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CHAPITRE VII

Erysipèle.

Résumé clinique. — Modes de début. Variétés de la plaque érysipélateuse. Influence des tares générales sur le pronostic. Complications. Rechutes et récidives. Contagions septicéraiques diverses par F erysipèle.

Traitement. — a) Traitement général. — Hygiène. Purgatifs. Régime. Indications de l'alcool, du sulfate de quinine, des Bains, du perchlorure de fer, de l'antisepsie intestinale. L'aconitine et ses dangers.

b) Traitement local. — 1° Traitemenls des lésions : points de départ de l'érysipèle ; 2° Traitement de l'érysipèle : compresses, pulvérisations, pommades ; traitement aborlif par les pulvérisations éthérées de sublimé.

Résumé clinique. — Le début de l'érysipèle s'annonce par de la fièvre, des frissons, des vomissements, des maux de reins, de la céphale'e. Plus le frisson est prolongé plus l'érysipèle est grave. Dans l'érysipèle de la face, qui doit êtresurtout étudié ici, ce n'est pas toujours par la peau que débute l'inflammation locale. Souvent c'est une angine, une rhinite intense avec coryza, céphalée frontale, larmoiement qui constitue le premier accident inflammatoire. Puis la rougeur apparaît soit à l'orifice des narines, soit au pourtour des points lacrymaux. Ce mode de début est particulièrement fréquent dans les érysipèles à répétition. On connaît aujourd'hui le rôle que les lésions chroniques du nez, de la bouche, du pbarvx, jouent dans la production de ces érysipèles. On s'explique leur fréquence chez les scrofuleux. L'influence de la menstruation (érysipèle cataménial) n'agit que comme cause occasionnelle.

La plaque érysipélateuse ne tarde pas à s'étendre. Tant qu'elle offre une couleur vive, un bourrelet saillant, cette extension continue. Son aspect varie suivant les points de la

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face. Sur les joues, le nez c'est la plaque rouge cramoisi, saillante dure au doigt. Sur les paupières, oùle tissu cellulaire est lâche, l'œdème est considérable. Les phlyctènes à contenu soit séreux, soithémorrhagique, sont particulièrement fréquentes. Au cuir chevelu l'érysipèle est facilement méconnu, car il ne détermine qu'un œdème dur, blanchâtre, h peine rosé. La chaleur âcre, mordicante est sur ce point un caractère particulièrement important. Les suppurations, les gangrènes étendues consécutives à l'érysipèle sont aujourd'hui bien rares. Les ganglions préauriculaire et sous-maxillaires sont tendus, douloureux mais suppurent rarement.

Le pronostic de l'érysipèle dépend tout entier de l'état général du sujet. Les alcooliques, les surmenés seront particulièrement exposés au délire, aux complications méningitiques, les vieillards sont exposés à la broncho-pneumonie, les diabétiques, les albuminuriques aux suppurations consécutives. En dehors de ces tares diathésiques l'érysipèle reste bénin. On se défiera surtout comme complication de l'endocardite. Le délire du début est ordinairement transitoire. L'albuminurie infectieuse que l'érysipèle détermine dans près de la moitié des cas n'a de gravité que si elle s'accompagne d'accidents urémiques : coma, convulsions, vomissements répétés.

Les rechutes sont fréquentes dans l'érysipèle si le traitement et surtout les précautions sont suspendus trop tôt. Les récidives ne sont pas moins communes si on ne s'attache pas à détruire les moindres foyers infectieux qui peuvent persister dans le nez, la bouche, le pharynx.

L'érysipèle est contagieux, cette contagion peut non seulement déterminer d'autres érysipèles ; elle est aussi une des causes fréquentes des septicémies puerpérales. Le médecin soignant des malades atteints d'érysipèle ne saurait sans danger grave visiter des accouchées.

Traitement. — Traitement général. — Le malade sera autant que possible dans une chambre ensoleillée suffisamment chauffée, non poussiéreuse, à air renouvelé avec précaution et purifié au besoin par des pulvérisations phéniquées. Le lit

sera indispensable au début. Contre l'embarras gastrique des premiers jours un purgatif salin est très utile, mais on évitera les vomitifs dont les secousses sont très pénibles. Exceptionnellement ceux-ci seront prescrits en cas d'angine aiguë chez des sujets encore jeunes.

Le lait constituera le régime de choix. Le café, l'alcool sont •utiles. L'alcool sera, chez les alcooliques, donné à très limites doses. E. Leudet (de Rouen) recommandait particulièrement le vin de quinquina dont il donnait chaque jour deux cents, trois cents grammes et plus. Les tisanes diurétiques peuvent être aussi conseillées.

Quand la fièvre est excessive, le sulfate de quinine à dose de 0 gr. 60 à 0 g. 80 est le meilleur antithermique. Contre la céphalée, l'antipyrine sera donnée à dose de 2 à 3 grammes. En cas de délire violent on n'hésiterait pas à conseiller les bains tièdes, ou fait avec affusion froide sur la tête.

On a préconisé conlre l'érysipèle un grand nombre de médicaments, en particulier de médicaments antiseptiques. Le perchlorure de fer à dose de vingt gouttes par jour dans des grogs Sucrés a quelque utilité comme tonique. Il est indique comme dans les autres maladies infectieuses de donner un peu de naphtol et de salicytate de bismuth pour réaliser l'antisepsie intestinale.

L'aconitine à la dose de un quart de milligramme toutes les six heures ou de un dixième de milligramme toutes les deux heures de façon à donner au maximum un milligramme par vingt-quatre heures diminuerait beaucoup les souffrances et abrégerait même la durée de l'érysipèle (Tison). On surveillerait avec un soin extrême, au cas ou on se déciderait à l'employer, les effets de ce médicament dangereux. L'engourdissement de la langue est un des premiers symptômes d'intoxication.

Traitement local. — En même temps que l'érysipèle on a assez souvent à traiter la lésion qui lui a servi de point de départ: angine, rhinite, dacryocistite, conjonctivite, abcès dentaire.

Contre l'érysipèle de la face l'application traditionnelle de

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