Ihid., p. 304, n. 1. CIL., VI
3. Sca^irr., lib. III. fragm. 89 {Bachvens, Fragmenta, poetarum romanorum).
4. M. Schanz, Geschichte der rômischen Litteratur, 1" partie, p. 112.
POUZZOLES A l'époque ROMAINE
yeux des Romains, le port modèle, Pouzzoles ne leur paraissait pas indig-ne du second rang- i.
Délos, qui était encore, à cette date, la grande échelle du Levant, le lieu de rendez-vous des Italiens et des Syriens, s'interposait entre l'Italie et l'Orient. La plupart des marchands romains s'y arrêtaient; quant aux négociants de Syrie, ils y avaient leus principaux établissements. Cette situation, qui empêchait la formation de relations directes entre Pouzzoles et l'Asie, dura jusqu'à la guerre de Mithridate. Délos fut alors ravagée et très éprouvée parle massacre de la colonie romaine; dix-neuf ans plus tard (69), elle fut saccagée parles pirates, et ne se releva pas. M. Homolle constate (détail très significatif), qu'à partir de Fan 84 les Orientaux y deviennent de plus en plus rares, que les temples égyptiens et syriens sont déserts. La colonie romaine, reconstituée, fut encore assez florissante jusqu'en 69 ; mais après cette date elle se dispersa 2. Les désastres de 88 et de 69 hâtèrent le mouvement qui s'était déjà dessiné au siècle précédent ; la route du commerce se déplaça définitivement. Les négociants romains se portèrent en foule en Syrie et les Syriens en Italie. La chute de Délos fut suivie de l'apogée de Pouzzoles ; sous Auguste, Strabon nous dépeint l'une comme presque déserte, et nous décrit l'autre comme un emporium considérable 3.
Grâce aux ouvrages de Gicéron, on peut se faire une idée de la vie commerciale de Pouzzoles vers la fin de la République. On y lit les noms de quelques riches négociants, possesseurs de nombreux navires. G. Rabirius Postumus, le fameux banquier, était du nombre K Sa flotte de commerce, cataplus puteolanus, était magnifique. Gréancier du roi Ptolémée Aulète, surintendant des finances égyptiennes, il fut à
1 . Fest., XI, p. 1 22, éd. O. MûUcr : Minorem Delum Puteolos esse dixeruiit, quod Delos aliquando maximum emporium fuerit totius orbis terrarumque ; cui successiLpostea Puteolaiium,... unde Lucilius: Inde Dicaearcheum.... L'explication du vers de Lucilius donnée ici par l'abréviateur de Festus n'est qu'à moitié exacte, car elle laisserait supposer que Lucilius voulait dire que Pouzzoles avait, de son temps, succédé à Délos comme emporium du monde. A l'époque où Lucilius écrivait (vers l'année 120), Délos n'était pas encore déchue, et conservait sa suprématie commerciale. Mais déjà Pouzzoles était la seconde place de commerce de l'univers. C'est ce que signifie le vers de Lucilius*.