IV. Des causes de l'avortement
Il faut savoir si l'avortement est spontané ou provoqué.
L'avortement spontané est sous la dépendance d'une maladie du produit de la conception, de la mère ou du père :
1° Le produit de la conception détermine l'avortement dans les conditions suivantes : il y a une maladie de Vœuf (hydropisie de l'amnios, hydrorrhée, môle hydatiforme, apoplexie placentaire, altération fibro-graisseuse du placenta); le fœtus est mort (ordinairement il est alors expulsé rs'il séjourne plus longtemps, il prend les caractères de la putréfaction utérine avec ses différentes formes : macération, momification, dessiccation) ; le fœtus est mal conformé (très- souvent les avortons sont monstrueux; après des coups ou des violences exercées sur la mère, celle-ci avorte d'un fœtus monstreux).
2° Du côté de la mère, il faut citer les causes qui empêchent la nutrition du fœtus, celles qui provoquent la contraetilité utérine ou des hémorrhagies capables de décoller le placenta. Notons encore certaines causes : l'influence incontestable de diathèses (syphilitique, cancéreuse), dyscrasies (scorbut), d'intoxications (mercure, plomb, nicotine), de maladies des organes génitaux (vaginite intense, hémorrhagies), de maladies aiguës ou chroniques (phthisie, scrofule, fièvres éruptives, pneumonie, péritonite, affections cardiaques). {1
DE L'AVORTEMENT
y a d'ailleurs à distinguer ces maladies d'avortementde celles qui en sont la conséquence (péritonite, métropéritonite). Ajoutons encore les coups portés sur l'abdomen, des chutes, des émotions vives, des secousses à cheval, ou en voiture, la trépidation du chemin de fer, la danse, les abus du coït.
3° Du côté du père, on a surtout l'influence de la syphilis, du saturnisme, de l'alcoolisme.
L'avortement provoqué est la conséquence des pratiques abortives employées par la femme. Les nombreux procédés mis en usage sont de trois ordres : ce sont des moyens préparatoires, des breuvages, des manœuvres obstétricales.
a. Les moyens préparatoires sont incertains, mais réputés abortifs. Les femmes les emploient souvent avant de recourir à des procédés plus énergiques. Ce sont des émissions sanguines, des révulsifs, des bains, des fatigues excessives, des violences extérieures. La femme se fait saigner au pied ou au bras, applique des sangsues à l'anus ou aux cuisses, prend des pédiluves ou des bains chauds.
b. Les breuvages. Ce sont des purgatifs drastiques, (aloès, coloquinte), des substances toxiques (acide arsénieux, cantharides), médicamenteuses (iodure de potassium); des boissons excitantes aromatiques (tilleul, thé, café, armoise, absinthe), des substances réputées abortives, telles que la sabine, la rue, le seigle ergoté, Ces différentes substances sont des excitants circulatoires et agissant surtout au moment des règles. D'après Danyau, l'ergot de seigle excite les contractions utérines, quand celles-ci sont commencées. Interrogé sur les propriétés abortives de ces substances, l'expert doit répondre qu'elles ont, en effet, la réputation 4a