que telle personne a été exaucée et qu'il ne l'est pas, lui ! Avec ces tristes sentiments au coeur il tient bon et vient aux exercices jusqu'au dernier. Enfin celui-ci se passe et il n'a pas eu ce qu'il voulait ! Pauvre âme ! je vous plains doublement : pour votre misère qui n'a pas été soulagée, mais plus encore pour votre foi toute matérielle, inintelligente, bornée, qui n'a rien compris aux desseins de Dieu. Dieu voulait vous élever sur de plus hauts sommets, vous éclairer sur le mystère de la souffrance, vous christianiser par l'acceptation courageuse et résignée de l'épreuve, vous donner, avec la force de la vertu, la douceur de la paix. Au lieu de profiter de cette leçon providentielle, le niveau de votre vie chrétienne a peut-être encore baissé.

Comme il en va autrement de l'âme intelligente dans les mystères de la vie surnaturelle! Elle a ses épreuves comme tout le monde, cette personne, et elle demandera, elle aussi, au bon saint Antoine, le soulagement à ses maux. Mais dans quel esprit

de foi! Elle ajoutera : "si c'est la volonté de Dieu ... si c'est pour la plus grande gloire de Dieu . . . f et elle demandera par-dessus tout que ses épreuves lui servent à se détacher du monde, h se sanctifier. Une telle demande est touchante et elle dénote une foi véritable, cette foi qui obtient des miracles parfois, mais très souvent aussi se les voir refuser, parce que Dieu veut se servir de répreuve si bien acceptée par ces âmes pour les sanctifier.

Or je suppose que cette âme, après avoir bien prié saint Antoine, se voit refuser sa demande. Vat-elle se dépiter? retirer sa confiance au thaumaturge? se plaindre de Dieu? jalouser les autres? renoncer à la prière ? Oh ! non, mille fois non ! Elle prononcera un courageux Fiat, et bénira la Providence qui ne la juge pas indigne de souffrir. Elle verra dans son épreuve prolongée un signe de la miséricorde divine, qui ~ châtie en ce monde pour glorifier dans l'autre; sa patience aura augmenté, sa vertu se sera affermie, son coeur, devenu plus tendre et oublieux de ses propres souffrances, se penchera avec compassion vers les coeurs blessés qui l'entourent pour y verser cette foi élevée, cette

énergie, cette bonté, ce baume que Dieu aura versé dans le sien. Cette âme en un mot sera devenue surnaturelle, plus chrétienne, plus vertueuse; elle aura fait un grand pas vers Dieu par saint Antoine.

En parcourant vos lettres à saint Antoine, une chose m'a frappé et grandement réjoui. Je m'attendais, je l'avoue, à ne rencontrer que des demandes pour des faveurs temporelles. Mais je vois avec plaisir que les faveurs spirituelles implorées abondent, et même, je le crois, dominent dans cette • masse de requêtes. En général, les grâces temporelles elles-mêmes y sont sollicitées dans un esprit chrétien vraiment remarquable. Vous y demandez la santé, mais c'est avec soumission à la volonté divine; les biens temporels, mais c'est pour une fin surnaturelle. Voilà une sûre indication que l'attrait qui vous attire auprès de saint Antoine est de Dieu et que votre dévotion au grand Thaumaturge grandit vos âmes, surnaturalise votre vie, y fortifie la foi, y développe l'esprit chrétien. Ce n'est pas vous qui bouderiez saint Antoine parce que vous n'auriez pas été exaucés au temps désigné par vous, et qui, bien loin que de profiter

— Seaux exercices en son honneur, n'en retireriez que défiance et abattement.

Continuez donc, amis d'Antoine de Padoue, à venir à ces exercices dans le même esprit surnatuturel. Oh ! ne craignez pas d'exposer au bon Saint vos misères et vos nécessités, même les plus matérielles, étant assurés que si l'octroi de vos demandes humbles, confiantes, ferventes et persévérantes, est utile à votre satisfaction, vous l'obtiendrez du Dieu Tout-Puissant par les mérites de son serviteur Antoine. Mais par-dessus tout ayez à coeur de demander au bon saint, comme par le passé, le pardon de vos péchés, l'amélioration de votre vie, la conformité à la volonté de Dieu, (le détachement des choses d'ici-bas ,1a force de lutter, le secours divin dans vos tentations, la grâce de la persévérance et d'une bonne mort, la conversion et le salut des êtres qui vous sont chers. Oh! que voilà les demandes qui réjouissent le coeur d'Antoine et font ouvrir tout grands les trésors de la munificence divine ! Oh ! ces demandes humbles de la grâce, elles sont toujours écoutées et octroyées celles-là, et avec quelle largesse ! Et ne sont-ce pas là en définitive les seuls biens véritables? Notre salut et

notre sanctification, y a-t-îl, en dehors de ces biens éternels, un seul autre bien qui vaille la peine d'être sollicité ? En tout cas et finalement, (lorsque nous mourrons, il n'y aura que ceux-là qui compteront. Et c'est pourquoi j'implore votre charité durant ces pieux exercices. Veuillez vous souvenir de moi devant Dieu et devant son serviteur Antoine de Padoue, dont je suis l'indigne frère en religion ; priez-les de m'accorder Iles grâces dont j'ai un si grand besoin. De mon côté je vous promets, chers amis en saint Antoine, un souvenir bien sincère et persévérant dans mes pauvres prières.

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