‹ PoussièresChapitre 15 sur 25 · CHANSON · texte numérisé non relu

CHANSON

vyuil restons masqués pour le monde!

Il ne vaut pas ce qu'il verrait

Dans notre intimité profonde,

S'il en surprenait le secret !

Il en abuserait, sans doute;

II est si cruel et si bas!

Ma Clara, pour toi je redoute

Ce que, toi, tu ne connais pas!

Toi, tu ne connais de la vie Q.ue ce qu'en a rêvé ton cœur...

Mais moi, Clara, je m'en défie...

Je sais ce qu'elle a de menteur.

Je sais combien font de blessures Les cœurs jaloux aux cœurs heureux...

Nos masques seront nos armures, Masquons-nous, Clara, tu le veux!

Glace tes yeux charmants que j'aime ; Fais mieux, ma Clara I — remplis-les De dédain, de cruauté même...

Ris de moi, je te le permets!

Que jamais on ne puisse dire : a. Voyez! ils se font les yeux douxl Ils ont l'un sur l'autre un empire... » Masquons-nous, Clara, masquons-nous !

Tu n'en seras pas moins charmante.

Et peut-être que tu seras, Fausse, encore plus enivrante, Et que mieux tu m'enivreras 1

Le charme est si grand du mystère 1 Aux fronts blancs sied le masque noir... Mentir, c'est mieux que de se taire; Se savoir, c'est plus que se voir I

Tg^ ^

1 u t'en vas, — ce n'est pas ta faute. Tu le crois ton destin. Il part, et tu le suis... Le cœur navré, dont un jour tu fus l'hôte, Sait trop que ce n'est pas ta faute Et te pardonne si tu fuis 1

Va 1 je sais trop comme s'achève Le rêve que les cœurs épris font ici-bas.

Je sais trop ce que c'est qu'un rêve, Et, fût-il beau, comme il s'achève.

Pour t'en vouloir, — et je ne t'en veux pas !

Mais du moins va-t'en de ma vie !

Puisque tu dois partir, ne reviens plus jamais 1

Laisse-moi l'oublier. Oublie... Et, puisque tu ne m'as rien donné d'une amie,

Emporte avec toi mes regrets!

1 ETE pâle de ma Chimère, Dont j'ai, sans la comprendre, adoré la pâleur. Tu joins donc maintenant à ce premier mystère

Le mystère de ta rougeur!

Le vermillon soudain qui te prend au visage Quand, ce visage aimé, tu le tournes vers moi. Est trop brûlant, trop noir, et roule trop d'orage. Pour être de ton sang, ma Chimère au cœur froid. Aussi bien, le voyant, je me dis et je croi Que c'est mon propre sang qui passe et monte en toi I

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