Id., Mém., p
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antiquaires, Guasco et labbé de Saint-Non, virent une rosace, pierre forée recouvrant un canal par où s'écoulaient les eaux pluviales K A l'époque de Caristie, cette particularité n'était plus visible ; il s'en rapporte lui-même sur ce point aux témoignages antérieurs. Au centre du plateau il y avait un socle en marbre, de forme octogonale, dont Caristie releva les traces. Par des ouvertures pratiquées dans le socle, les eaux s'écoulaient jusqu a la pierre forée
Cour et portique. — Autour de la plate-forme centrale s'étendait une cour carrée, pavée entièrement de dalles de marbre, et ceinte d'un portique. Celui-ci, composé de colonnes de cipoUin et de granit gris (hauteur du fût: G^", 11 ; diamètre à la base: 0'",80), comprenait sur chaque côté 9 colonnes, c'està-dire, en tout 36 3. Un certain nombre de fragments, qui appartiennent à l'ordre du portique autour de la cour, ont été retrouvés ; ils fournissent les éléments suffisants d'une reconstitution possible. Caristie donne les dessins de deux fûts de colonnes cassés, de diverses bases, d'un chapiteau, de fragments de l'architrave et de la frise, d'un fragment de la corniche présentant un angle saillant Des fragments de l'ordre de l'atrium sont visibles encore dans le monument, par exemple des morceaux de colonnes, de chapiteaux, du soflite de l'architrave. Un autre soffite, qui est semblable au précédent et qui, par conséquent, appartenait sans aucun doute au macellum de Pouzzoles, tait aujourd'hui partie de la platebande de la porte d'entrée principale de la cathédrale de
1. Saint-Non, Voyiuje pittoresque, II, p. 195. — Guasco, cité par Caristie, l c. — Cette pierre forée est également très visible sur la gravure du recueil de Paoli.
2. Caristie, Mém., l. c. — Selon Caristie, ce socle aurait été un autel. Cf. aussi Palatino, Stor. di Pozz., p. 214 : « Nel centro del tempiello, e sulF ara niaggiore délia quale pur ora si osservano i segni sul pavimcnto ».
3. Les bases des colonnes de l'atrium (larg. en bas : 1"", 148 ; haut. 0"", 40) n'avaient, à la dilTérence de celles du plateau circulaire, aucune décoration sculptée. — Devant ces colonnes, il y avait un nombre égal de piédestaux supportant des statues, Caristie, Mèm., p. 9.
4. /îesL, dessin XVI, fig. 1, 2: fragment de l'architrave. Décor végétal stylisé. Dessin VII : détails de l'entablement du premier ordre autour de l'atrium, fig. 1, 2, 3, 4 : fragment retrouvé de la corniche, grâce auquel Caristie propose une restauration d'ensemble de cette corniche (Dessin VIII, fig. 1), dont le style apparaît assez dift'érent de celui de la corniche du plateau circulaire. Le décor ornemental proprement dit y prédomine, comme le fait remarquer Caristie; le décor végétal est beaucoup plus discret, et beaucoup plus géométrisé.
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Salerne K II représente une sorte de candélabre du fond duquel
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Plan général du macellum, d'après Garistie (état actuel).
sortent divers ornements végétaux, feuillages stylisés, fruits arrondis, au milieu desquels sont symétriquement disposés
1. Ce fragment a été transporté à Salerne au moyen âge. " Le linteau de la porte principale de la cathédrale de Salerne est un morceau entier de
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des chiens dont on voit seulement la tête et la moitié antérieure du corps. Les chapiteaux, de style corinthien, portaient sur chaque face une coquille marine contenant un petit dauphin ^.
Le style général de l'entablement diffère de celui de la colonnade circulaire et de celui du g-rand ordre devant la cella. Selon l'appréciation de Caristie, il leur est supérieur et est d'une meilleure époque. Il est plus pur, plus sévère et, comme exécution, plus soigné que celui de la colonnade circulaire ; les motifs géométriques y contrebalançent davantage l'emploi du décor végétal. Celui-ci même y est stylisé autrement que dans l'entablement du grand ordre devant la cella ; l'emploi des larges volutes et des rosaces végétales, qui apparaît dans ce dernier, en est banni. Ces inductions, tirées du style et de l'art, suffiraient à indiquer que le portique autour de la cour n'appartient à la même époque ni que la colonnade circulaire ni que l'entablement devant la cella. Mais d'autres indices portent aussi à croire que le portique autour de la cour est d'une époque antérieure à l'établissement des quatre grandes colonnes devant la cella et de l'entablement qu'elles soutenaient.
Ces colonnes sont celles qui ont été attaquées par les lithophages, et dont trois sont encore en place. Elles sont en marbre cipollin ; le fût, haut de 11'", 780, a en bas un diamètre de 1",49 ^. — Elles constituent le frontispice de la cella; or, à droite et à gauche de ce frontispice, les entrecolonnements du portique sont irréguliers, comme on peut s'en rendre compte par un coup d'œil jeté sur le plan. Primitivement ils
Tarchitrave du premier ordre autour de l'atrium ; et quelques-unes des colonnes employées à la construction de réglise Saint-Jérôme à Naples semblent avoir appartenu à l'édifice de Pouzzoles ». Caristie croit aussi que des chapiteaux de la cathédrale de Pise proviennent du monument de Pouzzoles. ifém., p. 17. Rest., dessin VII, fig. 6 : solfite transporté à Salerne. Fig. 4, 5 : soffite subsistant à Pouzzoles.
La décoration du soffîte de l'architrave (fragment de Pouzzoles) coinprend : une bande unie (0™, liô]; une bande très étroite (0"*, 065) décorée de larges feuilles; enfin la décoration centrale (O"', 155) : d'une urne cannelée et ornée de palmettes sort une frise de feuilles, de fruits, de tiges flexibles. De ce décor végétal émergent, à mi-corps, des chiens tournés vers la gauche, le museau tendu, dans l'attitude de la course. Au cou des chiens, un collier.
1. Rest., dessin VIII, fig. 3. Larg. du chapiteau, en bas: 0", 680 ; haut.: 0", 910.
2. Les bases de ces colonnes (diam. : 2", 07) n'ont, pas plus que celles du portique autour de la cour, de décoration ornementale.
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étaient réguliers, et le frontispice n'existait pas. Les entrecolonnements du portique sur l'un quelconque des côtés de la cour sont au nombre de sept et parfaitement réguliers, sauf ceux du côté nord, dont l'irrégularité provient de ce qu'un
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Les trois grandes colonnes du frontispice de la cella.
changement fut apporté à cette partie de l'édifice, afin de rendre plus majestueuse la façade de la cella. Ce qui confirme cette hypothèse de Caristie, c'est, selon lui, le caractère architectural du frontispice de la cella, différent de celui du portique de la cour, ce dernier ayant sa corniche ornée de modillons, et offrant un arrangement différent dans le détail des ornements et plus de pureté dans l'exécution. En outre, un fragment de corniche, dessiné par Caristie (dessin n° VII), n'a pu appartenir, comme il le fait justement remarquer, qu'à
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la corniche du portique de la cour; il était à l'ang-le de ce de ce portique, au-dessus des deux colonnes à droite et à g-auche du frontispice : il présente en effet un angle saillant, tandis que le portique autour de la cour, n'ayant aucun avantcorps, ne présentait que des angles rentrants. Son aspect enfin dénote que le profil a été retourné d'équerre, postérieurement à l'époque de l'exécution de la face de cette corniche, du
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Plan général du macellum, d'après Caristie (restauration).
côté de la cour, parce que la face en retour offre dans le travail des particularités qui la font différer un peu de la première ^.
1. Caristie, Méin., p. 45. Caristie ne nous dit pas d'ailleurs" en quoi, selon lui, consistaient ces particularités de l'e.xécution.
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Pour toutes ces raisons, il faut admettre avec Caristie qu'une modification fut apportée sur le côté nord de la cour, quand on voulut établir le frontispice de la cella. On diminua la largeur des entrecolonnements à droite et à gauche, au portique de la cour, et on retourna d equerre l'entablement pour l'appuyer sur le mur du fond. Caristie, sur le détail A de son dessin n° VII, a représenté la disposition primitive du portique du côté nord, sur le détail B la disposition actuelle par suite de l'établissement du frontispice ^.
Devant la colonnade du portique était creusée dans le pavé de la cour une rigole pour l'écoulement des eaux de pluie 2, et devant les colonnes étaient placés des piédestaux qui supportaient des statues, et où étaient gravées des inscriptions ^ Entre les colonnes étaient des barrières de marbre à clairevoie, dont on a retrouvé des fragments, et dont on a constaté aussi en divers endroits les traces sur le pavé ; sur plusieurs fragments de fûts, les traces d'attache de ces cloisons étaient également visibles i- i
Sur le pavage de la cour, en avant des deux escahers du plateau circulaire situés sur l'axe longitudinal de l'édifice, étaient scellés deux gros anneaux de bronze \
1 Id Mém p 46. Rest., dessin XXVI, n" 1 (plan supposé de l'édifice avant la modification apportée au côté nord du péristyle de la cour par l'addition du frontispice de la cella). Ainsi, d'après ce que nous venons de voir, U conviendrait de distinguer dans le monument des constructions de trois époques : 1" début de l'Empire : corps principal, chambres, cella, portique autour de la cour. Style de l'entablement pins pur et plus severe que dans les autres parties de l'édifice, prédominance du décor géométrique ; 2" adjonction postérieure, au côté nord du portique, du frontispice de la cella avec les quatre grandes colonnes. Style différent de l'entablement : enroulements de larges volutes végétales. Caristie attribue cette adjonction a époque des Antonins • 3° construction de la colonnade ciix^ulaire, que Caristie attribue a une époque où le style commençait à décroître. Il propose le temps des
^ 2. Très visible sur la gravure de Paoli. - Caristie, Rest., dessin XXXI. G. (larsr. 0"°, 25 ; prof. 0"», 25):
3 A l'époque de Caristie, quatre de ces bases étaient encore en place devant les quatre grandes colonnes de la cella. Trois autres, sur le pourtour de la cour, sont indiquées sur le plan qu'il donne de 1 état actuel. Ces piédestaux étaient, selon Caristie, d'une assez basse époque. Trois d entre eux portaient des dédicaces aux empereurs Septime et Alexandre Severe (devant les grandes colonnes); CIL., X, 1652, 1653, 1654.
4 /îesf., VIII ; fig. 4, 5. — Hauteur des cloisons: 1-, 10. Les fragments retrouvés ont permis à Caristie d'en restaurer le dessin.
5 Diam : O'" 140. — Voir aussi Di lorio, Giiid. di Poss., p. 30.
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Cella. — Grâce aux frag-ments retrouvés (fragments de l'architrave, des fûts des trois autres colonnes, de la corniche, de la cimaise de la corniche, plusieurs parties de la corniche rampante du fronton, un fragment de chapiteau), Caristie donne (dessin n» VI), en tenant compte de la hauteur de l'entablement par rapport à celle des colonnes, une très intéressante restauration de cet ensemble d'entablement et du fronton qui le couronnait K
Le seuil de la cella était constitué, aux deux coins, par deux pilastres, dont on a retrouvé en place les bases ainsi que le revêtement en marbre cipollin, et au centre par deux colonnes en marbre cipollin, dont les fûts brisés ont été également retrouvés Entre les pilastres et les colonnes, le carrelage portait la trace de cloisons en marbre ; il n'en était pas de même dans l'entrecolonnement du milieu qui était libre ^.
La largeur de la cella est, sur le devant, de près de ]À'^,i3Ù ; au fond, elle forme un hémicycle; dans les murs sont creusées trois niches, deux sur les côtés, une au centre ^. Cette dernière était précédée d'un escaher de trois marches, et surmontée d'un fronton qui reposait sur deux colonnes de ■granit placées de chaque côté, dont on a retrouvé les fragments de fûts ainsi que les bases en marbre blanc 5.
1. Caristie, Rest., dessin V : fragments de la cimaise supérieure de la corniche rampante du fronton, fig. 2, 3 ; dessin VI, fig. 4; fig. 2, n" 2; dessin V, %. 5, 6, 7 : fragments de la cimaise de la corniche ; fig. 8 : fragment de l'entablement au-dessus de la frise; fig. 9, 10, 11 : fragments de l'architrave.
Canstie, d'après tous ces fragments, propose une restauration générale de l'entablement du grand oi-dre de la cella : dessin VI, fig. 1 ; dessin XXVII. L'ornementation ne diffère pas sensiblement de celle de l'entablement du portique autour de la cour ; ce sont les mêmes motifs de décor végétal, d'oves, de denticules, etc.. Toutefois la bande supérieure de la cimaise rampante de la corniche est constituée par un décoj^ végétal de larges volutes, de rosaces, d'enroulements de feuilles et de tiges, particulier à l'entablement du grand ordre de la cella.
Chapiteaux du grand ordre : dessin XVI, n" 2, fig. 5 : fragment de chapiteau corinthien (h. 0™. 280).
Ch. Garnier a donné aussi une étude de restauration du fronton de la cella.
2. Caristie, Mém., p. 8. Rest., dessin XXII, fig. 2. Colonnes de même diamètre que les grandes colonnes dvt frontispice.
3. Caristie, Mém., p. 41. - Di lorio, Tempio di Serapide, p. 76. L'entrecolonnement du milieu se fermait peut-être au moyen d'un voile (cf. un fragment de peinture antique reproduit par Caristie, Rest., dessin XIVL).
4. Niche du fond : prof, l-, 75; larg. S-, 54. — Niches latérales : lar^. 2- 30 • prof. 0°>, 745. D > ,
5. Haut, des colonnes: 4°-, 720. Diam. à la base: 0", 585. — Larg. de la
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Le pave de la cella était plus riche que celui du reste de l'édifice ; au lieu d'être simplement en dalles de marbre blanc, il était en marbres rouges, jaunes, verts et violets, dessmant
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Salle d'angle de lest (d'après Caristie) .
un décor géométrique de ronds, de carrés et de losanges K La cella était voûtée, et les murs revêtus de marbres variés ~. C'est derrière la cella que l'eau arrivait dans 1 édifice par
base en marbre blanc: 0-, 860; haut. 0'", 3 40. — Caristie, Resi., dessin IX, fig. 12, 13, 14 : essai de restauration de la grande niche.