AUX BLESSÉS
outre être appliquées sur la poitrine ou le creux de l'estomac.
Ie Dans les cas de brûlure, il faut conserver et replacer avec le plus grand soin les parties d'épiderrae soulevées ou en partie arrachées.
On percera les cloques ou ampoules avec une épingle, et l'on en fera sortir le liquide. On couvrira ensuite la partie brûlée d'un linge fin enduit de cérat ou trempé dans' de l'huile d'amande douce, et l'on placera par-dessus des compresses imbibées d'eau fraîche, que l'on arrosera fréquemment.
8° Dans le cas de foulure ou d'entorse, il faut plonger, s'il est possible, la partie blessée dans un vase rempli d'eau fraîche, et l'y laisser pendant très-longtemps, en renouvelant l'eau à mesure qu'elle s'échauffe. Si la partie ne peut être plongée dans l'eau, il faut la couvrir ou l'envelopper de compresses imbibées d'eau que l'on entretiendra fraîches au moyen d'un arrosement continuel.
9° Dans le cas de luxation ou de déboîtement, il faut éviter avec le plus grand soin de faire exécuter au membre malade aucun mouvement brusque et étendu. On se contentera de placer et de soutenir ce membre dans la position qui occasionnera le moins de douleur au blessé, et l'on attendra ainsi l'arrivée du chirurgien.
10° Dans le cas de fracture, il faut éviter plus encore que dans le cas de luxation d'imprimer au membre blessé aucun mouvement inutile : pendant le transport du blessé, on doit le porter ou le soutenir avec la plus grande précaution.
S'il s'agit du bras, de l'avant-bras ou de la main, on rapprochera doucement le membre du corps, et on le soutiendra avec une écharpe dans la position qui sera le moins pénible pour le blessé.
Si le mal existe à la cuisse ou à la jambe, il faudra, après avoir doucement placé le blessé sur le brancard ou sur un lit, étendre avec précaution le membre fracturé sur un oreiller, et l'y maintenir à l'aide de deux ou trois rubans suffisamment serrés sur l'oreiller. On peut aussi, à défaut de ce moyen, rapprocher le membre blessé du membre sain et les unir ensemble dans toute leur longueur sans trop les serrer, mais de manière que le membre sain soutienne l'autre et prévienne le dérangement de la fracture. Un point important est de soutenir le pied et de l'empêcher de tomber au dedans ou au dehors.
11° Dans le cas de syncope ou de perte de connaissance, il faut d'abord desserrer les vêtements, enlever ou relâcher tous les liens qui peuvent comprimer le cou, la poitrine ou le ventre. On couchera ensuite le blessé horizontalement, la tête médiocrement élevée, et l'on s'efforcera de le ranimer au moyen de fortes aspirations d'eau fraîche sur le visage, de frictions sur les tem-
DES COUPS ET BLESSURES
pes et autour du nez avec du vinaigre. On pourra passer un flacon d'ammoniaque sous les* narines sans l'y laisser séjourner; on fera des frictions sur la région du cœur avec de l'alcool camphré ou toute autre liqueur spiritueuse. Ces secours doiven fêtre quelquefois prolongés longtemps avant de produire le rappel â la vie. Si le blessé a perdu beaucoup de sang et s'il est froid.il faut pratiquer sur tout le corps des frictions avec de la flanelle, le couvrir avec soin et réchauffer son lit.
Lorsque la syncope commence à se dissiper et que le blessé reprend ses facultés, on peut, lui faire avaler de l'eau sucrée avec quelques gouttes de ligueur spiritueuse.
Lorsque la perte de connaissauce est accompagnée de blessures considérables au crâne, il faut se contenter de placer le blessé dans la situation la plus commode, la tête médiocrement soulevée, maintenir la chakur du corps, surtout des pieds, et attendre l'arrivée du médecin.
Si le blessé est dans un état d'ivresse qui paraisse dangereux par l'agitation extrême qu'il excite, ou par l'anéantissement profond des forces qu'il détermine, on peut lui faire prendre par gorgées, à quelques minutes d'intervalle, un verre d'eau légèrement sucrée, avec dix à quinze gouttes d'ammoniaque. Si l'on peut se procurer de Y acétate d'ammoniaque, cette substance, à la dose de vingt à vingt-cinq gouttes, devra être préférée à l'ammoniaque. L'administration de l'une ou de l'autre de ces préparations pourra être répétée une fois s'il en est besoin.
Il importe de se rappeler ^u'un nombre trop grand de personnes auprès des individus blessés ou autres, qui ont besoin de secours, est toujours nuisible. Pour être efficaces, ces secours doivent être donnés avec calme et appropriés exactement aux différents cas spécifiés dans la présente instruction. »