‹ Pourquoi?, comédie-vaudeville en un acteChapitre 2 sur 23 · GIRAUDEAU, LOUISE, HORTENSE · texte numérisé non relu

GIRAUDEAU, LOUISE, HORTENSE

GIRAUDEAU

Décidément, ma chère madame Carpentier, cette partie de cheval vous ferait plaisir?

HORTENSE

Cela m'arrive si rarement!

GIRAUDEAU

D'où je conclus que l'équitation n'est pas du goût de mon ami Carpentier?

louise , riant.

Ah! ah! ah!... 11 doit avoir en effet une singulière tournure à cheval.

GIRAUDEAU

Pourquoi ?. . . on peut être gros et ramassé , et ne pas manquer de grâce. Carpentier court depuis ce matin pour nos affaires de banque; quand il rentrera, je me charge de lui faire approuver la promenade, et, de plus, je veux qu'il en soit, (appelant.) Joseph! (d sa femme.) Louise, une tasse de thé ; je la veux de ta jolie main, chère amie.,, (appelant.) Joseph! (// parait.) Jos.... ah! Joseph! allez tout de suite commander au manège quatre chevaux; vous direz que vous venez de la part de monsieur Giraudeau... vous demanderez le Conquérant pour Carpentier et la Soubrette pour moi... Vous passerez en même temps chez monsieur de Perrière, vous lui présenterez mes compliment; vous lui direz que nous acceptera la partie qu'il

Pourquoi .' i

m'a offerte ce matin quand je l'ai rencontré, et que nous serons à deux heures.. Oh! mon Dieu !.«. à quel endroit ai-je dit qu'il nous attendrait?...

HORTENSE

Devant le carré de Marigny.

GIRAUDEAU

C'est cela... allez, Joseph,., (selevant et se frottant tes mains.) Au diable les affaires pour aujourd'hui!,.. Allons, dépêche-toi, chère amie, tu ne seras pas prête quand les chevaux arriveront' et tu sais qu'attendre c'est ma mort... Il faut que je cherche ma cravache. ■ '-

LoujsE, toujours assise.

En vérité je vous admire.

GIRAUDEAU

Tiens!... et pourquoi?

LOUISE

Vous disposez de mon temps, de ma volonté, sans prendre seulement la peine de me consulter... Ne pouviez-vous me demander s'il me plaisait de faire cette promenade?

GIRAUDEAU

Tu ne parlais pas... et puis nie t'ai-je pas donné l'été dernier un habit d'amazone délicieux, que tu vas être enchantée de faire voir?

LOUISE

Vous croyez?

Il te va si bien! et tu es coquette...

LOUISE

Moi!.

GIRAUDEAU

Un peu... un peu, conviens-en.

LOUISE

Je ne croyais pas mériter ce reproche; mais puisque vous avez sur mon compte de semblables idées, je refuse positivement de sortir.

hortense, avec chagrin.

Oh ! ma bonne amie !

GIRAUDEAU

Comment?... eh bien!... ça ne m'étonne pas... ça devait être... madame ne m'avait pas encore contrarié delà journée... A-t-on vu un caprice pareil!...

HORTENSE

Ma chère Louise , vous êtes trop raisonnable pour vous fâcher d'un mot... qui n'était pas un reproche, j'en suis sûre... et puis , il me semble que vous ne pouvez , sans impolitesse , manquer au rendez-vous pris avec monsieur de Ferrière.

GIBAUBEAU.

Non? certainement... Ferrière est un jeune homme charmant... nous allons très souvent chez sa tante; elle donne ce soir même un bal auquel nous sommes invités tous les quatre. .. mais madame Giraudeau ne réfléchit à rien.

Allons, j'ai tort, j'en conviens... c'est beau de ma part... d'ailleurs, ce pauvre monsieur de Ferrière nous attendrait toute la journée...

HORTENSE

Déjà une heure et demie !

LOUISE

Il nous faut dix minutes au plus pour notre toilette.

HORTÊNSF.

Et mon mari qui ne revient pas!

LOUISE

S'il ne rentre pas à temps, nous partirons sans lui.

(Elles rentrent en courant)

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