‹ Pouzzoles antique (histoire et topographie)Chapitre 258 sur 341 · Caristie, Mém., p. 8. Ruggiero, Sctivi, p · texte numérisé non relu

Caristie, Mém., p. 8. Ruggiero, Sctivi, p

2. Niccolini, Descrizione délia gran terma Puteolana. Rapporta diretio a Monsignor Rosini (1827 ; publié en 1829). — Di Fazio [Intorno al miglior sistema di coslruzione dei parti, p. 109-110) parle aussi d'un canal « récemment découvert, inférieur de beaucoup de palmes au niveau de la basse mer, et par où s'écoulaient jadis les eaux du monument ». — Il convient également de rappeler qu'on a retrouvé dans le monument des conduits de plomb portant le nom de l'empereur Sévère (C / L., X, 1899. Gori. Lettre du 8 septembre 1750). On trouve aussi dans un document de l'année 1756 l'indication de « 2 cannoli di bronzo che stanno in quel canale che gira attorno {?) » (Ruggiero, Scavi, p. 118).

3. Di lorio, Temp. di Serap., p. 75. « Les murs extérieurs du temple étaient revêtus de compartiments de stucs, dont j'ai observé les restes encore intacts, quand on fouilla du côté est ». Suivant Caristie, Mém., p. 11, les murs extérieurs étaient revêtus de marbre jusqu'à la hauteur de 0"" 60 ; puis venaient les stucs.

4. Caristie, Mém., p. 12. « Les parties supérieures de l'édifice, correspondant aux tuyaux d'écoulement des eaux de pluie, étaient couvertes par des voûtes recevant une terrasse ou astricot (dessin XXX, fig. 7, 8). Les autres parties étaient couvertes en marbre ». Rest., dessin XV : fragments de la toiture. Antéfixes avec des palmettes (h.O" 225 ; 1. 0" 210 ; — h. 0°= 20 ; 1. O-" 19), ou avec un masque (h. 0" 220 ; 1.0" 20). Plaques de la couverture avec des rigoles (rigoles: 1. 0-° 145 ; h. 0"116; — 1.0"" 114; h. 0-° 10, etc. ). De nombreux fragments de la toiture, antéfixes et rigoles, sont encore visibles dans le monument.

Destination de l'édifice. — Suivant l'opinion généralement adoptée au XVII1° siècle, l'édifice que nous venons de décrire eût été un temple de Sérapis. La découverte d'une statue do Sérapis dans une des salles d'angle avait donné naissance à cette hypothèse.

Que notre monument comprît un sanctuaire, cela est certain : ce sanctuaire était la cella du fond. Mais tout le reste de l'édifice servait à un usage qu'il nous faut maintenant rechercher. En dehors de l'hypothèse d'un temple de Sérapis, hypothèse qui ne s'appuie sur rien de sérieux et d'après laquelle toutes les pièces du pourtour auraient servi pour les prêtres et pour le culte ^, on ne peut faire que deux suppositions : ou bien le monument eût été un marché, et c'est l'opinion à laquelle nous nous rattachons, ou bien c'eût été un établissement de bains d'eaux chaudes. Résumons d'abord cette dernière supposition, celle de Caristie et de di lorio ~.

Le réservoir découvert derrière la cella contient une eau minérale, que les anciens avaient utilisée. Des vestiges d'autres citernes ont été retrouvés derrière le monument. Partout en cet endroit jaillissent du sol des eaux chaudes qui ont servi au moyen âge et qui servent encore maintenant. Pour cette raison di lorio et Caristie ont cru que l'édifice avait été un établissement thermal, et Caristie a fondé sur cette idée sa restauration.

La cella aurait été le sanctuaire du dieu protecteur des thermes, soit Sérapis, soit Esculape, dont une statue, aujourd'hui disparue, fut, selon le témoignage de Caristie, retrouvée dans le monument. Caristie croit même que le temple aurait pu être placé sous la protection commune des deux divinités. Le socle, situé au milieu du plateau circulaire, aurait été un autel pour les sacrifices ; aux anneaux s(îellés dans le pavé de la cour on aurait attaché les victimes ; dans les vases cannelés on

1. Overbeck, dans son livre sur Pompej (p. 111), a adopté cette opinion, tout en croyant qu'il y avait des eaux thermales dans l'édifice. « Le Serapeuni de Pouzzoles est un édifice, au centre duquel jaillissait une source sacrée; les différentes pièces servaient pour le culte. » Overbeck ne dit pas sur quoi il se fonde pour avancer qu'une source thermale jaillissait au milieu du plateau circulaire. C'est là, semble-t-il, une pure invention. — Indication analogue dans VArch. Zt(f., XIX, p. 141 ( « das Serapeum zu Pozzuoli in dessen Mitte eine Heilquelle liegt ». Article signé D'. K. Th. Pyl).

2. Opinion exposée aussi par Niccolini, op. cil. (mémoire intitulé : Cisterna p antiche stufe del tempiq di Serapide. Niiovst. spiecfazione).

LE MACELLUM

aurait recueilli leurs chairs et leur sang. Quant aux différentes pièces, les unes (celles qui sont situées à droite et à gauche de la cella) auraient servi pour le culte ; les autres auraient été des salles de bains. Les salles d'angle où sont les sièges de marbre devraient en ce cas être considérées comme des salles de bains de vapeur. Garistie suppose que les quatre canaux d'aqueduc, qui existaient derrière la cella, amenaient dans ces pièces les eaux chaudes des réservoirs : la vapeur se serait échappée par les trous des sièges, sur lesquels étaient assis les malades. Garistie, ayant étudié la manière dont sont aménagés les bains de vapeur modernes d'ischia a cru y reconnaître des analogies avec les habitudes antiques. G'est ainsi qu'à Ischia on assied les malades sur des sièges où sont pratiquées de minces ouvertures pour l'exhalaison de la vapeur ; le malade applique sa tête, son dos, ses pieds à d'autres ouvertures du même genre pratiquées dans le sol ou dans le mur — L'eau, ayant dégagé ses vapeurs dans les salles d'angle, servait encore : les deux canaux, longeant les côtés de l'édifice, la répartissaient dans les autres salles. Les dalles de pépérin, qu'on a observées dans ces pièces, auraient été des supports pour des baignoires. En conséquence, Garistie a reconstitué tout un système de canaux qui auraient conduit l'eau dans les salles du pourtour de l'édifice. Ge qui rend, au premier abord, cette hypothèse assez plausible, c'est le voisinage des eaux thermales, et l'existence des conduits qui ont semblé à Garistie avoir mis les citernes en communication avec le monument. Notons toutefois que le système de canalisation rétabli par Garistie dans les chambres du pourtour de l'édifice ne s'appuie sur aucun indice solide. Di lorio déclare même qu'aucun canal, distribuant l'eau dans ces chambres n'a été retrouvé 3. La disposition de l'édifice n'est, sous aucun rapport, celle qu'on est habitué à rencontrer, en Italie ou ailleurs, dans les établissements de bains d'eaux chaudes. Ni les ruines des thermes découvertes

1. On trouvera (dessin XX de la Resl. de Garistie) les plans, coupes et élévations des bains de l'île d'ischia, et un rapprochement établi entre les bains modernes d'ischia et ceux antiques de Pouzzoles (XXI, fig. 4, 5, 10, 12, 13).

2. De même, écrit Garistie, « à l'édifice thermal de Pouzzoles, le baifîneur était assis sur une large bouche de vapeur horizontale ; et une autre bouche disposée verticalement portait la chaleur sur les genoux et les jambes. Un courant d'eau thermale passait sous ces sièges. »

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