‹ Précis de médecine judiciaire [electronic resource]Chapitre 176 sur 208 · DES MALADIES ANTÉRIEURES A LA NAISSANCE ET EMPÊCHANT LA VIABILITÉ · texte numérisé non relu

DES MALADIES ANTÉRIEURES A LA NAISSANCE ET EMPÊCHANT LA VIABILITÉ

Les états pathologiques qui compromettent la vie de l'enfant nouveau-né doivent avoir débuté pendant la vie intra-utérine ou lors de l'accouchement. Les maladies excluent aussi la viabilité si elles sont incurables. Il en est donc ainsi dans tous les cas de maladies innées ou mortelles. 11 en est ainsi dans les cas de splénisation des poumons, leur tuberculisation, d'œdème pulmonaire ou d'endurcissement lardaciforme (Devergie), de ramollissement de la substance du cerveau et de la moelle, d'apoplexies méningées, d'hydrocéphalie ou d'hydrorachis, de sclérème.

« Nous croyons devoir établir comme règle générale, disent Briand et Chaudé, que lorsque le développement de l'organisation est assez avancé pour que les fonctions s'exécutent régulièrement au moment de la naissance, lorsqu'il n'existe pas de vice de conformation incompatible avec la continuation de la vie, que l'enfant a poussé des cris pleins et sonores, qu'il a fait des mouvements répétés, il doit être dès lors réputé civilement viable, quand bien même sa complexion et son état apparent de santé laisseraient quelques inquiétudes sur la durée de son existence, parce qu'on ne peut jamais avoir la certitude que la maladie dont on le présume atteint soit essentiellement incompatible avec la prolongation de sa vie, au moins pendant un certain temps. Il doit encore être réputé viable, ors même qu'il vient à succomber au bout de quelques

DU PRODUIT DE LA CONCEPTION

jours, ou seulement au bout de quelques heures, parce qu'il n'est jamais certain que la terminaison funeste de la maladie n'ait pas été hâtée ou déterminée par quelque cause inappréciée ou inaperçue. »

Les déviations organiques ont reçu différents noms d'après leur importance ou leur influence sur le fonctionnement physiologique des parties. C'est ainsi qu'on a distingué : 1° des variétés anatomiques, qui n'altèrent pas la forme extérieure du corps et ne troublent pas l'exercice régulier des fonctions : un muscle surnuméraire, par exemple; 2° des vices de conformation qui altèrent les formes et. gênent l'exercice des fonctions, tels sont les pieds bots, l'hypospadias, le bec-de-lièvre, etc. ; 5° les monstruosités qui altèrent en même temps la forme, la structure, les connexions des parties externes et internes, intéressent un ou plusieurs appareils organiques et troublent la santé ou compromettent la vie.

Ces déviations organiques sont fréquentes chez les animaux (surtout chez le porc, le chat) et chez l'homme. D'après Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, il y aurait à Paris une naissance monstrueuse sur 3000 naissances ; d'après Riecke, la proportion serait de 1 sur 4618 dans le Wurtemberg, et pour Forster cette proportion serait de 1 sur 139. Il est probable que ces divergences tiennent à ce que ces auteurs n'ont pas adopté une même définition des monstruosités.

Les anciens les avaient expliquées par des théories en rapport avec les idées philosophiques du moment. Ils les attribuaient à la cohabitation de l'homme avec des démons, au coït de l'homme avec des animaux, à certaines émotions, à des maladies, aux affections de l'œuf. C'étaient des jeux de la nature ou des châtiments

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