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RENCONTRE

De fort grand matin, — pas encore midi, — le comte entra chez sa femme. Etait-il vrai que. la veille, en montant l'escalier de la Comédie-Française, elle eût donné un soufflet à M. de Puyroche ? Lanecdote avait couru, la nuit dernière, au cercle ; mais il s'était bien gardé d'en rien croire.

— Vous avez eu grand tort 1 II est certain que j'ai souffleté ce monsieur.

Oui, de sapetite main gantée, sur les deux joues, et très bien. Flic! Flac ! Tout le monde avait entendu

— Savez-vous. Madame, que de Puyroche

selon toute apparence, va me demander raison?

— Eh bien, Monsieur, vous le tuerez 1

Il sourit, il s'assit à côté d'elle, il se mit à lui parler, très amicalement. Voyons, elle serait confiante, elle lui expliquerait les choses. 11 ne demandait pas mieux que de se battre. Un duel, ce n'est pas 'une grosse affaire. Mais encore fallait-il qu'il connût le fin mot de l'histoire. Être ridicule, c'est ce qu'il ne voulait pas, à aucun prix! Pourquoi avait-elle souffleté ce jeune homme ? OuiJ pourquoi?

— Vous tenez absolument à le savoir?

— Absolument.

Elle lui raconta tout. Elle avait appris que M. de Puyroche , au dessert des dîners d'hommes, tenait de iort vilains propos sur madame d'Argelès, affirmant, centre autres choses absurdes, que cette pauvre jeune femme, maigre à faire peur, était obligée de recourir, pour gonfler raisonnablement son corsage, aux plus vulgaires artifices.

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