‹ PoussièresChapitre 3 sur 25 · LE CID · texte numérisé non relu

LE CID

,A Georges Landry.

\J N soir, dans la Sierra, passait Campéador. Sur sa cuirasse d'or le soleil mirait l'or Des derniers flamboiements d'une soirée ardente, Et doublait du héros la splendeur flamboyante. Il n'était qu'or partout, du cimier aux talons. L'or des cuissards froissait l'or des caparaçons; Des rubis grenadins faisaient feu sur son casque; Mais ses yeux en faisaient plus encor sous son masque. Superbe, et de loisir, il allait, sans pareil. Et n'ayant rien à battre il battait le Soleil !

Et les pâtres, penchés aux rampes des montagnes, Se le montraient flambant, au loin, dans les campagnes. Comme une tour de feu, ce grand cavalier d'or. Et disaient : « C'est saint Jacque ou bien Campéador ! » Confondant tous les deux dans une même gloire, L'un pour mieux l'admirer, l'autre pour mieux y croire.

Or, comme il passait là, magnifique et puissant, Et calme, et grave et lent, le radieux passant Entendit dans le creux d'un ravin solitaire Une voix qui semblait, triste, sortir de terre : Et c'était, étendu sur le sol, un lépreux. Une immondice humaine, un monstre, un être afiFreux, Dont l'aspect fit lever tout droit dans la poussière Les deux pieds du cheval, se dressant en arrière. Comme s'il eût compris que les fers de ses pieds S'ils touchaient à cet être en resteraient souillés, Et qu'il ne pourrait plus en essuyer la fange 1

Cependant le héros, dans sa splendeur d'archange, Inclinant son panache éclatant, aperçut

Ce hideux malandrin, sale et vil, le rebut

Du monde; — il lui tendit noblement son aumône

Du haut de son cheval cabré, comme d'un trône,

A ce lépreux impur, contagieux maudit,

Qui la lui demandait au nom de Jésus-Christ.

C'est alors qu'on put voir une chose touchante :

Allongeant vers le Cid sa main pulvérulente.

Le lépreux accroupi se mit sur ses genoux,

Surpris — le repoussé I — de voir un homme doux

Ne pas montrer l'horreur qu'inspirait sa présence

Et ne pas l'écarter du bois dur de sa lance;

Et, touché dans le cœur de voir cette pitié,

Il osa, lui le vil, l'affreux, l'humilié,

Dans un de ces élans plus forts que la nature,

Au gantelet d'acier coller sa bouche impure.

Le malheureux savait qu'il pouvait appuyer. Sans lui donner son mal, sur le brillant acier, Le mouiller de sa lèvre, y traîner son haleine. Lui, qui n'avait jamais baisé de main humaine Et qui donnait la mort d'un seul attouchement. Vautra son front dartreux sur l'acier de ce gant.

Et le Cid le laissa très tranquillement faire; Sans dédain, sans dégoût, sans haine, sans colère, Immobile il restait, le grand Campéador! Que pouvait-il penser sous le grillage d'or De son casque en rubis, quand il vit cette audace ? Quel sentiment passa sous l'or de sa cuirasse? Mais il fixa longtemps le lépreux, — puis, soudain, Il arracha son gant et lui donna sa main.

LE VIEUX GOELAND

1/4 Léon Ostroiuski.

v>'ÉTAiT un fier oiseau, farouche et solitaire, Au bec crochu d'or pâle, aux pieds d'ambre, à l'œil clair, Arraché tout vivant au rocher, son repaire. Aux flots verts, à la nue, aux brisants, au grand air! Ils l'avaient pris dans un de ces jours de tempête Où Satan, sur les mers, déchaîne son Sabbat... Un harpon lui cassa l'aile au lieu de la tète, Et ils en firent un forçat!

l6 POUSSièRES

Dans le fond d'une cour aux quatre angles de pierre, Ils l'avaient interné, ce sauvage reclus. Qui restait toujours l'œil rentré sous sa paupière, Comme un rêveur qui songe à ce qu'il ne voit plus I Ohl lui, qui quand la mer se creusait en abîmes Se plongeait dans sa courbe et remontait au jour. Comme il a dû souffrir, ce fils des pics sublimes, Des pierres plates de sa cour!

Comme il a dû souffrir sur la dalle poudreuse Où son pied se séchait, encor trempé d'éther! Comme il a dû souffrir de cette vie affreuse Faite d'ennui du ciel et d'ennui de la merl Que je l'ai vu de fois, hérissé dans sa plume. Le blême oiseau, — fait pierre aussi par la douleur! Son aile grise était comme un manteau de brume Pendant sur sa morne blancheur...

Il se tenait rigide en cette cour déserte. Mais, lorsque par hasard quelqu'un la traversait. Alors les yeux ouverts, bec ouvert, aile ouverte. Vers le passant l'oiseau tout à coup s'en courait.

De son gosier sortait un cri strident et rauque, Le cri sifflant du vent dans des agrès mouillés, Et fixant ce passant d'un œil féroce et glauque Il voulait lui percer les pieds !

Et si c'étaient les pieds de quelque jeune fille, De ces pieds élégants, au souple brodequin, Qui, sveltes et cambrés, moulés à la cheville. Font craquer en marchant l'agaçant maroquin, Alors... Ohl c'est alors que plus féroce encore Le cruel se jetait sur ces pieds enivrants. Comme si ces doux pieds divins, que l'homme adore. Etaient l'horreur des Goélands 1

Que t'avaient-ils donc fait, ces pauvres pieds de femme. Pour te mettre en fureur rien qu'à les voir passer?... Que te rappelaient-ils?... Le branle de la lame Sur laquelle autrefois tu pouvais te bercer? Mutilé du harpon, aux rancunes cruelles. Tombé des airs, tombé des pics, tombé des mâts! Ils te narguaient, ces pieds, — tu les croyais des ailes.. . Goéland, tu ne révais pasi

l8 POUSSIÈRES

O mon vieux Goéland, ce n'était pas un rêve, Le rêve d'un captif que rend fou la douleur! Vieux pirate échoué sur cette horrible grève. Ces pieds, — ces pieds charmants qui passaient, — ces pieds d'E^ Que l'on prend dans sa main et qu'on met sur son cœur, Mais qui n'y restent pas, légers, prompts, infidèles. Faits pour nous fuir après être venus à nous, O mon vieux Goéland, c'étaient bien là des ailes! Et toi, — tu t'en sentais jaloux!

i\ qui rêves-tu si tu rêve, Front bombé que j'adore et voudrais entr'ouvrir, Entr'ouvrir d'un baiser pénétrant comme un glaive, Pour voir si c'est à moi, — que tu fais tant souflFrirl O front idolâtré, mais fermé, — noir mystère. Plus noir que ces yeux noirs qui font la nuit en moi. Et dont le sombre feu nourrit et désespère

L'amour affreux que j'ai pour toi 1

Je n'ai su jamais si tu pense, Si tu sens, — si ton cœur bat comme un autre cœur, Et s'il est quelque chose au fond de ton silence Obstinément gardé, cruellement boudeur!

Non 1 je n'ai jamais su s'il était dans ton âme Une place où plus tard pût naître un sentiment; Ou si tu dois rester une enfant, quoique femme :

Une enfant! pas même! — un néant!

Un néant qui semble la vie. Mais qui fait tout oser aux cœurs comme le mien ! Car l'être inanimé qu'on aime nous défie. On brûlerait le marbre en l'aimant! — Mais le rien ! ! Le rien vêtu d'un corps*

* Vers inachevés, retrouvés, ainsi que les suivants, dans un très ancien cahier de jeunesse.

L'ÉBOUCLEZ-LES, VOS loDgs cheveux de soie, Passez vos mains sur leurs touffes d'anneaux, Qui réunis empêchent qu'on ne voie Vos longs cils bruns qui font vos yeux si beaux 1 Lissez-les bien, puisque toutes pareilles Négligemment deux boucles retombant Roulent autour de vos blanches oreilles, Comme autrefois, quand vous étiez enfant.

Quand vos seize ans ne vous avaient quittée Pour s'en aller où tous nos ans s'en vont, En nous laissant, dans la vie attristée, Un cœur usé plus vite que le front!

Ah! c'est alors que je vous imagine Vous jetant toute aux bras de l'avenir. Sans larme aux yeux et rien dans la poitrine.. Rien qui vous fît pleurer ou souvenir!

Ah! de ce temps montrez-moi quelque chose En vous coiflFant comme alors vous étiez; Que je vous voie ainsi, que je repose Sur vos seize ans mes yeux de pleurs mouillés.

v/ H ! les yeux adorés ne sont pas ceux qui virent Qu'on les aimait, — alors qu'on en mourait tout bas ! Les rêves les plus doux ne sont pas ceux que firent Deux êtres, cœur à cœur et les bras dans les bras! Les bonheurs les plus chers à notre âme assouvie Ne sont pas ceux qu'on pleure après qu'ils sont partis ; Mais les plus beaux amours que l'on eut dans la vie Du cœur ne sont jamais sortis I

24 POOSSiiRES

Ils sont là, vivent là, durent là. — Les années Tombent sur eux en vain. On les croit disparus, Perdus, anéantis, au fond des destinées 1... Et le destin, c'est eux, qui semblaient n'être plus! On a dix fois aimé depuis eux. — La jeunesse A coulé, fastueuse et brûlante, — et le Temps Amène, un soir d'hiver, par la main, la vieillesse, Qui nous prend, elle! par les flancs!

Mais ces flancs terrassés qu'on croyait sans blessure En ont une depuis qu'ils respirent, hélas ! D'un trait mal appuyé légère égratignure, Qui n'a jamais guéri, mais qui ne saignait pas!... Ce n'était rien, — le pli de ces premières roses Qu'on s'écrase au printemps sur le cœur, quand il bout. Ah ! dans ce cœur combien il a passé de choses ! Mais ce rien resté... c'était tout!

On n'en parlait jamais... Jamais, jamais personne N'a su que sous un pli de nos cœurs se cachait, Comme une cantharide au fond d'une anémone, Un sentiment sans nom que rien n'en détachait!

Ce n'était pas l'amour exprimé qui s'achève Dans des bras qu'on adore et qu'on hait tour à tour... Ce n'était pas l'amour, ce n'en était qu'un rêve... Mais c'était bien mieux que l'amour 1

Et sous tous ces amours qui fleurissent la vie, Et sous tous les bonheurs qui peuvent l'enivrer, Nous avons retrouvé toujours cette folie, A laquelle le cœur n'a rien à comparer! Et nous avons subi partout l'étrange empire De ce rêve tenace, — et vague, — mais vainqueur, Et jusque dans tes bras, Clara, ce doux vampire Est venu s'asseoir sur mon cœur.

Tu ne devinas pas ce que j'avais dans l'âme... Tu faisais à mon front couronne de ton bras, Et de ton autre main qui me versait sa flamme Tu me tâtais ce cœur où, toi, tu n'étais pasi Tu cherchais à t'y voir, chère fille égarée, Tu disais : « Tu te tais, monbien-aimé; qu'as-tu?... » Je n'avais rien, Clara, — mais, ma pauvre adorée. C'est ce rien-là que j'avais vu !

Il se levait tout droit, ce rien, dans ma pensée. Ce n'était qu'un fantôme, un visage incertain... Mais des chers souvenirs de notre àme abusée Le plus fort, c'est toujours, toujours le plus lointain 1 Perspective du cœur ardent qui se dévore, Le passé reculant brille plus à nos yeux... Et le jour le plus beau n'est qu'un spectre d'aurore, Qui revient rôder dans les cieusl

Et toi, tu l'as été, ce spectre d'une aurore. Dont le rayon pour moi ne s'éteignit jamais! Mais toi, jour de mes yeux, ma Clara que j'adore. Tu n'as pas effacé cette autre que j'aimais!... Une étoile planant sur les mers débordées Se mire dans leurs flots et rit de leurs combats... Combien donc nous faut-il de femmes possédées Pour valoir celle qu'on n'eut pas?...

« V/n ! pourquoi vo^-ager? » as-tu dit. C'est que l'àme Se prend de longs ennuis et partout et toujours ; C'est qu'il est un désir, ardent comme une flamme, Qui, nos amours éteints, survit à nos amours! C'est qu'on est mal ici ! — Comme les hirondelles, Un vague instinct d'aller nous dévore à mourir; C'est qu'à nos cœurs, mon Dieu 1 vous avez mis des ailes. Voilà pourquoi je veux partir 1

C'est que le cœur hennit en pensant aux voyages, Plus fort que le coursier qui sellé nous attend; C'est qu'il est dans le nom des plus lointains rivages Des charmes sans pareils pour celui qui l'entend ; Irrésistible appel, ranz des vaches pour l'âme Qui cherche son pays perdu — dans l'avenir; C'est fier comme un clairon, doux comme un chant de femme. Voilà pourquoi je veux partir 1

C'est que toi, pauvre enfant, et si jeune et si belle. Qui vivais près de nous et couchais sur nos cœurs. Tu n'as pas su dompter cette force rebelle Qui nous jeta vers toi pour nous pousser ailleurs I Tu n'as plus de mystère au fond de ton sourire, Nous le connaissons trop pour jamais revenir; La chaîne des baisers se rompt, — l'amour expire... Voilà pourquoi je veux partir 1

En vain, tout en pleurant, la femme qui nous aime Viendrait à notre épaule agrafer nos manteaux. Nous resterions glacés à cet instant suprême; A trop couler pour nous des pleurs ne sont plus beaux.

Nous n'entendrions plus cette voix qui répète : « Ohl pourquoi voyager? » dans un tendre soupir, Et nous dirions adieu sans retourner la tête. Voilà pourquoi je veux partir!

Ohl ne m'accuse pas; accuse la nature, Accuse Dieu plutôt, — mais ne m'accuse pas! Est-ce ma faute, à moi, si dans la vie obscure Mes yeux ont soif de jour, mes pieds ont soif de pas? Si je n'ai pu rester à languir sur ta couche, Si tes bras m'étouffaient sans me faire mourir. S'il me fallait plus d'air qu'il n'en peut dans ta bouche.. Voilà pourquoi je veux partir!

Pourquoi ne pouvais-tu suffire à ma pensée? Et tes yeux n'être plus que mes seuls horizons? Pourquoi ne pas cacher ma tête reposée Sous les abris d'or pur de tes longs cheveux blonds? Comme la jeune épouse endormie à l'aurore, La fleur d'amour, comme elle, au soir va se rouvrir... Mais si l'amour n'est plus, pourquoi de l'âme encore? Voilà pourquoi je veux partir!

Tu ne la connais pas, cette vie ennuyée, Lasse de pendre au mât, avide d'ouragan. Toi, tu restes toujours, sur ton coude appuyée, A voir stagner la tienne ainsi qu'un bel étang. Restes-yl Mon amour fut l'ombre d'un nuage Sur l'étang ; — le soleil y reviendra frémir ! Tu ne garderas pas trace de mon passage... VoiI.i pourquoi je veux partir!

O coupe de vermeil où j'ai puisé la vie, Je ne t'emporte pas dans mon sein tout glacé! Reste derrière moi, reste à demi remplie, Offrande à l'avenir et débris du passé. Je peux boire à présent, sans que trop il m'en coûte, Un breuvage moins doux et moins prompt à tarir. Dans le creux de mes mains, aux fossés de la route... Voilà pourquoi je veux partir!

Mais, si c'est t'offenser que partir, oh 1 pardonne ; Quoique de ces douleurs dont tu n'eus point ta part Rien, hélas! (et pourtant autrefois tu fus bonne!) Ne saurait racheter le crime du départ.

Pourquoi t'associerais-je à mon triste voyage? Lorsque tu le pourrais, oserais-tu venir? Plus sombre que Lara, je n'aurai point de page... Voilà pourquoi je veux partir!

Et qu'importe un pardon ! — Innocent ou coupable. On n'est jamais fidèle ou parjure à moitié ; Le cœur, sans être dur, demeure inébranlable. Et l'oubli lui vaut mieux qu'une vaine pitié. Ah ! l'oubli I quel repos quand notre âme est lassée ! Endors-toi dans ses bras, sans rêver ni souffrir... Je ne veux rien de toi... pas même une pensée! Voilà pourquoi je veux partir!

Car il est, tu le sais, ô femme abandonnée, Un voyageur plus vieux, plus sans pitié que moi. Et ce n'est pas un jour, quelques mois, une année, Mais c'est tout qu'il doit prendre, aux autres comme à toi ! Tel que des épis d'or sciés d'un bras avide, 11 prend beauté, bonheur, et jusqu'au souvenir. Fait sa gerbe et s'en va du champ qu'il laisse aride... Voilà pourquoi je veux partir!

Oui 1 partiT avant lui, partir avant qu'il vienne ! Te laisser belle encor sous tes pleurs répandus, Ne pas chercher ta main qui froidit dans la mienne, Et, sous un front terni, tes yeux, astres perdus 1 N'eût-on que le respect de celle qui fut belle Il faudrait s'épargner de la voir se flétrir. Puisque Dieu ne veut pas qu'elle soit immortelle 1 Voilà pourquoi je veux partir!

Dl tu pleures jamais, que ce soit en silence; Si l'on te voit pleurer, essuie au moins tes pleurs! Car tu ne peux trouver au fond de ta souffrance Le calme fier qui naît des injustes douleurs.

Non! tu ne le peux pas. Si ta vie est brisée, Qui me brisa le cœur où tu vivais? Dis-moi, Dis-moi qui l'a voulu, si je t'ai délaissée? Tes pleurs amers et vains n'accuseraient que toi!

Les femmes sont ainsi. Q.ue je t'eusse trahie, Tu reviendrais m'offrir à genoux mon pardon ! — Si tu m'aimais, pourquoi cette triste folie D'implorer de l'amour la fuite et l'abandon?

Mon orgueil t'obéit sans risquer un murmure. A ce monde sans cœur je cache mes regrets; Sous un dédain léger je voile ma torture, Et si bien — que toi-même aussi t'y tromperais 1

Et tu m'aimas pourtant! Amour triste et rapide, Ne me semblait-il pas le plus profond des deux? Sans moi de quel bonheur étais-tu donc avide, Puisque avec moi jamais tu n'avais l'air heureux?

Mais à présent sans moi plus heureuse, j'espère. Si tu penses parfois à celui qui t'aimait, Ne te repens-tu pas d'avoir fait un mystère Du mal que tu cachais et qui l'inquiétait?

Et si tu t'en repens cache-le dans ton âme. Tout n'est-il pas, hélas 1 entre nous consommé?... O toi qui n'eus jamais l'abandon d'une femme, Reste ce que tu fus, ô blond Sphinx trop aimé!

v/ H 1 comme tu vieillis ! tu n'en es pas moins belle ; Ton front au poids des ans refuse de fléchir. La rose de ta lèvre est peut-être éternelle, Puisque pleurs ni baisers, rien n'a pu la flétrir 1 Ohl comme tu vieillis! Je te retrouve toute, Comme autrefois, — après deux ans d'amour cueillis 1 Mais sur ce coeur à toi ton cœur frissonne et doute... Pauvre enfant, comme tu vieillis!

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