‹ Précis de clinique thérapeutique [electronic resource]Chapitre 73 sur 150 · DYSPEPSIES DES NOURRISSONS · texte numérisé non relu

DYSPEPSIES DES NOURRISSONS

vent d'accidents rachitiques. Très souvent aussi elle entraîne de* éruptions cutanées variées: éry thème, impétigo. 11 n'est pas rare de voir les accidents osseux ou cutanés absorber toute l'attention tandis qu'on néglige la dyspepsie, cause réelle du mal.

Indications pathogéniques. — 1° Mauvais régime. - - Un mauvais régime est neuf fois sur dix la cause de la dyspepsie. , On peut distinguer à ce point de vue trois catégories d'enfants :

a) enfants nourris au sein par leur mère ou par une nourrice ;

b) enfants nourris artificiellement ; c) enfant! à la période de sevrage.

«) Les enfants nourris au sein par leur mère sont assez rarement dyspeptiques. Parfois pourtant les tétées sont trop fré-quentes. Le lait n'est pas toujours assez abondant. La mère est forcée de s'aider du biberon ; souvent elle donne trop tôt -des bouillies, des aliments solides. Mais il est bien rare qu'on voie le lait de la mère ne pas convenir à l'enfant.

Quand il s'agit d'une nourrice on peut au contraire observer des cas où le lait est vraiment intoléré. Tantôt il est trop pauvre (nourrice nostalgique, nourrice ayant fait deux nourritures consécutives). Tantôt il est trop riche (nourrices de la campagne passant brusquement des privations au régime surchargé de la ville).

Les excès alcooliques de la nourrice ont souvent aussi la plus mauvaise influence.. 11 en est de même de la grossesse survenant au cours de l'allaitement.

Nous ne parlerons pas des enfants mis en nourrice au loin. Ce n'est là qu'une forme et une des plus mauvaises de l'alimentation artificielle:

b) Alimentation artificielle. — Le lait employé est souvent de mauvaise qualité, falsifié. On le coupe avec les substances les plus hétéroclites. Le seul mélange vraiment inoffensif est le lait coupé d'un tiers ou de moitié d'eau de gruau légère et peu sucrée.

Le lait même de très bonne qualité apparente mais provenant de vaches mises au vert ou nourries de pulpes de bette-

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rave est souvent mal supporté et détermine de la diarrhée.

Le lait est souventmis dans des biberons sales. Il y séjourne y fermente, s'aigrit. Le gobelet est bien préférable aux biberons, surtout aux biberons que l'enfant peut téter seul, qu'il tète souvent d'un bout à l'autre de la journée avalant autant d'air que de lait. Tous les vases ou biberons employés devront être parfaitement propres et fréquemment stérilisés à l'eau bouillante.

Le lait stérilisé est supporté d'une façon variable. Si on a le soin ainsi que le recommande Budin de porter simplement le lait à 100° par le chauffage au bain-marie sans atteindre l'ébullition qui n'a lieu qu'à 102 on obtient un lait plus facilement digéré que le lait bouilli et qui peut être donné pur môme à de très jeunes enfants.

c) Période du sevrage. — Avant six mois tout aliment autre que le lait est très mal supporté. On commencera par donner des panades de biscottes, de la bouillie sucrée et salée, des potages. La viande, le bouillon, les œufs ne seront donnés que plus tard. Se défier des fruits, gâteaux, vin, café etc.

Si l'alimentation est suffisamment surveillée il est rare que ladentition détermine des accidents dyspeptiques graves. Pour éviter ces accidents on s'attachera à ne pas faire de changement de régime au moment des poussées dentaires. Le sevrage complet sera fait après une de ces poussées. Le mieux est de choisir celle qui est suivie delà période de tranquillité la plus longue, c'est-à-dire l'issue des molaires (l'enfant a alors seize dents) qui se fait vers le quinzième mois. Le travail d'issue des canines ne commence guère qu'au vingtième mois. A ce moment le régime doit être de nouveau très surveillé.

2° Causes diveeses. — L'irritation déterminée par une pointe de hernie ombilicale ou inguinale, par le testicule en ectopie peut causer des dyspepsies. — Le froid est une cause très fréquente. Les enfants insuffisamment couverts, insuffisamment changés quand ils sont mouillés, sont exposés à des congestions hépatiques. On se défiera des bains trop multiplies, trop frais, trop prolongés. L'air vicié (chambres mal

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