I. — Paralysie faciale
Résumé clinique. — Les causes des paralysies faciales sont extrêmement variées. Nombre de ces paralysies ne sont qu'un épiphénomène au cours de lésions cérébrales. La paralysie faciale associée à l'hémiplégie dans l'hémorrhagie ou le ramollissement cérébral est d'un diagnostic étiologique facile. Les paralysies faciales isolées, dues à un foyer de ramollissement limité, à une plaque de méningite, à une tumeur au niveau de la deuxième frontale s'accompagneront de symptômes : céphalée, vomissements, obnubilation intellectuelle, qui manquent dans les paralysies périphériques.
La variété décrite par Gubler sous le nom de paralysie faciale alterne et où des lésions bulboprotubérantielles déterminent une paralysie faciale d'un côté, une hémiplégie de l'autre, doit être simplement mentionnée.
Dans toutes ces paralysies centrales il y a au début exagération des réflexes et non abolition comme dans les paralysiespériphériques ; l'orbiculaire des paupières n'est jamais pris
dans les lésions cérébrales ; il peut l'être dans les lésions protubérantielles.
Les paralysies liées à des lésion-s intratemporales : fractures, carie et surtout otites d'origines diverses sont facilement rapportées à leur véritable cause. Il en est de même des paralysies traumatiques (compression du facial dans les applications de forceps, section dans les ablations de tumeur de la parotide, les incisions de parotidites).
Au point de vue pronostique rappelons qu'après les ablations de tumeurs parotidiennes il n'est pas rare de constater des paralysies par contusion du facial, par compression du nerf dans l'exsudat inflammatoire. Ces paralysies guérissent facilement au contraire des paralysies par section.
Les paralysies si fréquentes attribuées au refroidissement, au rhumatisme, ont été beaucoup plus discutées. Despaigne a bien montré que le froid n'agissait souvent que comme cause occasionnelle, qu'on trouve souvent une tare nerveuse (arthritisme, hystérie). Parfois aussi la paralysie faciale est un symptôme prodromique de l'ataxie (Fournier).
Le diagnostic de l'existence même de la paralysie faciale n'offre pas de difficulté. A une période tardive une curieuse cause d'erreur a été signalée par Larat. La contracture consécutive des muscles paralysés peut dévier de ce côté la face et à première vue c'est le côté sain qui semble paralysé. Si l'interrogatoire laissait le moindre doute, Larat indique un caractère pathognomonique à l'examen électrique : existence de la réaction de dégénérescence ou tout au moins accroissement de l'excitabilité galvanique du côté malade.
Le pronostic des paralysies d'origine centrale est avant tout subordonnée à la lésion qui les a produites. Pour la durée des paralysies a frigore, Larat distingue trois formes. Si les réactions électrique et faradique sont conservées, la guérison s'obtient en 15 jours à six semaines. Si la réaction faradique a disparu, des mois seront nécessaires ; il faudra plus de temps encore s'il y a réaction de dégénérescence. Enfin l'existence de contractures rend le pronostic très sombre.