R.-L. BORDEN
L'honorable Rodolphe Lemieux, M. P.
Chambre des Communes, Ottawa, Ont.
De sir Wilfrid Laurier
Ottawa, 20 janvier 1916.
Mon cher Rodolphe,
Pour cette assemblée que tu dois présider ce soir, je désire te charger d’un message tout spécial de félicitations et d'encouragement à l'adresse du major Asselin.
L’ardent patriotisme qui l’a toujours animé se traduit aujourd’hui par un acte réfléchi de dévouement qui, j'en suis convaincu, servira d'exemple à nos compatriotes.
I1 s’écrit en ce moment une page d'histoire où le nom du Canada français doit figurer d’une facon non moins glorieuse que dans le passé:
nous nous devons de léguer à nos enfants plus que nous n'avons reçu.
Les sentiments que tu sauras exprimer seront les miens, et je te charge en plus de présenter au major mes souhaits les plus sincères pour le succès de son entreprise.
Bien à toi, WILFRID LAURIER.
L'honorable Rodolphe Lemieux, M. P.
Ottawa.
De sir Samuel Hughes (En français dans l’original)
Ottawa, 2° janvier 1916.
Mon cher Lemieux, j
Comme j'en ai fait part à mon bon ami le colone! Asselin le 22 décembre dernier, j'ai appris avec un plaisir extrême que nos compatriotes canadiens-français se montraient si noblement dignes descendants de leurs ancêtres.
Permettez-moi de répéter ici ce que j'ai souvent dit devant de nombreux auditoires du Dominion:
Dans les tranchées, pendant la vaillante défense de Saint-Julien, tout aussi bien que dans leur fameuse attaque de Festubert, nos Cana-
diens se sont couverts d’une gloire impérissable, et nos nobles recrues ont enseigné au monde entier la manière de gagner la victoire; à Givenchy, tout aussi bien qu’en maints autres endroits, nos soldats canadiens-français se sont battus héroïquement à côté de leurs compagnons d'armes: Anglais, Français, Ecossais, Irlandaïs, Allemands et Américains”.
J'ai recu des louanges sur leur noble conduite, non seulement. de leurs officiers supérieurs le major Hanson et le colonel Meighen, mais surtout de mon fils, le général Garnet Hughes, qui était avec eux lors de leurs épreuves et de leurs victoires. Le général Turner, V.C., qui a aussi partagé avec eux les tribulations et les joies de ces engagements, m'apprend que ces jeunes Canadiens-Francçais sont maintenant comptés parmi nos meilleurs soldats.
J'ai toujours eu personnellement grande confiance en nos recrues conadiennes-françaises, et quand nous aurons, pour les commander, des officiers d’un cachet aussi noble et distingué que les colonels Asselin, Barré, Dansereau et DesRosiers, le major Verret, le capitaine de Salaberry, le capitaine Papineau et tant d’autres, je n’ai aucun doute que la bravoure montrée par nos soldats canadiens-français en face de l'ennemi aura lieu d’étonner le monde.
Je regrette de ne pouvoir être avec vous demain soir, mais j'ai l'intention d'appeler à une assemblée les commandants de chaque régiment de la province de Québec, et j'essaierai de promouvoir le bon mouvement. que tous nos
hommes publics ont si loyalement entrepris.
Avec l’assurance de ma cordiale amitié, Bien sincèrement à vous, SAM. HUGHES.
A l'honorable Rodolphe Lemieux, M. P.,
Chambre des Communes, Ottawa, Ont.