TAILLE
POIDS
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DE L'IDENTITÉ
En résume, l'homme atteint son développement de 25 à 30 ans, son poids augmente jusqu'à 40 ans. — De même pour la femme, mais son maximum de poids se produit vers 50 ans.
Il faut tenir compte du système dentaire (dont nous avons ailleurs montré toute l'importance) des cheveux. Ceux-ci servent à constater l'identité par leur existence (tête rasée, — calvitie, sa marche spéciale), par leur coloration. Celle-ci a une importance plus grande. Pendant la première année, les cheveux se comportent comme l'iris, et ils se foncent peu à peu. Les cheveux noirs blanchissent assez vite, mais, en général, la canitie ne commence qu'après quarante ans. De nombreux cosmétiques sont employés pour teindre les cheveux.
On noircit les cheveux avec la pommade au mélainocome (axonge avec noir végétal ou animal), et avec certains réactifs (acétate de plomb, hydrogène sulfuré, sels de bismuth, nitrate d'argent). Les couleurs claires s'obtiennent par des poudres ou des liqueurs végétales, ou encore par l'action prolongée du chlore (outre que ce dernier procédé est désagréable, les cheveux deviennent durs et cassants). Des expériences d'Orfila ont montré qu'il était possible : de rendre les cheveux noirs, quelle que soit leur couleur; de faire passer des cheveux naturellement noirs au châtain ou au blond ; de rendre à des cheveux teints leur couleur primitive.
Nous exposerons plus tard les procédés que doit employer l'expert pour reconnaître ces fraudes.
Notons enfin Yexpression du visage, X attitude, la démarche, Yétat de l'intelligence : autant de données qui peuvent avoir, dans certains cas, une grande importance.
b. Signes pathologiques ou accidentels. — Il n'y a pas
QUESTIONS GÉNÉRALES
toujours des vices de conformation, mais les particularités sont nombreuses. Elles se montrent sur les parties dures ou sur les parties molles,
1° Examen des parties dures.
Le squelette peut être déformé, il y a traces d'anciennes fractures, un pied bot, du rachitisme, etc. Pour les dents, on constate leur écartement, leur déviation, leur usure, la carie, le plombage, etc. Les cheveux sont examinés, ainsi que nous l'avons dit.
2° Examen des parties molles.
On constate leur division (bec-de-lièvre), on prend note de toutes les tumeurs (verrues, loupes, hernies), des taches ou signes de naissance (envies, grains de beauté, tissu mélanique) ; et on décrit leur situation, leur nombre, leur étendue, leur forme et leur couleur.
Puis on examine successivement, et on recherche :
Les cicatrices. Celles-ci, formées de tissu ihodulaire, sont blanches, même chez le nègre. Anciennes, elles sont blanches et nacrées; récentes, elles sont vineuses et d'un rouge plus ou moins prononcé. Elles peuvent être très-apparentes (varioles, certain cas d'acné) ou peu visibles (on conseille alors de les frictionner, afin de congestionner les tissus voisins). Leur siège, leur forme (sangsue, saignée, etc.) peut parfois en indiquer l'origine, et c'est alors une donnée importante dans la vie de l'individu.
Les tatouages. Ils ont été étudiés en médecine légale par Casper, Hutin, Tardieu. On les produit avec de la poudre, du noir de fumée, du vermillon, du bleu de Prusse. Les images indiquent la condition sociale de l'individu ou sa profession, parfois elles ont une signification morale. On rencontre très-souvent les mots : Pas de chance, sur les avant-bras, surtout à droite-
DE L'IDENTITÉ
J'ai observé plusieurs fois en Afrique, et vu deux fois, dans le service des consignés au Val -de -Grâce, une botte dessinée sur le pénis.— - Parent-Duchatelet, dans ses études sur la prostitution, a observé que des tatouages se rencontraient fréquemment sur la poitrine ou le ventre des prostituées. Il a remarqué que c'étaient des noms d'hommes chez les jeunes, des noms de femmes chez les âgées.
Tardieu classe ainsi les différents emblèmes que l'on peut rencontrer. D'abord des emblèmes militaires (croix, médailles, Sabre, fusil, ancre, tous les uniformes), des emblèmes amoureux (portraits, noms, cœur transpercé d'une flèche), des emblèmes religieux (Christ en croix, Saint-Esprit, noms de patrons), des emblèmes professionnels (outils, instruments). Nous y ajouterons des emblèmes sociaux; c'est ainsi que des tribus ont des marques spéciales et tatouent leurs enfants de la même manière. On sait que les tatouages ont été réprouvés par Moïse , d'où leur absence chez les Juifs.
Les tatouages persistent presque toujours indéfiniment. D'après Casper, Hutin et Tardieu, il en est qui peuvent disparaître spontanément : par ancienneté, par le peu de profondeur des piqûres, ou la nature de la couleur employée. On a d'ailleurs cherché à les faire disparaître avec une solution d*acide acétique ou de potasse, par l'application d'un vésicatoire. L'emploi de la loupe permet de reconnaître cette tentative.
Les signes professionnels doivent aussi être connus. D'après Tardieu, les modifications physiques et chimiques que détermine dans certains organes l'exercice de diverses professions peuvent être rattachées aux quatre types suivants : 1° épaississement de Fépiderme;
2° altération de la structure de la peau ; 3° modification de la coloration normale; 4° déformation des parties.
lïépaississement varie de la dureté calleuse jusqu'au durillon et au bourrelet saillant. Ainsi celui de l'avantbras chez les cardeurs de matelas, le calus palmaire du bâtonniste, du tambour, des ouvriers à marteau. Le durillon saillant est épais et circonscrit, comme un cor chez les cochers, coiffeurs, écrivains, tailleurs de pierre. On rencontre le bourrelet chez le graveur sur métaux, le joueur d'orgues, le menuisier, le tourneur. Chez les jeunes ouvriers ces tumeurs sont molles et rougeatres.
Les crevasses profondes se rencontrent chez les buandiers , les blanchisseurs , les boulangers , les débardeurs, les polisseurs; la destruction des ongles chez les nacrières et les polisseuses de cuillers ; la formation de tumeurs et de kystes chez le débardeur, le tailleur d'habits, le vermicellier ; le changement de coloration chez les blanchisseurs de tissu, les corroyeurs, les ouvriers en cuivre, les écaleuses de noix, les ébénistes, les teinturiers.
Parfois il y a déformation des parties : ainsi le doigt déformé chez les cordonniers, les fleuristes, les repasseuses, les pastilleurs, les bijoutiers, la rétraction des tendons fléchisseurs chez les cloutiers.
En résumé, la main est la partie la plus importante, et ses altérations occupent soit la portion palmaire, soit les doigts isolés ou réunis, aux deux mains, ou à l'une des deux seulement. C'est alors surtout sur la droite qu'on les constate.
2° Identité après la mort. — C'est un cadavre entier. Pour cet examen, nous renvoyons à l'étude que nous en ferons plus tard.
cassa^ne med.jud.
Pl. I.paêe 108.
f,DE L'IDENTITÉ.
Si c'est un squelette ou des parties de squelette, il faut déterminer le sexe, mesurer la taille, et chercher l'âge au moyen des signes que nous avons déjà étudiés (état de l'ossification).
3° Identité des substances ou objets. — C'est la recherche des signes particuliers propres à établir la participation d'un individu à des actes criminels ou délictueux.
C'est ainsi qu'on examine l'état des vêtements dont la déchirure ou le désordre montrent des traces de lutte, de violence, la participation à l'acte incriminé. Outre ces preuves de lutte fournies par les vêtements, il peut exister de nouveaux signes sur le corps ; c'est ainsi que l'on constate des égratignures, des érosions, des morsures, des contusions. 11 peut y avoir différentes taches que nous apprendrons à différencier (sang, sperme, mucus, mains noircies par la poudre, plaies, brûlures), ce sont des cheveux ou des poils adhérents à certains objets, de la matière cérébrale, etc. Il y a enfin les empreintes laissées par certaines parties du corps de l'individu: mains sanglantes, empreintes de pas sur la terre ou sur la neige.
IV. Conséquences médico-judiciaires et règles de l'expertise.
On fait le signalement de l'individu, ainsi que nous l'avons indiqué. On le toise, on le pèse.
Pour reconnaître la coloration factice des cheveux, on peut employer les procédés suivants : 1 0 si les cheveux sont teints par le mélainocome, ils noircissent les doigts et le linge. Une mèche de ces cheveux étant mise dans l'eau bouillante, la graisse surnage et le
LAC ASSAGNE . 7
QUESTIONS GÉNÉRALES
charbon se précipite. 2° Si la coloration est due à la réaction de l'acide sulfhydrique sur un sel de bismuth, on traite les cheveux par le chlore ou l'acide chlorhydrique. Au bout d'une heure, il y a décoloration, et le liquide provenant de l'opération précipite par les réactifs des sels de bismuth. 3° S'ils sont colorés par le sous-acétate de plomb, en se séchant ils deviennent d'un brun rougeâtre. On traite une mèche par l'acide chlorhydrique et le produit donne les réactions des sels de plomb. 4° Une solution de nitrate d'argent donne une couleur ordinairement violette que le chlore fait disparaître en la blanchissant immédiatement.
Pour les tatouages, il faut dans quelques cas les examiner à la loupe; ce sont les mains, et spécialement la droite, les avant-bras, qui donnent les signes professionnels les plus importants.
Pour avoir la taille d'un squelette, qnandil est entier, on ajoute quatre centimètres pour les parties molles.
Si on ne trouve que quelques os, on reconstitue la taille avec les plus gros. Sue a dressé des tables indiquant la longueur des os avec la longueur de l'indi« vidu. C'est ainsi qu'on trouve que le fémur est le quart de la taille du vivant, l'humérus est cinq fois et demie plus court.
Les taches, les empreintes, seront examinées plus tard avec le cadavre.
M. le docteur Vincent1 s'est occupé d'un problème* intéressant, et dont la solution peut rentrer dans la question qui nous occupe.
Ce problème est le suivant : « Un crime ou un délit étant commis, jusqu'à quelle distance un témoin peut-il
1 De la vue distincte considérée dans ses rapports avec la médecine légale {Mém. de VAcad. de méd., t. XXX. — 1871-73).
DE L'IDENTITÉ
en reconnaître V auteur et affirmer son identité devant les tribunaux ? Jusqu'à quelle distance ce témoin peut-il apercevoir distinctement cette action criminelle et ses divers incidents ? »
Dans ces diverses circonstances, les caractères qui font reconnaître les personnes à distance appartiennent à la totalité du corps (la stature, l'habillement, les allures) ou sont propres à la tête (coiffure, système pileux, volume et forme, le visage). — Les personnes que nous connaissons bien et dont les caractères de totalité nous sont très-familiers peuvent être reconnues entre 40 et 200 mètres. Celles que nous connaissons moins bien et dont les caractères ne nous sont pas familiers se différencient par les caractères généraux ou de totalité de la face et de la tête seulement et ne peuvent pas être reconnues au delà de 25 à 50 mètres. Pour les personnes que Ton a vues pour la première fois, leur identité ne peut être rigoureusement affirmée que si on a pu distinguer les traits de la face, c'est-à-dire à 15 mètres et au-dessous.
Telle est la vue distincte à la lumière solaire uniforme ou à la lumière diffuse uniforme. Mais certaines conditions accidentelles peuvent modifier ces résultats. C'est ainsi que, d'après Vincent, la vue distincte est plus nette et se produit à une plus grande distance, lorsque l'observateur se trouve plongé dans la lumière diffuse, et la personne ou la chose vues éclairées directement par le soleil. Le contraire a lieu quand l'observateur se trouve dans un milieu éclairé directement par le soleil et les objets ou personnes observés plongés dans la lumière diffuse, comme à l'ombre d'un bâtiment, d'un arbre, d'un accident de terrain, gil est fort difficile de reconnaître la personne la
QUESTIONS GÉNÉRALES
mieux connue au delà de 15 à 16 mètres, même par le plus beau clair de lune ; à la lueur des étoiles, on ne reconnaît une personne que seulement aux caractères de totalité de tout le corps et de la tête, avec lesquels ii faut être très -familier, et à une distance maximum de 3 à 4 mètres.
5. DE LA RESPONSABILITÉ CRIMINELLE ET DE LA CAPACITÉ CIVILE : DES MALADIES MENTALES.
Nos études antérieures ont suivi la marche ordinaire de la procédure : un délit est commis, voilà le coupable d'après son identité. Mais une nouvelle question peut se poser : cet individu est-il responsable?
Cette question de responsabilité est un des problèmes généraux de la médecine judiciaire/Dans la rédaction de ce chapitre, nous avons mis à contribution l'ouvrage remarquable du docteur Krafft-Ebing (traduction du docteur Châtelain), les publications des docteurs Tardieu, J. Falret, Legrand du Saulle.