Itevue de métaphysique et de morale, juniet
2. W. James, l'Expérience religieuse, p. 366. Paris, Félix Alcan.
LE MODERNISME ET L ORTHODOXE
Bien loin d'ailleurs d'obtenir l'unanimité, la théologie fondée sur la pure raison a créé des écoles et des sectes, tout comme le sentiment mystique. Bacon et Descartes ont ruiné la scolastiquc : Kant anéanlil le spiritualisme cartésien en montrant l'incapacité do la raison pure à atteindre l'absolu. « Les arguments théologiques ne peuvent plus servir de base à la religion. L'idée de cause est trop obscure pour qu'on puisse bâtir sur elle une théologie. Quant à la preuve par les causes finales, Darwin l'a bouleversée. Les adaptations que présente la nature n'étant que des réussites hasardeuses, parmi d'innombrables défaites, nous suggèrent l'idée d'une divinité bien différente du Dieu que démontrait le finalismc ^ » C'est pourquoi les modernistes recourent à un autre mode de connaissance que celui que nous offrent l'intelligence et la raison. Ils reviennent au mode le plus primitif, à l'instinct, au sentiment, à l'intuition, au subconscient, à un christianisme purement psychologique, émotionnel, et comme on dit expérimental, qui cherche la preuve et la vérification des dogmes dans leur efficacité morale.
A quoi les orthodoxes répliquent à leur tour^ que substituer à la supériorité de la révélation l'intériorité du sentiment, réduire le catholicisme à l'inspiration individuelle, c'est passer à la religion de Rousseau, de Jacobi, de Schleiermacher, et s'acheminer VOIS l'îilhéisme pur de Feuerbach. Feucrbach