TOMBEAUX
Nous avons déjà étudié, dans un précédent chapitre, la répartition des tombeaux autour de la ville et le long des routes. Il nous reste à décrire ces tombes, autant que le permet l'état de conservation des stucs ou des peintures qui les décoraient.
En général, ces fresques, stucs, mosaïques, sont très dégradés ou ont été partout enlevés. Nous connaisons néanmoins, grâce à des gravures et à d'anciennes descriptions, l'aspect qu'offraient certains tombeaux au moment où ils furent fouillés. Nous pouvons ainsi rassembler quelques renseignements.
Tombes décorées de mosaïques. — La tombe isolée qui a été retrouvée à l'est du Bagno Ortodonico (plan général, n^' 37), était, paraît-il, assez richement ornée. Les murs étaient recou-
1. Cf. aussi CIL., X, p. 202. « Pighius, in Herc. Prod., p. 492, narrât apparere non procul ab amphitlieatro Puteolano vestigia et ruinas templi, quod Antoninus Fins Hadriano patri Baiis defunctoexstruxeritin villa Ciceroniana (on sait que le monument appelé vulgairement à Pouzzoles villa de Cicéron est en réalité le cirque). Ex eius ruinis statuas pulcherrimas plures, columnarum atque marmorum ingentia fragmenta proximis annis extracta esse cum Nervae et Traiani atque Hatlriani impp. elogiis patris videlicet, avi, proavi. »
verts de beaux marbres ; la voûte en mosaïque représentait un vaisseau, sur lequel un homme se tenait debout, en train d'enfoncer une lance dans le corps d'un autre homme, qu'il saisissait par les cheveux ; ce dernier, à genoux, tentait d'écarter le coup ; une femme, à sa droite, venait à son secours. Le pavé était fait de mosaïques d'un travail élégant : deux hommes nus étaient assis, l'un tenant dans la main une couronne de feuillage , l'autre appuyant sa main droite sur le masque d'une fontaine ; à droite, une femme nue semblait sortir du bain. On trouva dans cette tombe quatre sarcophages, dont l'un, aujourd'hui au musée de Naples, représente Prométhée, entouré de dieux, devant le cadavre d'un homme
On a retrouvé d'autres tombes décorées de mosaïques. Dans un colombaire de la via Campana, qu'on a jugé, au moment de la découverte, appartenir à l'époque des Antonins, la niche principale était couverte de mosaïques représentant des sujets champêtres, avec des ornements tirés du règne végétal : guirlandes de fleurs et plantes sur lesquelles volaient des oiseaux. Des coquillages, des arabesques, des dessins ornementaux décoraient les deux extrémités de la niche, dont l'aspect rappelait celui des fontaines de mosaïque des maisons de Pompéi. Le frontispice était soutenu par deux colonnettes, incrustées de mosaïques qui décrivaient des spirales. Devant cet édicule funèbre était un autel avec des mosaïques : une figure, celle d'un Génie ailé, était encore visible. L'inscription indiquant le nom de la famille, à laquelle appartenait ce colombaire petit, mais richement décoré, avait disparu
Une tombe, voisine de la Solfatare, était aussi décorée de mosaïques. L'un des sujets représentait une Néréide prête à entrer dans la mer, etrejetant loin d'elleun manteaurouge danslequel elle était enveloppée. Elle se tenait sur les genoux d'un Triton qui, appuyé contre un hippocampe, tenait dans la main gauche les rênes de l'animal fantastique, tandis que dans l'autre main il portait une sorte de calathos orné de lleurs. On signale dans la même tombe une couronne murale en mosaïque, formée de tours et de bastions. Ces mosaïques étaient, paraît-il, d'une très belle exécution 3.