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Face à îa Vie..., . . »■'<
CLAUDE SYRVALL
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G'JY DE TlRAfîlOND G'tu'ns de B.- ■selles. . ...874 ssassiriic de la Comteite boska 875
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Lsiijctte et Bérengèia.
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J Vaircuc I!
•"Les Amours de Colioeue. ...
J.LesMisér«a «lïJa Vie
(L' Oiùii aux 31uets Rose des Neiges
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'Le Silence du San» ....
Foit comme la haina..*
Lèrres joL.te*.
■La Douleur de Vi»re...
REKÉ VIN(
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Fille Damnée rPourquoi pleurcni les Jeuflf»
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LSylvaine^u calvaire.
TLe Beau Ténébreux •'J*
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[.Ms'ie l'ourrière. . . JJ La Passion de Minai "2
TLa Femme sans Pardco fg
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{"Paris, enter ctes Vierges., .. W LDeus innocentes, deux »i<tline*tw
[ PAUL ZAHfi
I Mademoiselle Sherlock . . .
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! .^r,T.rrbïffi!S EDITIOSS Jules TA!.LANDi£S"p»rs^1î
chez îes Legaînt, j'étais obligée d'entendre f^s
paroles?...
— Je le devine, Blanche...
— Il m'a dit qu'il était, mon père !..• Morgand tress^aillit.
« Blanche, vous ne Tavez pas cru ?
— Oh I non, non, Htrelle avec force.
— Vous ne l'avez pas cru... Vous vous Ates rappelé îa coîjfideni-e que je ?ou8 ai faito un jour... lorsque je vous disais : il peut arriver que vous tornhiez entre les mains de cet horame... alors, quelles que soient ses paroles, ne le croyez pas 1... Vous avez bien fait de repousser avec indignation ses tendresses, ses protestations d'affection paternelle.
— Je vois qu'ici tout le monde connaît une partie de mon secret, dit Roscoff, relevant la tête... Eh bien! qu'on le connaisse tout entier... j'aime la mère de cette enfant... je l'ai aimée toute ma vie et cette entant est ma fille!
— Non, non, cela est faux 1 dit Blanche en un grand cri d'épouvante... Dites-le lui, Pierre l...
— Ayez confiance, dit le jeune homme.
Et Roscoff, railleur :
— Vous ne changerez rien à ce qui est !...
— Persistez-vous, Roscoff, à nier que tous êtes l'auteur des trois crimes dont nous tous, qui sommes ici, nous vous accusons ?
Le misérable haussa les épaules.
, — Cela ne mérite môme pas une réponse, dit-il.
Et comprenant qu*en cet instant critique, il fallait payer d'audace, son regard affronta celui des trois hommes qui restaient là, implacables, impassibles.
— Je vais donc vous expliquer, dit Morgand, dans c^uel but vous avez commis ces trois meurtres. Ensuite, je vous prouverai que vous les avez commis.
«- Ce sera une intéressante histoire, monsieur, et je vous écoute avec curiosité.
L'attitude de Roscoff était bizarre auprès de celle des troi» feotom^s qni l'interro^ftAlaRt.
194 POUii bON ENl-ANi
Ceiu-ci étaient rocueilUs, sentant toute la terribld gravil'^(k> la misnion qui leur incombait.
Kc efiet, ne se «ubstituaisot-iis pas à la loi, comme justiciers, pour punir Robcoff de ses crimes ?
V^ ne se plaçaient-ils pas sous le coup de la loi euxmêmes, en s'érigeant les vengeurs du baron de Grèvecœur, de Maurice et du comte de Miremond ?
Koscotl, au contraire, appelait rironie à son secours ei; dans la situation désespérée où il se trouvait, avait comme une dernière lueur de courage pour se défendre dt se tirer du danger.
Il semblait ne pas prendre au sérieux la mission vengeresse de Morgand et des autres.
Gepeudaut, intérieurement il tremblait en pensant aui preuves que Morgand avait découvertes de ses crimes et ii se demandait quelles pouvaient être ces preuves...
L'ironie de Roscoff ne pouvait ni blesser ni impatienter Pierre Morgand.
Celui-ci continua donc :
— Nous savons tous, depuis longtemps, que vous êtes l'amant de la comtesse de Miremond ; et si j'en parie Hussi librement devant cette jeune fille, c'est qu'ellemême ne l'ignore plus et qu'elle a été la première à découvrir ces relations. Vous disiei tout à l'heure que vous êtes le père de Blanche. Nierez- vous que c'est jus- Ument cette paternité qui vous a fait commettre vos crimes!... Nierez-vous que vous counaissiea l'existence du testament du baron de Grèvecœur et que ce testament c'est par vos soin» qu'il a été anéanti?... Vous supposiez qu'il n'y en avait point d'autre et que l'héritage reviendrait aux héritiers directs?... Quand vous avez vu échouer cette combinaison, vous avei songé à anéantir l'héritier institué par le baron de Crèvecciur, qui était, vous le saviez, Maurice de Miremond...
— Dans quel but ?
— Patience. Maurice mort, l'immense îonaïiô des iirèvecciur revenait &n chef de la famille, et le chef de la famille n'éi&it-C6 pâ» le comte Giliea de Miremond?... Ilainea B» pouYéUt être dans riniérêt d« «eiui-oi que vouf
Àviea coKimis les deui. critnieiii pfécècï«ûl»... O'étail daus «iia but eucop© inexolicable, mai» que reodait pins clair
« meurtre du comte,.. Le comte GUie» mort, qui héri- Uiit?... Blaoche, puisque le tesiâcaeni de Crèvecœur l'avait prévu... C'est doue attu de Pendre Blanche héritière de cea million» que vous ave* assassiné Crèvecœur
t Maurice : mais pourquoi le meurtre du comte, lequel u'étantpas héritier, n'était pas ud embarrts pour vous?... C'est que, amant de la comtesse de Miremond, vous vi- ^iea à devenir son mari,., et, par con&équent, ft jouir de la fortune ainsi amassée sur la iÊU éê dtfUa que vous prétenaez être votre fille...
^ Bien imaginé, vraiment 1
— Niarez-vous que vous avuf à«tt&Bdê la eomtesseen mariage et que ce mariage était projeté entre vous?... car la pauvre femme, affaiblie par les malheurs de sa famille, ne se doute pas de t- ute votrt» infamie... elle ne sait pas qu'elle a aimé, qi^ ^Ue aime aBC<>re Tassassin de son fils et de son mari., f lie ne le saura jamais I... Ce projet d^' mariage, ne l'a* «-vous pat, tani» boni«, avoué à Blanche elle-même > .. Âh I ne voas défeodei plus, Roscoû... Vous êtes dèoimveri... Iwplorei la clémence do Dieu, car, nous aairee, notti &e vottt pardoauerons pas...
— Pures folies, je vou» le dit, Mgaya le nbérabie, qui voyait sei projets 4écoaverts, t»ftree folies que tout cela...
— Ainsi, vous persistei à lier t
— Puis-je, autrement qu'en niaEt, répondre fc àe pa-^ reilles imaginationi I... N'ai-je pas prouvé, par des années de dévouement, combien je suif attaché à la famille de ëliiremond ?
— Vou» mes... Mais que sons importent v<mi aveux?... Vous êtes coupable... Vouf ftilei être condamné, md» un autre que nous prononcera la condamnatioEi...
Et Pierre, faisant un signe à Blanche, sortit.
La jeune fille le suivit, chancelante, terrifiée par touÉ es qu'elle avait appris, tout ce qu'elle avait e&ieiiâi^^ ' E^i»coff Ki»»%k mxû ave«i Ca)m4ee el WUàim'^.^
196 poim m îsfKWf
Mais ni Cftfadec ni Flanquart ne lai adr^ssèr^^nt la p^ rôle.
Rosr.off était resté debout jusqu'à ce moment.
Au moment où Pierre s'en allait a^ec Blanche, il se ?enlit pria d'une faiblesse... ses jambes tremblèrent; il cherch;* une chaise et y tomba lourdement ; il avait un éblouissement.
Pourquoi Morgand était-il sorti av«c Blanche?
Nous allons la dire, brièvemsiifL
xn
Morgand ayalt eiitratné Blanche dans on salon qui n'était séparé que par une chambre de celui oîi se tftTîait le comte, attendant le signal de Flanquait et le moment d'apparaître.
Il la fit asieoir ^are» qu'il la voyait très faible et très émue.
Puis il lui prit la maiD doneement, et lui sourit :
— Blanche, dit-ii, c'est one scène cmelle à laquelle TOUS venez d'assister, mais le malheur vous a rendue énergique ; vous avei l'âme fortement trempée... Vous serez forte jusqu'au bout et votre pitié de femme ne vous fera point faiblir lorsque nous condamnerons c« misérable à mourir...
— Non, dit-elle, je ne faiblirai point... Cet homme est un assassin et un imposteur... il ne peut être mon père... vous pouvez lui infliger la punition qu'il mérite... mon cœur, pour lui, restera fermé à toute compassion...
Morgand garda le silence pendant qnelqnes mipntes.
— Blanche, j'ai une grave nouvelle à vous apprendre...
^ Encore un malheur ?
— Non. Tranquillisez-vous. Il s*agit, au contraire, d'nn bonheur ior.cnense... de ce bonheur dont je vous ai
parié uue fois iadis, et qui doU voob vous avez souifert.
— Oh I alors, dite», dites vite... ctur j'ai tant bdsoiu de ne plus pleurer...
— Imaginez, chère enfaiit, la aouvelle la piuà foiie, la pius iiiatieridue, la plus inespérée...
— MoD Dieu, qu'est-ce donc?
-~ Quelque chose qui tient du mirable... énûn !
— Pierre, je vous en supplie, parlez... Je vous connais wop pour craindre que vous vous jomejt de moi ou quô vous vous âbusiei vous-mômé.
— Ce bonheur e&t si grand, ma chère Blanche, que je tremble qu'il ne ^ous atteigne comme ime catastrophe...
Blanche, très pâle, inflnimeilt troublée, regarda Morgand, cherchant à lire, dans les yeui francs du jeune homme, ï^eiplieation de ses paroleë énigmatiques.
Et elle dit une seconde foi», en joignant iei mains âvec supplication :
— Mon Dieu, que vkis-je donc apprendre?
— Je stiis obligé de devenir snr des souvenirs douloureux. Vous rappelez -tous les détails de la mort de votre père?
— Hélas I comment Hb aiirai$-je oubliés I Mais pourquoi?...
— Vous savez donc que, trouvé étendu dans le bois des Maréchaux, les domestiques envoyés à sa recherche l'ont rapporté an château. Là, le comte a été déposé sur un lit, et vous et votre mère, vous avez été prises de faiblesse, et pendant les heures, pendant les journées qui suivirent, vous n'avez pas repris connaissance... J'ai donc été seul à veiller au chevet du lit où gisait votre père... J'ai étudié les lignes de son visage, ahu de faire pour lui ce que j'avais tait déjà do baron de Crèveoœur et de Maurice, afin d'en perpétuer l'image, — l'image prise au lit de mort... C'est à cet instant que se place le miracle, chère Blanche. ., C'est màintennni ^u'ii faut que vous me promettiez d'ftvoir du ^o^râge, le eoyr ag« 4'ua hoffîi^â.
— Parlez, Piprre, je vons le prometi...
— J'étnis fionc seul auprès du comte et ie ie reipir^aU quand, tout h coup, je crois le voir remuer sonn lê lioceJiii qu'où avait jeté sur son corps...
Blanche» haletante, se pp.ncha vers Mor^aud.
— Par pitié, Pierre, par pitié, achevei.
— Je regardai plus attentivement... Vous devinei :îuelle devait fttre mon émctionl. .. Et quelques minutes rtpr^s, jp vis, mais cette fois distinctement — et j'étais bien sûr de ne me point tromper — je vis le bras du comte qui s'agitait faiblement... Je me précipitai vers le lit... je souleTai U Uneenl... le comte avait les yeux 0 «1 verts I.,.
— Il vivait! Il TÎTait!.,. Kt tom n'tTei pas pu le san- ^vf; et vous l'avei iaitsé aoarir!... Bt moi j'étais cnaiade, sans coanaissanee, ne eonnaiasant rien de tout ^f la!... Ah! il me seable qoe li j'ayais été là, je lui •urais conservé la vie î
— .T'allais sorUr, appeler tu feeonrs, faire Tenir un rnédecin quand je crus remarquer que votre père, d'un «igné, me défendait de sortir... me priait, an contraire, de m'approcher... J'obéis... Le comte rassembla ses Korces et je penchai la tâle pour entendre ce qu'il allait H ire. En quelques mots, il me mit an eonrant de ce qui s'était passé, me nommant sea assassin» : Jean More et Roscoiï...
Blanche Montait r^i|ie*a— eit, retenant sa respiration.
— Quand il m'eut fait cette eouSdenee et que >e vou- 'as de nouveau ici prodiguer les secours que réclamait son état, ii s'y opposa encore, Tion pas qu'il voulût mourir... il se rattachait au contraire à la rie pour venger ÎP meurtre de «IrèvecnBur et de Maurice, en se vengeant lui-môme... non pas, dis-je, qu'il voulût mourir, mais il désirait que personne autre que moi n'apprtt qu'il fût vivant... ua? môme la comtesse... pas même vous, Blanche... vous qu'il chérissait tant, wons pour qui il ?edoutait î^^r t^ntativea de son menriH^r.,.
POUt{ SON ENFANT 190
Il s^rôta un. moment» i»ounaai toujouii» à biaiiclM}, puis reprit :
~ Le comte, possédait, daoi son cabinet de travail, un narcotique puissaut dont il savait tnesurer les doses quand ii était atteint d'insomnies îatigHUtes... Ce narcotique était un itupéfiant d'une grande violence. Sur son ordre j'allai le lui chercher. Il en avala une gorgée et îbientôt après m'avoir donné ses dernières instructions, ii s'endormit d'un sommeil léthargique. On continua de croire à sa mort. £t c'est ainsi qu'il fui enterré... Com^ prenez-vous, Biaiâche?
— Je comprendi... ou plutôt }9 n'ose pas cooipreudre Pierre, je n'ose pas croire à U^ui éa bonhear.
— Cela est vrAÎ, pourtant...
— Mon père est vivani?.,.
— Il est vivant, Blanche...
— Mon Dieu I mon Dieu I qne cette grande joie ne me fasse pas mourir...
— Il est vivant et il vous attend... Et il trouve le temps bien long pendant lequel ilest éloigné de vous...
— Où est-il ?
— Il est auprès de vous l
— Pierre, pourquoi me faites-rous autant languir y... pourquoi retardez-vous la joie que vous me réserviez?...
-^ Votre père est ici, Blanche, dans un inbtaui vous pourrei l'embrasser.
Elle s'affaissa sur nne ekaise, toute p&ie, accah'ée par une pareille lélicité.
Pierre crut qu'elle allait s'évanouir et se précipita vers elle, alarmé, prêt à lui porter secoats*
Mais elle Tarrôia de la main en souriant :
— Ne craignes rien, dit-elle, ne vous ai-je pas promis d'être courageuse ! Ik^mptes s«r moù
Elle se leva.
•* Puis-je voir mon pènl
— ' Tout de suite.
— Est- il préparé à me recef oirf •- U vous atteii(âo
rt- l#ott«i«uyN»-fiaol wa» 1^ i
200 POtm SON ENFANT
— Vftnezl...
Bt ils allaient «ortir quand tout à coup devant mix U perte s'ouvrit et Gilles de Mireraond, ivre de joie, apparut ouvrant les bras, et Blanche, avec un cri, se précipita sur son sein, lui enlaçant le cou de ses deux bras
Et Gilles, en cet instant suprôme, avait oublié son amour pour Blanche...
L'amant n'existait plus à cette heure... Il n'existait plus depuis longtemps déjà... L'affection paternelle... une affection immense, voilà tout ce qu'il restait de cet amour...
— Blanche, disait Gilles, Blanche, ma bien-aimée fille I
— Mon père, mon père chéri...
— Blanche, ma fille, je te retro«T« enfin... toi qu'on voulait enlever à ma tendresse...
— Mon père, je vous retrouve vivant, tous que tout le monde croit mort... d'une mort horrible t !
Et pendant de longs moments, ils se répandirent ainsi en effusions, pleurant tous les deux ; mais les larmes qu'ils versaient n'avaient point d'amertume, c'étaient de douces larmes de bonheur.
Le souvenir que Blanche venait d'évoquer leur rappela à tons le triste devoir qu'ils avaient à remplir :
Le châtiment de Roscoff!
Gilles embrassa Blanche une dernière fois :
— Rentre dans ta chambre, dit-il, je t'y rejoindrai tout à l'heure... Prie Dieu qu'il pardonne à cet homme l... Et que la pitié n'entre pas dans ton âme, il ne la mérite pas... Il n'est pas ton père... tu l'avâis deviné... c'est un imposteur... Va, ma fille, et prie Dieu pour lui !
Blanche les quitta.
Quand les deux hommes furent seuls, le comte de Miremond rabaissa le capuchon de son manteau stif sa tête.
Son visage redevint complètement invisible.
Alors, se tournant vers» Morgandl
— Je suis prôt, dit-il.
•^ idlons. fit Morgaad.
POUR SON ENFAMT 20t
lis rentrèreni dans le hall.
Là, se tendinot toujours Caradec et Flanqnart.
Et devant eux, Roscoff, pâle, le sourcil froncé.
Le comte resta debout, dans l'ombre, au fond de la ièce.
Morgand, lui, s* avança et reprit sa place.
— Roscoff, dit-il, une dernière fois je vous demande f at^ouer vos crimes... une dernière fois je vous prie d« ae pas persister dans vns dénégations...
Hoscoff répondit :
— Une dernière fois je persùte à traiter de foliea toutes vos accusations.
Morgand se tourna vers le comie.
— Venez, dit-il, approchez-vous...
Alors Eobcolf seulement remarqua le nouveau venu et tressaillit.
Quel était celui-là ?
Et pourquoi était-il ainsi voilé?
Le comte de Miremond s'était approché, sur l'invitation de Pierre Morgand qui semblait diriger ces étranges de>bats.
— Puisque vous continuez de nier, dit Pierre, puisque vua^ continuez de prétendre que vous n'avez commia cucim des crimes que nous vous reprochons, nous alloua f()uriiir le témoignage que nous vous avons promis...
Kt s'adressant à Gilles ;
— Comte de Miremond, découvrez-vous I,.,
Et Gilles , laissant tomber son manteau, apparut, calme et pâle.
Pierre avait eu raison de compter sur cette apparition.
L'effet fut foudroyait.
En reconnaissant le comte — le mari de Marguerite — cet homme qu'il avait fait assassiner, le misérable, d'abord, crut à quelqrse vision terrible...
il recula... étouffant un cri... portanl les àeux maias à ses yeux pour s'empêcher de voir...
Puis il s'écroula brusqueiiicut à genoux..
15t il était f«§té là, n'otast bowger, »on« TépouvantA affreuse que lui eanitit ce qu*U prenait encore pour un© évocation iartiaturelle.
Car ce ne pouvait êtr« le coiBt« de Miremond celui qui Tenait de se dresser devant lui, ayant inr les lèvres uue accusation vengeresse.
Le comte de Miremond était mort...
Roscoff D*9vait-ii pas assisté, 4aat \ê bois des Maréchaux, à son afonie horrible f
N'était-il point cacké dans )m l»roastaiIles quand Jean More, tenant in aMiUMMareni mnfersé sous son genou, rétranglait ?
Ne i'av*ii-li pM fV «n Mimlire dam les derniers spasmes f
N'avait-il pm mm^tH^ pnnr ainsi dire, les affres de cette tnort f
Ne TaTaii-tt f%M f« ninnflr, nnftn ?
Et voilà fnli riapparaissajt, maintenant !
Non, e^ n'iUU ^s Inl, en ne ponvaii être qne son fantôme I
Miremnn^ mmprii snna donte la pensée de Roscofi
Il vint à Inl:
— Me rednnnaitsnt-Toos, malheureux, et nierex-vous encore, à prétnnt qne je suis là pour vous accuser de vo^ crimes ?... Une de vos victimes se lève poar vous punir... Les morts •• Tnngent... Vous pouvez demander pardoTi à Dieu... il est libre de tous pardonner... Nous autres, nous ne sommes que des hommes... il ne faut pas demander Vimpossible... nous ne vous pardonnerons point...
Roscoff était tonjonn à genonx...
Blême, ses yeux vapjfnes n'avaient pins de regard. Il n'eut pas la force d'articuler une parole. Alors, Miremond, s'adressant à Flanquant et à Garad*^c I
— Conduis«s-le om vous navtz.,, dit-il, en appuyant sur ces mots, et pour empêcher tout^, tentative d'évasiout Uez-lui les pieds et les mains...
A cet instant, Roseetf releva la t^t«.
îï «e f5rf>?ss et se tînt debout près de Miremond
Un peu de sang-froid lui revenait,
I) coiupre.nait que la présence d'esprit seule pouvait le sauver...
li^t en tnème temps un sourire d'ironie cruelle crispait seb lèvres.
— Oti^île que soit la mort à laquelle vous me condamniez, dit-il, je ne crains rien de vous, Miremond, et je bisserai, après moi, un éternel regret dans votre cœur, luiedouleui, un désespoir éternel...
Ge jui au tour du comte de sourire — tristement.
— Je comprends votre pensée, fit-il, mais c*est moi qui devrais vous dire que je ne crains rien de ▼eus...
— Inierrogez Bianehe, celle que voui croyez votre fille, eî priez-la de vous répéter la révéiaUoa que je lui ai faite...
— Que vous avex en le triste courage de lai faire, infâme, dit le comte... et ce qui est un menson|;e !...
Rosooff eut un ricanement :
— Blanche est ma 61ie... elle le sait... et quels que soient vos efforts pour la convaincre que je lui ai menti, toute sa vie «Me se demandera si vraiment je n'étais pas son père et si vraiment je ne lui avais pas dit la vérité...
— HoscoA, les crimes pour lesquels vous allez mourir, vous ies avez commis, je le sais, pour enrichir Blanche, persuadé que Blanche était à vous... Eh bien, vous apprendre.*? avant de mourir quelque chose qui sera plus épouvanîf ''le pour vous que tous les supplices, môme les pius atroce^...
Instinctivement, Ro^icoîF eut peur.
Que voulait dire l** comte?... A quelle révélation faisait-il hIIu.Mivo y (Tiheh s'expiiqua tout de suite:
— La plus terrible puij»tion de vos crimes ne sera-t-elle pas d'apprendre que cette enfant pour laquelle ces crimes ont élé commis n'est pas votre Mlle, — qu'elle n'est qu'une étrangèi e pour vous ?
R-oscotThans.^a leb épaules,
— Interrogez la coiutesse,,, dit-il. Je ne trahis pas
204 ru Lit SON' ENFANT
Bolre timonr... il éiaitconnu... il avait été surpris... Noui BOUS dimi'^us depui» longtemps... De cet amour est née une fille... iMarguerite vous dira que vous n'en êtes pai le père... C'est vrai, j'avoue que c'est pour elle, pour la rendre richo, que je suis devenu un assassin... Je sais eu votre pouvoir... vous allez me frapper, soit... Je vou« braverai jusqu'à mou dernier souffle... Mais ce que vous ne pourrez pas m'eulever, c'est la consolation suprême de me dire que Blanche est ma tilles et que c'est par affection pour elle... parégolsme et par ambition... que je me suis acharné sur Crèvecœur et ses héritiers...
— Voilà oh vous vous trompez, HoscolT, dit le comte, cette consolation vous sera refusée !...
Pour la seconde fois, RoscolT haussa les épaules.
— Je n'insisterai pas, dit-il. Faites de moi ce qu'il vous semblera bon... C'était une lutte entre vous et moi... Daiis cette lutte, j*ai été ?ainc.u... Frappez!... Je tiens seulement à dire que la comtesse a toujours ignoré mes projets, et que le soupçon de complicité ne peut l'atteindre...
— La comtesse iera punie, comme vous, dit Gilles froidement...
Et après avoir réfléchi quelques secondes.
— Caradec, dit-il, au lieu de conduire Roscotf dans la chambre qui était préparée pour lui... enfermez-le dans uu des caveaux du château...
Et comme ceux qui étaient là — et qui s'atiendaient sans doute à un tout autre dénouement — le regardaient avec surprise :
— Demain, dit Gilles, vous comprendrez.
Et il ne s'expliqua pas davantage.
Caradecet Fiaoqaart passèrent aussitôt des cordes solides autour des bras et des jauibes de Koscoff et remmenèrent dans les caves.
Vi, Caradec s'installa près de lui.
— Et as pas peur, murmura ie vieux marin, je n& dorai irai pas pendant le quart, mille sabords... Tr peuj coiiiptef là-dessus !•••
rotJR SON EVFAVT ï*OK
One! étHît îe î«^f«t in
Ou va le voIp.
Dans la matiRés é^ l«n4«««iii, HffAinciiiS iT^it quitté Pouchepoiiw, pré»»#siâikt W#rr« ^*U n*i feiUr«Pftit pai aTant le loir, r^ib sfn'osi »• fit (>«• infrttie^ ^9 «on absence proloBf^.
Pois, Umjo«f« f^vêlo 4le lOB mantean, U ififurt* toajours disparae m^a^ k oa^iiclioa, U t^ml« s'éuU renda à Paris.
Là, il éUU êV4 me î^afayette, était monié iu premiei étage portas! !« n* (SU, dt avait poixi^é one mft^ifnr laquelle il j %rmii ^its tw une j^aque U^a^li*^ e.^f «ota t
C'étaH f H^ ib M* Deaiioi, ttsei!iWMM»<if <t» H* lernard, le aoUJft 40 U ttLtniUMijr^w^tmm Mmmn^ià,
M* Oenifiot êUH dast ichi eabieM.
Un clerc demniNta sos oom I <iillei |3>Q«r Pi!^ii*^acer I son patron, maif CHUiia, qui ne TfHdalt paa èt<^ r^coonv tout de fruité el rraiiçQaal rétonoeMeal qim rji<«a«rait sa résurrection, CMHe» H^pc>adtt :
-^ Je suis incKHinu 4e W Oeniaot... mon »<hm ho lui apprendrait d<m€ 4«hi... ^iwlUaf te t*^^*^ ^ ^^^ reaa» ▼oir !...
"linq nnin^iteâ »:;>fèft, l9iMfl«t il (SHIta Itoiant a& pré* sence et le t^^iire^ pap-4«iaiit iMi i(ft#^ tf'er^ Mgar* dait curieasemeul e«t ^oivaMi ta i(HfSMM»«6i»aHÉ ««UBi-iouflé qu'on ne {lisUn^fîail q«e 9m fe«i«
<- A qui ajl-'e riioQKieiir f... 04»iiaHN»9»44i.
Gilles était ^Uè 9mmf*t fiM» ^«t y^^^t^w éM^ $m*
Puis, sanfi ôter son «iidh^iIni^ I
206 f«UR SON ENFANT
— M' Drttiizot, <lit-il, iie soyez. punU lr«»p i-lonuZ do il^; revoir... Ne poussez pas de cri qui puisse doDûer l'éveil... Vou» me croyies mort... Je ne le suis pas... Tout voui «era expliqué...
Et rejeiaot son manteau, il se découvrit.
Il avait eu raison d'avertir le notaire.
Car ceini-ci, qui connaissait de longue date le comte de Miremond, le plus riche client de son étude, recula et alla s'appuyer cooire le mur, à l'autre bout du cabinet.
fit il balbutiait :
— ' Monsieur 1« eomte... Vous!... vous... mais... mais }e suis allé à votre enterrement II...
Le comte, malgré tout« sa tristesse, ne put s'empêcher 4» fourire.
-« Rassurei-Tous, dit-il, e'ftst bien moi, et asseyez^ voas, noue avons à causer...
Après lui avoir recommandé le secret le plus absolu, Miremond lui raconta les étrauges événements auxquels, depuis plus d'un an, 11 s'était trouvé mêlé.
Denizot connaissait — comme tout le monde — le meurtre du baron de Grèvecœur, de Maurice de Miremond, et il avait assisté, ainsi qu'il Tavait dit toui à llieure, à l'enterrement du comte.
Quand il eut dni sou récit, Gilles ajouta :
— Vous avez dans les papiers ds l'étude, trouvés par tftis en j^renant la succession de M* Bernard, une piè'e es la plus haute importance pour moi. fille fait l'objet êè ma visite d'aujourd'hui.
*»- Je tais de quoi vous voules parler, fit Denizo — • Une lettre a été remise à M* Bernard par M. Savarol, li médeein de notre famille, deux ou trois jours avant sa
— Ceit bien cela. Cette lettre, cachetée de cinq f^- 9È9àê rouge», porte comme suscriptfon i
A Monsiew k coinie de Miremond,
« Ne devra fttre ouverte que sur la demande espresse, Édite par luti-mêine, d^ vive vois, par loi, ou en sa pré-
0^^^^ Eu m^ àt moH iàahliù cl« i^^nMm^. W letijp# 6«r« 44i-;
UiiUtt un an, jeur pour )otu% après §a mort, ft fiaoîna qo'ii n'en soit disposé &utrouieut, dans le iosUmeat îaisBè par lai. » «^
Vous voyez que j'ai bonne mémoire.
— Eu effet, c'est, mot pour mot, ce que contient l'enveloppe de la lettre.
—■ Je suis à votre service. Que dois-je faire?
— Vous avex; cette letire sont» la main ?
— Certes !
— Ici môme?
— N'en doutez pas I Elle est dans mon coffre-fort» avec mes valeur». Personne, autre que raoi. ne Ta \.r ... FôTSonne, autre que moi, n'en a en connaissance...
— C'est bien. Elle contient un secret que je ne peuit vous livrer, malgré toute l'estime que j'ai pour vous et la confiance que voof m'inspirez... Ce secret n'est pa? ^f uiement le mien, mais celui de plusieurs personnes... Je vous en préyiens, dès maintenant, afin que vous ne vous étonniez point d« la demande que je vais vous iaire...
« Parles, monsienr le comte.
— Etes-vous libre de votre temps ?
— Je peux vous consacrer axa journée tout entière, si cel est votre bon plaisir.
— Merci. J'ai besoin de vous, ei je vous prendrai san^ doute toute votre journée.
— Et que ferai- je ?
— Vous m'accompagneres à FoocheroUes. Vous pren drez avec vous la lettre en question. Cette lettre, \r,m me la remettrez, sur ma demande, devant les personnes auprès desquelles je vous conduirai. Mais c'est moi qui J'ouvrirai ; c'est moi qui, à ces personnes, en lirai ie contenu,.. Vous serez parti et ne connaîtrez rien.
Le notaire s'inclina.
— Je n'y vois pas d'inconvénient et c'est votr® «iroit la plus absolu, dit-il. La lettre du docteur Savarol vous appartient. Vous pouvez en faire c« qua boa voi^« MHh bâ^î]^0u4ud SauiiU ]^%w t
208 POUR SON EXfANT
— Le teraps de m'habilJor et je suis à vous. M*Penizot sortit, resta un quart d'heure absent, pnli
revint : il était prêt.
Il ouvrit son coffre-fort, en un coin de son cabinet, y prit la lettre de Savarol, la serra dans son portefeuille, qu*il glissa dans une des poches de sa redingote, puis :
— Partons ! dit-il.
Et ils s'en allèrent.
Vers le soir, ils étaient à Foucherollei. Le comte raanda Pierre Morgand :
— Rassemblei dans le hall, dit-il, Caradec, Planquart et RoscoÉf... Que celui-ci soit délié...
— Je ne veux pas que le moindre soupçon de nos projets traverse Te^prit du notaire, continna-t-ii à part lui.
Un quart d'heure après, il était obéi.
Le comte entra dans le hall et s'adressant à Roscoff :
— Vous prétendez que Blanche est votre fille, dit-il au misérable... écoutez bien ce quç vous allez entendre!...
Il alla lui-môme ouvrir la porte à M* Denizo
Celui-ci avait été prévenu par Gilles de ne point s'étonner de tout ce qu'il verrait.
Du reste, c'était on homme froid et peu impressionnable.
Il avait compris qu'il se trouyait en présence d'un secret de famille, d'un mystère... redoutable peut-être.
Et ce secret, ce mystère, il ne cherchait pas à le pénétrer.
Il entra et s'approcha du groupe des quatre hommes devant lesquels Roscoff se tenait debout, l'âme troublée profondément par les dernières paroles de Gilles.
— M" Denizot, dit le comte, répétez devant ceux qui sont Ici ce que je vous ai demandé hier, en votre étude, et ce que vous m'avez répondu.
Alors Denizot, obéissant, répéta de point en point la scène qui s'étaif ^^^e en son cabinet, à l'arrivée de Mi* remond. ^ - -
, §iiaQ4 il eut Mi ;
POtîR SON ENFA^JT ii09
'— l)û dernief mot, fit Mirômoûd. Si Vt>û prétendait que celte lettre est fauâbe, a été fabriquée par nous, oialgré boa aucieaaeté évidente, que pourrais-je répt>adre ?
- Une chose bieû «mple, monsieur le comtb,.. et j'rkvais prévu robjectioa. Quand, il y a vingt ans à peu près, ie docteur Savarol a confié cette lettre à mon prédécTsissouf, M' Bernard, qui était un homme d'ordre, l'a môiitiounée dans sou répertoire, à ^à date... Il ^^ra trèi facile de à'en assurer... En outre, une pièce particulier sigiiée de M* Bernard et d'un de ces collègues, annexée à la lettre... et que voici... atteste, toujours à cette date, le dépôt mystérieux fait entre ses mains par le docteur Savarol... Est-ce que cela vous semble sulâsant?
— Très sufhsaut, en effet... n'est-ce pas, monsieur? dii Mireinond en s'adressant plus partie ulièremtnt à Hoscoff.
Celui-ci baissa la tête.
Ce nom de SAvarol, brusquement évoqué, l'emplissait d'iuiiuiétude.
Il ue Tavait pas revu après le jour de la consultation des médecins, alors que Marguerite^ qui venait d'accoucher, était si malade qu*on U condamnait.
Pourquoi cet homme, ou plutôt soa souvenir, réappar-aissait-il tout à coup ?
En quoi était-il lié à sa vie ?
Et quelle était cette lettre menaçante remise entre les mains d'un notaire, dont le comte semblait connaître le contenu, mais que depuis vingt ans — vingt ans, l'âge de Blanche I — il n'avait pas jugé à propos d'ouvrir?...
Toutes ces questions se pressaient en foule dans sa tête.
Elles n'allaient pas, du reste, rester longtemps sans réponse.
Le comte remerciait le notaire, dont la présence n'était plus nécessaire, lui serrait les mains et M" Deuizot partait.
41ors le comte de Miremond revint à Eo»cofl.
210 POWR SON ENFANT
El il lui tenait U lettre dont il fit «attter le caobel
• — A quoi bon ^ marmnrt le misérable.
— Lisez, dit impérieusement le comte, je tous ai âh que Blanche n'était pas votre fille... Vous en ayez la preuve entre les mains... Un regard sur cette lettre suffirai...
Alors Roscoff, tremblant, secoué par des frissons qui agitaient dans ses doigts ce papier, jauni par le temps, où Savarol avait raconté les événements qui forment le prologue de ce récit, Roscoif, machinalement, jeta les yeux sur la lettre et lut...
Et depuis cinq minutes il lisait quand on le vit chanceler, lever la tète, promener sur ceux qui étaient là, un regard vague, étonné — le regard d'un fou — puis, avec un effort pour reprendre possession de lui-môme, poursuivre sa lecture.
Et quand il ent iai, k lettre s*échappa de ses mains.
Et de son front sv mm lisaio descendaient de grosses gouttes de snenr.
C'est que, poor M, «eU élail époeTantable, cette révélation.
Dans la lettre, StTarol raeoatait qu'il avait donné ses soins à Marguerite de MiremoAd, pendant sa grossesse pénible.
Il racontait combien la jeiiBe femme avait souffert pendant son accouchement ei qv'll avait été obligé d'employer les fers...
U racontait qu'il n'avait aidé à mettre an monde qu'un enfant mort... une fille...
11 disait la douleur dn comte...
Les craintes pour sa femme dont la vie serait en danger lorsqu'elle apprendrait la fatale nouvelle...
Sa résolution à lui, Savarol, de sauver la comtesse en isnbstituant à Teniant mort, la fille de la Morgand, née depuis la veille et non encore déclarée...
^'>omment le comte avait accepté...
Gomment leur ruse avait réussi, et comment la eom* lesse avait été trompée, n'avait jamais eu desonnoon«..«
' font ^!t ?«UtA en cette lettre, jusqu'aux détails en «pparence les plus insigniflants.
Et Sayarol terminait en déclarant que, sur le point de mourir, il en attestait U Térité... ajoutant que s'il avait consenti à écrire la relation de cette mystérieuse naissance, ce n'avait été que sur l'instante prière du comte, qut3 des pressentiments agitaient...
Enbn, dan» uu post-scriptum^ Savarol, d'une main qu'agitait «ans doute l'approche de la mort, avait écrit que Pierre n'était autre que le frère de Biancbe, expliquant ainsi la générosité de Miremond à son égard et la profonde affection du comte pour le jeune homme.
Tel était le contenu de cette lettre.
Tel était ce que venait de parcourir Roscoif.
Oomprend-on l'effrayant désespoir de cet homm^?.,.
Brusquement, et comme sons l'action d'un violent poison, se» traits s'étaient décomposés; sa figure s'était allongée et creusée; toute sa physionomie exprimait une angoisse atroce.
li)t quelque* mots Motoment s'échappaient de ses livres :
— Elle n'est pas ma Hlle... elle n'est pas ma fille ! I Et ce lut tout ce qu'il dit.
il sembla tomber dans une prostration complète, dasîs un abattement absolu, presque pareil à de Tidiotisme...
Sa respiration bruyante et «accadée, seule, indiquait sa souffrance intérieur».
La nn»t était «enue sur cas entrefaitef
Ceux qui étaient ià Hvaient gardé le Mlepce, depuis ooeJques miautfts, spectateurs muets du drame terribl<5 qiîî «ie p3s:«aiv dan» Tâme de cet homme.
Si:ir uii signe du comte, Flanquart s'approcha de lui, le l^ril p-jf la fOftin et J*eutra1iBa.
— Ven«s, dit-il.
Hoi-coîT se laissa conduire s«iti^ faire de rési«tj»nce. Fltinquait traversa ie hall, prit un escalier et monta au &e€Oî>d étage du ciiâteau.
lÂ* \\ s'avr^ta, ouvrit une noHe «t nniii<i«!i« Ro«ef>ffi,
212 POUR SON ENPANT
Roscolï eitîi d, irébUi iid dans les ténèbres et alla tomber sur une chaise, où il demeura immobile, la lôte peu* chée.
La porte s'était refermée sur iui.
15 avait entendu grincer des verrous et en môme temp^ Flanquart qui disait froidement :
-> Roscoiï, vous êtes prisonnier. Inutile de chercher k ?ous entuir. Nou^s vous surveillons de près.
Et, en eifet, Fiauquart s'était adossé à la muraille du corridor, — là où donnait la porte derrière laquelle veaait de disparaître Hoscutf.
Oii se trouvait celui-ci?
Quelle était cette chambre où il était prisonnier?
Tout d'abord, le misérable, abîmé par la révélation qu'il venait d'entendre, ne s'occupa point de reconnaître où il était enfermé.
De longues heures s'écoulèrent et telle était son immobilité qu'on eût dit qu'il était mort ou lié sur sa chaise.
Puis, quand la fatigue le prit^ quand un peu plus de Calme fut entré dans son esprit, il releva doucement la tête, étonné, comme sortant d'un songe, d'un cauchemar...
— Ainsi, dit-ii, toute ma vie est perdue... j'ai cru que cette enfant, cet ange, que j*aimais, était à moi... et je me trompais... Ahl c'était pourtant plus que de l'affection paternelle que j'avais pour elle dans mon cœur II
Et il eat un cri de colère, de rage...
Le vaincu reprenait des forces... et maintenant la haine de ceux qui avaieut triomphé de l«ii, r^^mplaçant son abattement, lui redonnait de l'énergie...
— Ahî murmura- t-il, tant que j*aurai une goutte de sang dans les veines, je me ferai craindre, et ils ont tuff de croire que je ne combattrai pas jusqu'au derniei souffle.
Il lit quelques pas dans la chambre, cherchant i l'orienter.
L^ ^bambre était meublée simplement, de quelquei ehaistjs, d'un fauteuil, d'uiie table,
T}9.v% ^« ^'^"H, nri Ht.
PCim SON ENFANT 213
Pen ft. pen, les yeux de Roscoff s'babituant h l'obscu' rtrày ii reconnut dans le fond une fenêtre devant laqueUt on avait tiré d'épais rideaux.
Ces rideaux, il les écarta.
Il ouvrit la fenôtre et voulut ie pencher au de]|o?Çr
Mais de forts barreaux de fer l'en empêchèrent...
— Ahl ahl dit-il en grinçant de? dents, ils ont pris leurs précautions... ipais à quel étage suis-je donc?
Malgré l'obscurité de la nuit, — une nuit dont d'épais nuages (jérobaiasit |a luna, — il aperçut la cime des arl>r0§ du parc... et il jug^Q# qm*î\ ét^it au dernier étage du château.
' il aUa se lumrter à U porto derrière lagMila te tenait f^lanquart.
-^ Je suif UI... 4!t le comniMafre do police.
Et c'était là, porte et fenêtre» toates les issaee...
Et c'était rose des deox qfà% (allait forcer po«r s'enfuir...
Enfoncer la porte, tuer F!an<f«ertt...
U y songea bien, mais c'était tenter rimpotaible...
On entendrait ei puis Planquart était robuste et sans doute bien armé... il se défendrait... on monterait. •• la tentative serait vaine...
et la fenêtre ?...
Par là seulement peitt-étre il j avait çhaoce d'évasion.
Elle était à dix om quinze mètres du sol... r^^is comme elle donnait sur te jardin, n'était-il pas possible d§ sauter?... SU parvenait ^ forcer un des barreaux... et s'il avait la chance ée tomber sur une terre meuble fraîchement remuée, il serait sain et sauf I... ^
il chercha à ébranler les barreaux.
Mais ils étaient solides, nouvellement mil.
— lis avaient préparé cette chambre pour moi, réfl^ chit-il.
Et iî eut on rire nerveux ! l
Et en pensant au moyen de sortir de là, il entendit an ^ d» la fenêtre un pat lemt et régulier,
dl4 POUR SON ENFANT
C'éUit Caraoec qui Yoiiiaii, ûaû* la yurûiu, diù»» Planquari dan» le couloir.
S'évader était impoisibie.
^ Hoscoirie cooiprit biontôi.
Dès lors, que faire?...
La colère où il étiit Tempèchait des* réfîgMNr.
Mais c'était une colèr« impuissante.
Il mit sa tète daBi §«• mains M rèiéiÉH piotoùdéinent.
Et peu à peu, ainsi, éêMM e^tto pMÎIittA, il itfâ.
Et toute sa vie entière repassait en smi Mprii, ftf<M ■«■ moindres circoastanoss^ ses événements;
Il songeait à sss années à» jenneste, pnii à Tamonr qui, brusqnement, «Tait pris possession de son cœur : sa passion pour Margnorito afait SMpli k OMMtié de sa ▼ie.
11 songeait anssi à la naissanea de Bianeiie et frisson^ nait de rage en pensant qu'il n*aTait pas soup(X)Qaé Ib mystérieux drame qui avait entonré cette naissance.
Ah I s'il ravait dsiiné ! Il eût dirigé autrement sa viei Maintenant toute sa vis était manqoée...
Et quelque chose somma on remords loi venait de tous ces crimes inutilement commis...
— A quoi l>on, to disait-il, pnis^n'aUa n'était pas ma
mie.
La sinistre figure do Jaan Mors^ anssi, réapparaissait au milieu de ces souvenirs.
Et ce n'était pas, non pins» lo moindre remords de Koscoff, que d'avoir profité ds la foUs de est homme pour le pousser au crimo... qno d'avoir lait un assassin de cet être inconscient I...
Et parce que, la téta ainsi ponakéo et les mains sur le* /eu7 Hoscoff revoyait trop distinctement toutes ces choses, il releva la tètn nt éearla les mains, se secouait pour se révdiîor.
£t il se dressa, soudain, avec n& cri torrîbial...
Ce qu'il venait de voir, an rêva, il la mvoyait diitinata ».
"^ ^n^, «f^rotttait qne «a chambro «'était agrandie... eomm« Sï de deux chambres, on n'en etlt fait qu'une...
Et elle était éclairée... à présent... alors que tout k Vheure. elle était plongée dans une obscurité profonde^
La lumière, celle de la lune, yeoait d'en haut... d'un îçrand vitrage qui faisait ressembler la pièce où il se tro»*^ vaità quelque atelier de peintre ou de sculpteur...
Et, eu effet, c'était l'atelier de Pierre Morgand...
Et hlôme, les yeux dilatés, les cbeTeux hérissés, Ro»coff, les bras tendus comme pour repousser une époiB« vantâble vision, Roscoff avait fait quelques pas en avant... vers le fond de râtelier...
Puis il s'arrêta, ferma les yeux.
— Allons, dit-il tout haut, je rère sans doate... Est-iîa ^ne moi, Thomme fort, je vais davenir faibld comma un eofant?...
lîlt il refiçarda de BOQTeaa.
Et de nonyean il poussa m «i.
Non, il ne rêvait pas !...
C'était un spectacle horrible qn'll avait devant lui...
Il n'y a qu'un instant, il rêvait et son rêve faisait apparaître devant son esprit troublé les images de Grèye» cœur étranglé, àë Manriee de Miremond noyé, de Gilles assassiné...
Maintenant ce n'était plus le rêve qui Ini représentait ces images, c'était la réalité! la réalité terrible !...
Eclairés par la douce et calme lumière de la lune dégagée des nuages et tombant d'aplomb par les vitraux da l'atelier, quatre groupes se détachaient distinctement, dans tous leurs détails affreux, au fond de la pièce...
Quatre groupes en cire représentant, avec une vérité extraordinaire de couleur et de ressemblance, quatre de» personnages de ce récit, quatre des principaux événaments de ce drame :
Le premier :
On voyait le pauvre vieux baron de Crèvecœnr, roulé de son pliant, étendu ; et penché sur lui, le fermier Jean Mo^^ . ia figura f.risjpée horribletnent, les lèvres ro^gçj
2l6 POUR SON ENTANT
et saïiguiïJ0lante« lofduùb, ki dèûis appaïaîybaul ies lèvres.
Ivft second :
Maurice de Mi! eiuoiiû, irdiiquifiemeût assis au bord ^e la rivière, semblait ne s'occuper que du pdissoù qui frétillait au bout de sa li^oe, et, derrière, Jean Moie s€ précipitait sur lui avec un bond de bête fauve...
Le troisième ;
Le comie Gilles gisait inacitDé, et iean More avait ies niains crispées iiutourde son cou; et pfès de ià, iloscoff, accroupi, regardait froidemeut le meurtre.
Le quatrième :
Jean More et sa guiliotine.
Roscotf, comme s'il se fût refusé à croire, s'avança jusque près de ces groupes.
£t quand il se fut aperçu qu'il n'était pas le jouet de son imagination, il recula, épouvanté, mais le regard invinciblement attiré vers ce qu'il y avait là...
Et il laissa échapper quelques mots incohérents :
— Àh! le châtiment!! le châtimenil Voilà ce qu'ils m'ont réservé !I... J'aimerais mieux la inori, tout de suite...
Il voulut fermer les yeux, pour ne plus rien voir, mais il n'était plus maître de lui, ses yeux restèrent ouverts malgré lui, et malgré lui, il continua de voir...
Et le supphce dura toute la nuit ; toute la Uoit, il lui fallut contempler ses crimes rendus par le sculpteur avec un talent puissant, car on se souvient qu'à chacun des trois crimes, Pierre avait pris l'empreinte de la figure de la victime, de façon à pouvoir en perpétuer l'image, soit en peinture, soit en scuiplure.
Il essaya de se voiler la face, il «ssaya de ^e cacher...
Mais ce fut eu vain.
Une force plus grande que sa volonté, que non énergie le ramenait à ce spectacle mortel.
Et il sentait sa raison chanceler...
Vers le matin, quand le jour parut, il eut une faiblesse è% perdit connaissance.
iofi éT%iioui^s«m@Rt dur & uu^ ii6cir« à pei&t
potm mn enfant 2il
jtihhA W ftô févdlla, quo U roémoirii M f(^int, il protùtna des yeux hagards autour de lui.
C'était, toujours, la chambre dan» laquella on l'avait introduit, la veille au soir...
Mais rien de ce qu'il avait aperçu la nuit ne s*y trouvait, ni le fond d'atelier avec les larges vitraux ménagés en haut pour la lumière, ni les groupes représentant les hideuses scènes des assassinat».
Où cela était-il ?
Il se passa la main sur le front et se dit :
— J'ai rôvé, cela est sûr... Rien de tout cela n'existe!... Il fit le tour de la chambre... regardant partout...
— Pourtant, c'était bien là ! se disait-il.
Son poing frappait sur les murailles; en face de lui, il put s'assurer que le mur n'était qu'une cloison...
Cette cloison avait dû jouer ou être enlevée la nuit... Et le fond de l'atelier apparaissant, les groupes s'étaient détachés en pleine lumière...
Pendant qu'il était évanoui, quelqu'un était entré dans sa chambre et avait dépoté, sur une petite table, du vin et un déjeuner froid .
Roscoff sentit un Trisfon loi traverser les veines.
— fîst-cc que cela sera ainsi toutes les nuits? se demandait-il.
Et il attendit le soir avee angoisse.
La fatigue énorme des nuits et des jours derniers lui alourdissait las paupières, mais il se tenait debout obstinément, ne voulant pas dormir.
■■^ Je veux voir, disait-ii, je veux Mre s(|pr...
Et il attendait. Mais rien ne vint.
Et la moitié de la naît écoulée, ii s'endormitf couché sur le plancher...
Et il était à peine endormi qn'on léger bmlt le réveilkit.
Et il se dressait, la sueur au front.
Les quatre groupes étaient là... et Crèvecœur, et Maurice de Miremond, et le comte Gilles, et Jean More.
-- Non, je ne veux pas voir, je ne veux pa» voir... raur mura le misérah!*...
218 POUR SON BNFAi>f
a a¥4àit au«» ûèTre «irdonte...
Il sentait chaoceler sa raison et bien qu'if comprit que c'était 2âsa raison surtout qu'on en voulait, t^ue c'était son intelligence surtoui qu'on attaquait, cette intelligence qui avait si savamment combiné les trois crimes, bien qu'il comprît tout cela, il avait peur de devenir fou...
Et c'était une folie furieuse qui le déclarait cbez lut , des nua(^es rouges passaient devant ses yeux que brûlait une chaleur insupportable.. .
La lune semblait être complice de ce châtiment, car elle éclaira le «pectacle hideux de U première à la dernière heure.
Trois jours après — trois joon terribles pour cet homme, impuissant à lutter contre la folie qui envahissait son cerveau — le matin, dans uu accès de délire furieux, il se précipita sur les trois premiers groupes ei essaya de les démolir à coups de poing... il se meurtrit les mains... s'ensanglanta les poigBets et lea bras... s'arracha les ongles...
Il était fou, cette fois...
Et quand il arriva devant la figure représentant Jean More guillotiné, il eut un éclat d« rira atrident et soudais •ntonna la fameuse chaaaoB :
Médeda
PoUtifaa, iB&ginc mm hmm malia Qnt pendre est li
Aassitét D lai (Mt Un snpptiM
Q«i MUS corde fti SvpphBie da h<aff sa L'office...
Alors quatre hommes entrèrent dans TateHer, comme • ils ?>'avaieat attendu que ce moment pour se. montrer. -» Ces hommes étaient le coaàt« et imm trois ^uxkif, % MorffAnd Flanaujurt «^ C)irad«Mi,^
tOUH SON ËNi'ANT 21*à
%o&coff Im regarda, ne le» reeoniiut p&i «i cootiouâ d6 ciianter.
Ou lui lia les bras et les jambes.
li ne fîi pas une réflexion.
11 ne comprenait pas.
Le leodeinain il était à Bicdtre, daos le quartier des fous furieux.
Et il ne s'y trouvait pas depuis deux jours que, malgré la surveillance des gardiens, il se brisait la tôle oûuire le mur de sa cellule.
Les morts s'étaient vengés l
Il ne nous reste plus qu'à dire ce que sont devenus les principaux personnages de notre récit.
Après la mort de Roscoff, Gilles de Miremond était allé Couver le juge d'instruction, M. Poulverel, à Ranibouiliet, et lui avait raconté la vérité sur les drames sauglâuts de Foucberolles.
Le juge d'instruction ne fut pas peu surpris, comme où te pense, de voir vivant un homme à l'enterrement duquel il avait assisté.
Il promit le secret au comte sur tout ce que celui-ci iui révéla, ei, de fait, hea ne transpira de ce sombre mystère.
Fianquart, malgré le succès de cette expédition faite en dehors de son supérieur, n'était point très tranquilia.
Gomment le juge prendrait-il ses faits et gestes et ue lui en voudrait-il point, à lai, Planquart, d'avoir volé à la Justice, à la Cour d'assises un Musi riche butin que celui des crimes de Roscoff?
h sa grande satisfaction, et grâce, sans doute, à l'intervention du comte, M. Poulverel raccueiliit le sourire aux lèvres, les mains tendues.
— Monsieur Fianquart, dit-il, je vais être obligé de m& priver de vos services, car j'attends tous les jours votiô nomination à Paris... Le préiet de police me l'a formellement promi&e... Ce n'est plus qu'une queiftioA d'heures...
1^ br^ve homme ttalt itoum â« pia^if •
^20 POtti SON ENFANT
Mais de fO!3ge, U deviut tout pjli*?, qnand ie jttg* a'j*/»truction eut ajouté :
— Du po«?te. de commissaire de la ville de Paris à ct'îui de commissaire aux déiéi^ations, il n'y a qu'un pas.
Flauquart sortit du cabinet du juge en balbutiant de* remerciements.
M. Poulvp.rel ne l'avait pas trompé.
Quinze jours après il recevait sa nomination.
Garadec est resté auprès de son ma?tre dont il est ilevenu i'arai et dont il gère les propriétés et la fortune.
Pierre travaille, heureux, auprès de Blanche, qui ne connaîtra jamais le secret de sa naissance et dont le mariage avec le marquis de Tbévanne est tixé au printemps.
Gilles n'attend que le mariage pour partir.
Tant d'événements douloureux ont ébranlé sa santé et il compte se refaire en allant passer un an en Orient.
Au fond de son cœur ne reste-i-il pas quelque dernier et tendre souvenir?... quelque amer regret?.
Peut-être 1...
Peut-être sa passion pour Bbnche n'est-elle pas morte... Mais elle est à demi-domptée et il sait qne c« voyage lui rendra la possession de lui-môme.
Marpha, la sœur de Roscoff, avertie que son frère était mort à Bicètre, dans un accès de folie furieuse, avait compris qu'on lui avait fait ainsi porter la peine de ses crimes et elle avait quitté la France pour retourner en Russie.
Quant à la comtesse Marguerite, l» brnsqne apparition de son mari qu'elle croyait mort et qui tout à coup se dressa devant elle pour lui reprocher son adultère — la révélation qu'il lui fit des crime? monstrueux de Roscoff — achevèrent d'abattre son esprit aCTail^li depuis longtemps.
Lorsqu'elle apprit qu'elle avait aimé l'assassin de son oncle, de son fils, de son mari, elle tomba anéantie, prit le lit.
Elle moHnii, an bout de six mois, sans a?oir ree^avré U raJifon. ^
ï»Ot'R ^JON' ENFANT 221
A fl^eofe 4$aH êsif Umib uos personnages ^iveut eocoi-a — le drame que nous terminons est d*hier.
^Flanquant est un des commissaires de police lè& |»ias JistiDgués de Paris.
Peut-ôtre se trouvera-t-il, uo joar^ mdlè à quelque autre ^rrible et mystérieuse aâ'aire.
Il uoos la dira.
EX nous la racoiiiefoiis sous s» dieté«.