Sénèque, Qaesl.Nat., VI, 1. Tac, Ann., Il, 47 ; IV
3. O. Jahn dans les Berichte der kônigl. sachs. Gesellsch. der Wissensch., III (1851), p. 123, tav. II B.
LES ORIEM'AUX A POUZZOLES
un autre, imité du précédent, dans la ville d'Italie où ils commerçaient : Pouzzoles Qui avait élevé le monument de Rome? Les municipalités sans doute. A Pouzzoles, ce sont les Augustales, dont la plupart devaient être des Asiatiques, qui firent la dédicace. Les relations qui unissaient Pouzzoles et l'Asie, le développement pris dans cette ville par le culte des empereurs, l'érection d'un monument à Tibère par les Augustales, sont des faits qui s'expliquent et se commentent
FiG. 2
Base des cités asiatiques (un des côtés).
les uns les autres. Plus tard, nous ne savons à quelle époque, le monument fut détruit ou très endommagé, et la curie de Pouzzoles le fit rétablir 2.
Éphèse et Kibyra, qui ne figuraient pas parmi les statues de Rome, étaient représentées sur la base de Pouzzoles 3.
1. Une imitation, non une copie exacte. A Rome, la statue de l'empereur était entourée par les statues des villes d'Asie ; à Pouzzoles, les villes sont représentées en bas-relief sur une base. Peut-être la statue, supportée par cette base, n'était-elle pas non plus une reproduction exacte de celle de Rome (O. Jahn, ar<. cit., p. 126).
3. La statue fut élevé à Rome en l'an 20 (O. Jahn, l. c). Or, parmi lés
POUZZOLES A l'époque ROMAINE
Inscription panhellénique de Kihyra. — L'inscription suivante provient de Pouzzoles.
« A la Bonne Fortune. Zeus Libérateur.
« La cité de Kibyra, colonie des Lacédémoniens, unie à « Athènes par la race, amie des Romains, faisant partie de « la confédération nationale de la Grèce, étant au nombre « des villes les plus illustres et les plus grandes de l'Asie, « tant à cause de son orig-ine hellénique que pour son antique « amitié à l'égard des Romains, et aussi en raison des marques
FiG. 3
Base des cités asiatiques (revers).
« d'honneur qu'elle a reçues du dieu Hadrien, a consacré à la « [Hellas? ... conformément au] décret du Panhellenion, après « avoir été admise parmi les Panhellènes » K
villes détruites par le tremblement de terre de l'an 17, Tacite cite toutes les villes qui figurent sur la base de Pouzzoles, sauf Éphése et Kibyra Kibyra ne fut ravagée qu'en l'an 23 {Ann., IV, 13). Sur la base de Pouzzoles élevée en l'an 30, Ephèse et Kibyra firent ajouter leurs effigies. 1. Kaibel, 829. =z Inscript, graec. ad res romanas pertinentes, n° 418
LES ORIENTAUX A POUZZOLES
Cette inscription est malheureusement incomplète et mutilée, de sorte qu'il est difficile de savoir à qui était consacrée l'offrande de Kibyra, et en quoi elle consistait. Le texte grec porte : àv£6Y]xs x^i ['EXXàSi? xaxà 10 ob]\y\>.ot, t[ou] riaveXXr)v'ou èvYpa[?sî(7a etç tojç IlavsXXYjva;. L'article i^i prouve qu'il faut restituer un mot féminin. Or nous verrons tout à l'heure qu'un trophée a été élevé par les Grecs de Pouzzoles à la Grèce, zfi 'EXXâSi; il est fort possible qu'il faille rétablir ici 'EXXàât et traduire : a consacré à la Grèce ou : en l'honneur de la Grèce. Ensuite nous restituons xa-cà ib Soyi^-a. On obtient ainsi une ligne de 36 lettres, ce qui est fort admissible, puisque la seconde ligne de l'inscription en a 38, la quatrième 36, et la cinquième 33. Je ne crois pas qu'on doive restituer -b SÔYixa, ce qui donnerait à penser que l'objet consacré était un décret du Panhellenion (peut-être celui par lequel la ville de Kibyra avait été admise dans la confédération nationale, comme le laissent supposer les derniers mots, suivant la très vraisemblable conjecture de M. Dittenberger). Avéôr^xs en effet n'a pas besoin de régime; le régime était sous les yeux de celui qui lisait l'inscription : a consacré (le présent monument).
Quoi qu'il en soit, pourquoi cette inscription était-elle à Pouzzoles? Kaibel n'en comprend pas la raison. Je crois qu'on peut la deviner. L'inscription de Pouzzoles n'était pas le texte original, lequel se trouvait soit à Kibyra, soit à Athènes, siège de la confédération hellénique, mais une copie que des marchands panhellènes avaient placée dans leur schola. Tout ce qui avait trait aux événements tristes ou joyeux de leurs patries lointaines intéressait les négociants habitant l'Italie. Leurs corporations étaient comme autant de petites réductions de la patrie ; de même qu'ils se groupaient autour de leurs dieux, de même ils conservaient des documents ou des actes qui leur rappelaient la cité. C'est ce que nous révèle l'inscription de Pouzzoles ; comme elle rela-
vi'tov 7.al] I (juYY£v!ç 'A6r)vaîcov xal cp'.[Xop(.i[jiaio; y.al] | aù-ur; xou -/.o'voS tt^ 'EXXàSo; [èv tatç [xûéXiaia] || èvSdÇoi? ouaa vtal [i.£yaXaiç 'Aata; tîoXe]! aiv
8tâ TE xô ye'vo; 'ëXXtivi[/.Ôv /.al 8ià -r7]v] | Tipôç Tu)[xatoui; èx TiaXaiou çi [Xîav y.at £'jvot]iav xai 8ià xô £ÙÇfia6at x£tij.a?[ç \>.iyâXa,iç, ûnà] | ©soOi 'ASpiavou àv£8T]X£ x^i[?..xaxà xô 5d] || Y[J.a x[ou]nav£XXT]vi'ou èvYpa[. ..?....]. J'ai reproduit les conjectures (1.2, 3) du recueil de l'Acad. des Inscript., d'après Wilhelm et Drexler. M. Dittenberger (op. cit., n" 497) propose èvypa[cp£iaa Et; xoj; riavs'X- Xrjvaî].
POUZZOLES A l'époque ROMAINE
lait un fait important pour Kibyra, les marchands originaires de cette ville en avaient fait prendre et en gardaient un exemplaire.
Trophée consacré a la Grèce. — Il faut expliquer de même, à mon avis, la présence à Pouzzoles d'un bas-relief représentant deux caryatides, qui soutiennent une frise où sont gravés
Fig'4.
Trophée consacré à la Grèce.
les mots iTvj 'EXXâSi To xpoTuaTov lataGï) ; entre les caryatides, une femme, mélancoliquement assise^ penche la tête. On sait que, chaque année, à Athènes, les panhellènes offraient un sacrifice à Zeus Libérateur, en souvenir des Grecs morts pendant les guerres médiques ; ces grands souvenirs de la délivrance animaient encore la nouvelle Grèce ; des trophées à la Hellas symbolisaient ses victoires. Le bas-relief de Pouzzoles est un travail de l'époque des Antonins, très certainement la copie d'une œuvre plus considérable ^ L'original, qui était peutêtre à Athènes, y avait été consacré soit par le Panhellenion, soit par une ville faisant partie de la confédération ; l'imitation que nous en avons avait été placée à Pouzzoles par des négociants grecs.
1. Gerhardt et Panofka, Antik. Bildw. in Neapel, I, p. 132, n" 497.
LÉS ORIENTAUX A POUZZOLES
Hadrien avait créé le panhelléaisme ; il était adoré à Athènes et considéré comme « le dieu vivant, fondateur de la nouvelle Grèce ^ ». Le grand nombre des commerçants grecs de Pouzzoles explique l'éclat que son culte semble avoir eu dans cette ville, et la célébrité des jeux qu'on j avait institués en son honneur.
Inscriptions des gens originaires d'Asie Mineure. — Korykosl — a) AïoooTto My)voootou Ka)pu/,twTY; 'Tyzvfoq ulwvw
b) 'EvEiTcla Sxy,£p3o)Toç vaÛ7.X'r)pov Kwp'jxiwTYjv èxwv x^' ^•
c) 0£(oiç SaifxotJtv Kâaxopoç BAaaxou Ka)pux£(i)T[wv] ^.
d) yieCkio^ riovTirjtou KwpuxKorrjÇ vaûxÀYjpoç ^.
Nicomédie. — e) Sso'j-zjpiavbç 'A(jx>vY]7:'.6So-o<; Y[X]u*/.uTâTY; (Tui^iup A'jp(Y]}a'a) tï>Xaouia 'Appia N£txo[XY)otaa-Y; li.vi^[J/r^ç x^piv i;Y;[(Tac7rJ £t(y)) u' ^
f) ['E]7ïixpa[r/)ç] 'ETCtxpàTOu; Nixoij.ï]0£Ù;, Çv^aa? sr^ Xai'-
g) Inscription trouvée à Nicomédie : A=ïo; A$(oj C'^aaç cxyj x-/)', TsXeuTv^aaç èv FIotiwXoiç. Xaïps ^.
h) D. M. Asclepiodote Cymodori filiae Nicomedisse vix. ann. vix frater bene m. f
i) Pergé (Pamphylie). — AùpYjXioç «î>tAoxupioç IlepYaTcç A'jp(-/)Xi'w) 'AvTiôxw riepyaîw YX[u]xu-aTa) à7r£X£u6[£]p[w] ixvYîfAYjç ^dcptv^^.
j) Éphèse. — ©(eoîç) x(aTa7^6ovi'oiç) Ko(fvToç) KaXTCOupv(ioç) 'Pou<poç 'E(E£(t(ioç) Ko({vt(i)) K(aXTCO'jpvi'a)) Bpyovxt à-£(X£'j6£pa))l^
Cet homme est peut-être de la même famille qu'un L. Calpurnius Rufus, scribe de la flotte de Misène, (c hic Epheso in munere missus ».