‹ Pour les treize mardis ou dimanches en l'honneur de saint Antoine de Padoue [microforme]Chapitre 3 sur 18 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

Fidèles amis de saint Antoine,

Vous connaissant intimement et rempli de chrétienne sympathie à votre endroit, j’éprouve le désir de m’entretenir quelques instants avec vous. Vos visages et vos noms me sont inconnus, il est vrai, et cependant je le répète, je vous connais intimement. Je sais vos misères à chacun de VOUS, vos peines, vos souffrances, vos besoins, vos secrets désirs, et savoir ces choses n’est-ce pas vous connaitre intimement? Mais comment donc ai-je pénétré les secrets de votre vie? J’ai lu les milliers de lettres et de billets que l’an dernier, au cours des Treize Mardis, vous avez adressés à saint Antoine, pour lui exposer vos besoins ou le remercier de son heureuse intervention en votre faveur. Oui, sous le regard du bon saint Antoine j'ai parcouru tous ces billets, et en ce moment même je les ai tous devant moi, comme le livre grand ouvert de votre vie,

Et dans ce livre je lis vos épreuves, vos besoins. Vais-je les répéter tout haut? Ilyen a tant et de si variés! Vous, la maladie vous torture depuis longtemps déjà; vous, la misère frappe à votre porte, parce que vous n’avez Pas de position ; vous, les soucis vous rongent; vous, ce père, cet époux, ce frère, ce fils, leur inconduite vous désole et leur avenir vous préoccupe ; vous, votre manque de fer- Veur au service de Dieu vous est une peine plus grande que toute peine. Que sais-je enfin! Je men finirais pas si je voulais lire toutes les pages de ce grand livre de vos misères. Elles sont variées comme vos vies et nombreuses comme vous. Oui, Pas une âme parmi vous qui n’ait sa croix spéciale ; et cela n’a d’ailleurs rien qui m'étonne. . Depuis le Péché originel la douleur naît avec l'homme et se

fait sa CoMpagnie inséparable jusqu’à la tombe. La loi de souffrance est tellement universelle, que le Sauveur lui-même, ayant pris la nature humaine, n'a pas voulu s’y soustraire. C'était pour erpier nos péchés et nous sauver sans doute qu’il a souffert et souffert jusqu’à la croix, mais c'était aussi Pour bien marquer que l’homme, du seul fait qu’il est homme, ne peut échapper à la douleur ; et Jésus-

de

Christ a porté toute sa vie et jusqu’au Calvaire sa lourde croix de souffrances. A sa suite, à travers tous les âges et sur toutes les plages, l’humanité s’avance, chargée elle aussi de sa croix. Personne ne chemine vers l’éternité sans ce pesant fardeau. Pour ma part, j'en suis encore à chercher la personne qui voyage sans sa croix, et qui, si elle est chrétienne, ne sente profondément le besoin dn secours d’En-Haut et ne l'implore. .

Gémir vers Dieu dans vos épreuves, demander au Ciel force ou consolation, implorer quelque soulagement, c’est ce que vous avez fait en vous adressant au bon et puissant ami de Dieu, Antoine de Padoue, et c'est ce que vous faites encore maintenant. Qu’est-ce donc en effet que ces exercices pieux des Treize mardis en l'honneur de l’humble Franciscain? Ce qu’ils sont? Les lettres par vous adressées à saint Antoine proclament toutes, de la première à la dernière, que ces exercices ne sont rien autre chose, au fond, qu’une communication intime et fervente de vos coeurs avec le coeur du bon saint Antoine, faiseur de miracles, pour lui exposer vos besoins, lui demander son intercession auprès de Dieu, et le remerci-t des faveurs obtse-

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nues. Voulez-vous que nous relisions ensemble quelques-uns de vos lettres, prises au hasard entre des milliers d’autres semblables ?

Bon saint Antoine, O saint Thaumaturge, qui exaucez ceux qui vous invoquent, ayez pitié d’une Pauvre jeune fille sans position et qui a bien besoin de gagner sa vie. Exaucez-moi, Ô grand saint, il me faudrait une position d'ici un mois. Je promets de faire les Treize Mardis en votre honneur.

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