V. Conséquences médico-judiciaires et règles de l'expertise
Nous avons déjà dit que les expertises avaient lieu à propos d'accidents, de crimes ou de suicides.
Lorsque, dans une anesthésie, un malade vient à succomber, la justice ouvre parfois une enquête pour savoir quelle est la cause de cet accident. Le médecin est inculpé d'homicide par imprudence. Les questions posées à l'expert peuvent être les suivantes : 1° La mort est-elle le résultat de Faction du chloroforme ? 2° La mort doit-elle être attribuée à la faute du médecin?
On y répondra en tenant compte de l'anesthésique employé, de son mode d'administration, de l'état de l'individu et des contre-indications qu'il pouvait présenter, des précautions prises, etc.
A notre époque, le médecin ne peut refuser à ses malades, sans des motifs graves le bénéfice de l'insensibilité. Le chloroforme est même entré dans la pratique obstétricale.
Le médecin est libre du choix de l'anesthésique.
Les morts par le chloroforme sont infiniment plus nombreuses que les morts par Téther. Mais ce dernier anesthésique n'est employé que par quelques chirurgiens anglais, ceux de Lyon et de Boston, tandis que l'usage du chloroforme est universel : c'est donc là un argument de peu de valeur.
Morgan, en combinant les statistiques américaines et anglaises, est arrivé aux résultats suivants :