67 — PREMIÈRE CLASSE DE DIFFICULTES
No, [.— ON PEUT BIEN FAIRE SON SALUT SANS ÊTRE CONGRÉGANISTE.
Sans doute, comme on peut bien vivre sans
lavoir dix mille livres de rente.
Mais, dites-moi,que penseriez-vous d’un homme qui, gagnant une piastre par jour, refuserait une situation qui lui en donnerait cinq ou dix, moyennant quelques légères obligations ?
Vous pourrez vous sauver sans être congréganiste, d'accord. Mais vous seriez encore bien plus certain de le faire, en devenant membre de
[la Congrégation de la sainte Vierge.
Les raisons en sont évidentes.
1° L'association pieuse rend, pour ainsi dire, impossible, l'indifférence où l’on tombe si souvent pour le soin de son âme.
2° Elle excite la dévotion par les bons exemples qu’elle met sous les yeux et assure la persévérance dans l'effort, par les secours nomhreux qu’elle offre à ses membres.
3° Elle est pour l’homme une source abondante de grâces et de mérites, aussi la sainte Eglise encourage-telle de toutes manières les chrétiens à en faire partie.
4° L'association centuple les forces de l’homme,
Vous la jugez utile pour les affaires temporelles, ! pourquoi donc la négligez-vous quand 1il s'agit À
de ja grande affaire de votre salut ?
Pourquoi, vous qui désirez un jour aller au ciel, l ne prenez-vous pas un chemin qui vous y menerait si sûrement et dédaignez-vous des avan. M tiges que vous pourriez vous procurer, au prix M
de quelques légers sacrifices ?
De plus, vous vous privez de deux consolations #
bien précieuses pour l'heure de la mort.
La première serait le témoignage d'avoir montré quelque bonne volonté, au service de k
Dieu, en faisant plus que votre devoir.
La seconde, l'assurance de pouvoir compter à À cette heure difficile sur la protection de la sainte # Vierge. Vous regretterez certainement aiors, de & n'avoir pas acheté ces consolations par quelques À
efforts, mais ce sera trop tard.
Si vous connaissiez par révélation, qu'il vous Î faudra mourir bientôt, dans un an ou deux, par 4 exemple, hésiteriez-vous à vous faire congréga- !
niste de la sainte Vierge ?
Croyez-moi, suivez le conseil du bon saint François de Sales; vous vous en trouverez bien. ‘* Entrez aux Confréries du lieu où vous êtes. ‘ dit-1i, car, en cela, vous ferez une sorte d’obéi:
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sance, fort agréable à Dieu. D'autant qu’encore “ que les Confréries ne sont pas commandées par * l'Eglise, elles sont néanmoins recommandées par * l'Eglise, laquelle, pour témoigner du désir que * plusieurs s’y enrôlent donne des indulgences “et autres privilèges aux confrères.”
No TIT.—ME FAIRE CONGRÉGANISTE ? MAIS QUE DIRAIENT MES AMIS ?
Vos amis ne sont pas dévots, n'est-ce pas ? Avec eux, vour avez peut-être jusqu'ici mené assez
joyeuse vie, cependant, songeant à l’avenir, vous
voudriez changer de vie. La Congrégation vous rendrait pour cela les meilleurs services... mais voilà ! vous craignez le qu’en-dira-t-on des amis, leurs réflexions, leurs raïilleries ? Que sais-je ?
C’est là l'obstacle.
Eh bien! supposons que, gravement malade, vous receviez les derniers sacrements, et qu'’ensuite, contre toute espérance, vous reveniez à la santé : vos amis s'étonneralent-ils de vous voir réformer vos mauvaises habitudes ? Abandonner le jeu, la boisson, les sorties dangereuses ? Que diraient-ils ?
[lg diraient simplement : cet homme a vu elair en face de la mort. Il a compris que pour se sauver il lui fallait changer de vie, aujourd’hui,
fidèle à ses promesses, il veut redevenir franche. ment chrétien, Il fait bien.
Nous aussi, nous aurons tôt ou tard à l’imiter, si nous voulons aller au ciel.
Voilà ce que diront vos amis si vous deve- À nez congréganiste.
ple. Les autres s’éloigneront et ce sera tant ! mieux pour vous, car, désormais, leur compa- # gnie ne pourrait plus que gêner votre bonne vo- À jonté.
Allez-y donc hardiment.
Elle est parfaitement vraie, dans l'affaire du k salut, la parole que l’on dit souvent dans le # monde : ‘‘ fei-bas, chacun pour soi; Dieu pour | ‘‘ tous.” Oui, c’est tout-à-fait cela, ‘ chacun f ‘* pour soi, chacun pour son âme, chacun pour f ses œuvres, et, à la mort, Dieu comme Juge pour | tous les hommes.
NoÏIIT.-ME FAIRE CONGRÉGANISTE! JE NE SUIS PAS ASSEZ DÉVOT POUR CELA.
La dévotion n’est pas du tout la condition nécessaire pour devenir congréganiste, puisque
Quelques-uns peut être, suivront votre exem- f
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c'est, précisément, ce qu’on vient demander à cette association.
Je ne suis pas dévot, qu'est-ce à dire? Cela signifie probablement que vous ne donnez aux affaires de votre salut, qu’une attention fort distraite. Vous faites vos prières, vous allez à la messe le dimanche, vous communiez une ou deux fois l’an au plus, et c’est à peu près tout. Je pourrais même vous faire des questions plus embarrassantes encore :
Combien de temps passez-vous en péché mortel ?
Combien de mois durant l’année restez-vous en danger de mort subite et de damnation éternelle ? En ne voulant faire que tout juste ce qu’il faut pour vous sauver, ne risquez-vous pas de n’en point faire assez ? Avoir à la mort le strict nécessaire, est suffisant, il est vrai, pour entrer au ciel, maïs ne serait-il pas plus rassurant de pouvoir offrir à Dieu un peu de surplus? Or, la Congrégation vous donnerait ce surplus avec abondance.
Montrez donc de la bonne volonté. Entrez, tel que vous êtes, la dévotion viendra ensuite, parce que la vraie dévotion c’est le dévouement au service de Dieu,
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NO IV.—$Sr JE ME PRÉSENTE, ON NE ME RECEVRA PAS.—JE SERAIS DÉPLACÉ AU MILIEU DE TOUS CES FERVENTS CIRÉTIENS,.
Pas le moins du monde.
La Congrégation n’est pasuneréunion d'homnies
parfaits, sans défauts et sans faiblesse, Klle ne
prend nullement vis-à-vis des autres chrétiens. l’uttitude de l’orgueilleux pharisien, se vantint de ses vertus, mais bien plutôt, celle de l’humble publicain, implorant protection et miséricorde. C’est une société d'hommes qui désirent se protéger contre les dangers du monde, et avoir à leur disposition les meilleurs moyens de sanctification : la prière, les sacrements, la protection spéciale de Marie.
Si donc vous avez la bonne volonté de traailler sérieusement 'à votre salut, si vous êtes disposé à vous confesser et à communier tous les mois, à venir aussi souvent que possible à la réunion du dimanche, vous avez aussi les dispositions requises pour être admis dans la Congrégation.
Présentez-vous, on vous recevra avec joie.
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No V.—ME cONFESSER ET COMMUNIER TOUS LES MOIS? C’EST BIEN SOUVENT.
Vous trouvez vous mieux de ne communier qu'une fois où deux fois l’an au plus ? Commettezvous moins de péchés ? Vous relevez-vous plus vos chutes et luttez-vous avec plus de succès contre vos habitudes mauvaises ?
La confession et la communion mensuelle, sont, en effet, les deux grandes obligations du
Acongréganiste. Mais loin d'être pour lui une péni-
tence pénible, elles lui servent, au contraire, de moyens très efficaces pour s'établir peu à peu dans une bonne vie chrétienne.
Sans la confession, comment suivre les affaires de sa conscience ? Comment se relever de chutes qui arrivent si facilement? Comment, surtout, lutter avec avantage contre les mauvaises habitudes de la vie?
Sans la communion fréquente, comment avoir la force de persévérer? de fuir les occasions, de remplir fidèlement les devoirs de son état ? Pour tout cela, il faut le secours de Dieu, la grâce, or, cest principalement la communion qui nous la donne. La parole de N.$. reste vraie pour chaque
id
chrétien. ‘Si vous ne mangez pus la chair du ‘* Fils de l’homme, vous n'aurez point la vie en vous.”
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Inutile pour un homme de songer sérieusement à reformer sa vie tant qu'il ne s'est pas décidé à recevoir souvent les sacrements de Pénitence et d'Eucharistie.
Le Congréganiste l’a compris, et 1l agit en conséquence.
La confession mensuelle lui fera éviter d’ordinaire les péchés graves, ou, s’il a ie malheur d’en commettre, 1l les effacera aussitôt par le repentir. Il s’affermira peu à peu dans ses résolutions. i les première: et les secondes n’ont pas été assez solides, les troisièmes le seront davantage. Enfin: comme le disait saint François-de-Sales, ‘à force “ de se résoudre souvent, on finit par demeurer ‘* tout à fait résolu.”
\e.isez ce quia été dit plus haut des avantages de la confession et de la communion fréquente, et votre difficulté disparaîtra, je l’espère.
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hair du
vie en No VI -—PourQUoI ENTRER DANS LA CONGRÉGA- TION ? LES CONGRÉGANISTES NE VALENT | PAS MIEUX QUE LES AUTRES, | En êtes-vous bien certain ?
sement M Alors, autant vaudrait dire qu'un homme qui ÉCidé à MN jait ses trois repas par jour, n’a pas plus de forces MCE CU que celui qui ne mange qu'une fois, et encore
bien chichement. Autant vaudrait dire qu'un négociant, qui balance ses comptes, chaque semaine ou chaque