‹ Précis de clinique thérapeutique [electronic resource]Chapitre 22 sur 150 · IV. — Typhus · texte numérisé non relu

IV. — Typhus

Résumé clinique. — Le typhus qui est d'ordinaire la maladie des sièges, des famines peut aussi survenir sporadiquement. Il est presque endémique dans certaines localités de Bretagne (Ollivier). Ces cas sporadiques n'en sont pas moins très contagieux. Ainsi s'établissent de petits foyers de typhus, Ces foyers se formeront surtout dans une prison, un asile' un dépôt de mendicité comme cela a eu lieu dans l'épidémie de Paris en 1893.

Le typhus se distingue surtout de la fièvre typhoïde ! 1» par la brusquerie de son début qui a lieu sans prodromes; 2° par une éruption d'abord rubéolique, puis pétéchiale apparaissant du 2au7<> jour ; 3« par l'évolution cyclique rapide, la défervescence se faisant brusquement à la fin de la 2» semaine ou au debu de la troisième. La mort, quand elle survient, est souvent très rapide; 4» par son extrême contagiosité. Comme caractérisques de l'épidémie de typhus de 1893, Lan^ereaux a signalé : l<>la turgescence de la face avec érup-

lion exanthématique occupant le tronc et les membres, rarement la face; 2° l'hyperthermie, variant de 40° 6 à 38» 8 avec faibles différences du soir au matin, langue sèche, diarrhée verdâtre peu abondante mêlée de mucus, ou même constipations; 3° les urines rares, troubles, avec albuminurie et urobilinurie ; 4° les accidents adynamiques graves. Deux malades seulement succombèrent sur les dix soignés par M. Lancereaux. La proportion de la mortalité a été souvent beaucoup plus forte. Elle a atteint 100 0/0 dans quelques ambulances de Crimée.

Traitement. — M. Lancereauxindiqueletraitementsuivant. Comme régime, lait exclusivement, café, grogs, Champagne coupe d'eau en cas de soif vive ; comme hygiène, nettoyages fréquents de la bouche au jus de citron ou à la glycérine ; air pur, abondant ; pulvérisations phéniquées constantes. Treille a insisté sur Futilité des lavages de la bouche et du pharynx avec la solution phéniquée au centième. Barrault a montré les bons effets de l'aération continue.

Contre l'hyperthermie Lancereaux emploie les lotions alcoolisées matin et soir, les bains Lièdes de 20 c\30 minutes, suivis d'une friction alcoolique ; lorsque la température dépasse 40° et que la torpeur est excessive, il conseille les bains froids dont Glénard se montre également très partisan et les douches. M. Sapelier fait faire une lotion froide vinaigrée chaque fois que la température atteint 39°.

Contre la dépression nerveuse, on donne l'éther et la caféine en potion cà la dose de 1 à 2 grammes par jour contre la constipation, les grands lavement froids sont très utiles.

Enfin dans les formes graves M. Sapelier a employé les injections sous-cutanées de sérum artiticiel. Une injection souscutanée de 600 grammes était faite très lentement une fois toutes les 24 heures. L'effet était immédiat. Les contractures et la prostration cessaient; les malades ouvraient les yeux, sortaient de leur abattement; la température s'abaissait. En général au moment de l'injection du lendemain elle n'était pas encore remontée au degré primitif. Ce moyen paraît donc un des plus puissants dont on dispose contre le typhus.

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