ES RÉSISTANTES I
de notre monde,, nous rendons les hommes présomptueux et insupportables ; nous acceptons leur langage impossible et leurs manières de palefrenier, nous consentons à leur tendresse d'un jour ; et lorsqu'ils nous abandonnent, nous n'osons pleurer, de crainte de les faire rire.
Eh bien! il est grand temps que toutes ces platitudes aient un terme, et pour cela, il faut nous mettre en grève ; comme le faisait la duchesse du Maine à la cour de Sceaux, nous allons restaurer r^^/r^'i?, jeter les devis d'amour de l'ordre-de la Mouche à Miel.
Nous voulons des sentiments, les hommages de la passion élevée ; on s'agenouillera à nos pieds, on pleurera de vraies larmes, et nous résisterons haut et fort. En plein dix-neuvième siècle, nous établirons une secte platonique dont les temps futurs parleront ; nous sauverons la France de l'envahissement des galants barbares ; et au petit dieu, qui vole libre et nu couronné de fleurs, nous substituerons la grave figure de la chasteté drapée et couverte de voiles.
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Nous sortirons du bourbier, nous remonterons vers tout ce qui est la vie, la nature, le beau ; on retrouvera la force et la santé dans les effluves saines, dans les affections avouables ; on ira sur l'autel de l'Amour lui apporter l'offrande des immortelles illusions et des divines larmes ; et les femmes laisseront à la postérité les adorables légendes, vers lesquelles les amants sincères feront de pieux péleri-" nages.
Arrivez vite, chère petite amie ; l'œuvre des Résistantes se réunit demain en séance solennelle. On parle de vous nommer secrétaire ; Paris sera délicieusement étonné quand il apprendra ce que ses filles comptent faire pour lui redonner des ailes.
Tout h vous,
Comtesse D'Haecht.
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