III. Symptômes généraux et pathogénie
Les symptômes du début peuvent être très-insidieux. L'intoxication se fait lentement; dans le cas observé par M. Caussé, il n'existait pas de bec de gaz dans la chambre : le gaz s'infiltrait sous terre et arrivait par les fissures du plancher.
Ce sont d'abord des nausées, de la céphalalgie, des étourdissements, un profond affaiblissement, qui se
DES ASPHYXIES
montrent quand les individus séjournent dans la chambre intoxiquée, mais qui disparaissent quand les individus s'en éloignent pendant un certain temps. Ce malaise et ces symptômes se sont montrés pendant cinq nuits de suite chez les trois personnes dont M. Gaussé rapporte l'histoire.
Les accidents mortels arrivent en effet la nuit. Les individus ne tardent pas à perdre connaissance. Parfois ils cherchent à se lever, mais ils chancellent et tombent.
Il y a à la fois asphyxie et empoisonnement. Ce sont d'abord des nausées, de la pesanteur de tête, une prostration extrême des forces. La conscience des choses du monde extérieur est voilée ou anéantie. « La victime n'aurait qu'un cri à pousser pour être secourue, qu'uil mouvement à faire pour briser un carreau et être sauvée ; mais elle est réduite à l'impuissance. » Les troubles de la sensibilité, de la motilité et des facultés intellectuelles, s'accentuent de plus en plus. La respiration s'embarrasse, le pouls devient filiforme, et la scène se termine par tous les phénomènes ordinaires de l'asphyxie.