CHAPITRE XII. — PEiirrcRE et GOUDROinvAoE. Éléments Ûe la peinture
.Art. 170. Couleurs. Le» conleurs seront préalablement bien broyées et non infbsées; on se servira d'buUe de lin pour les ourrages extérieurs, et d'huile blanche pour ceux intérieurs.
Art. 171. Colle, vernis, masties» La coile sera filiti soit en parchemin, sott en peaux, suiTënt les cas qui vont être indiqués.
Les huiles, vernis, essences, et en général tous les objets entrant dans la composition des couleurs, seront de la première qualité.
Les mastics seront faits avec soin et bien recirés dans leur emploi.
Art. 172. Teintes à la colle. Les lilancs et les teintes claires fines seront feits avec de bonne colle de parchemin, en suffisante quantité pour qu'ils ne se détâcheht pas au fh>ttement; les teintes foncées pourront être confectionnées avec de simple coile de peau> également en quantité suffisante.
On ne distinguera que deux espèces de teintes : l'une dite commune, l'autre dite couleurs fines, suivant le prix des couleurs dont elles sont composées :
1« Les teintes communes, qui seront composées de blanc de Bougival, seul on mélë avec les divers ocres, charbon fin, terre d'ombre et autres couleurs communes.
2" Les teintes fines, dans lesquelles entreront les orplns, le stil de «rain, les jaunes minéral et de Naples, la laque, le vermillon, le vert -de-gris et le bleu de Prusse^ mêlés avec. une partie de blanc de céruse sur trois parties de blanc.
Art. 173. Teintes à Vhuile. Les couleurs seront délayées, pour former les teintes, dans de l'huile de lin coupée d'un tiers d'essence de térébenthine; il sera ajouté un peu de litbarge pour les rendre siccatives, lorsque l'Ingénieur le jugera nécessaire.
On ne distinguera^ comme dans les peintures à la colle, que deux teintes ; Tune de couleurs communes, l'autre de couleurs fines; mais il est bien entendu que le blanc de Bougival ne doit point faire partie des matériaux d'aucune iieinture à l'huile, le blanc de céruse et le blanc de zînc devant être seuls employés. Les peintures grises seront donc toujours comptées comme peintures communes, le blanc de céruse ne devant être compté comme peinture fine que lorsqu'il est employé à produire le blanc de roi.
D'ailleurs, les ï>einlUres en couleul-s fines ne devront être exécutées qu'autant qu^elles seront demandées par ordre formel et par écrit.
toutes ces couleurs devront avoir la consistance nécessaire pour bien couvrir les objets qu'elles doivent peindre.
Peinture en œuvre.
Art. 174. Ouvrage de préparation. Les bois on murs à peindre seront grattés, lavés et préparés convenablement, les trous et joints bien rebouchés, suivant les ordres qui en seront donnés.
Les grattages sur vieilles peintures en détrempe seront faits à grande eau, bien épongés après l'achèvement du travail.
Suivant ce qui sera ordonné, les lessivages sur vieilles peintures à l'huile seront faits, soit à l'eau seconde coupée, soit à l'eau seconde forte.
Les rebouchages seront exécutés en mastic ou bande de papier, et dans ce dernier cas, le papier devra être blanc et fort. 11 devra être collé avec de la colle forte, dont le prix est compris dans celui qui est porté au bordereau pour le rebouchage.
Tout rebouchage sur ouvragé neuf (quand il sera Jugé nécessaire) aéra an compte de l'entrepreneur.
ART. 175. Blancf^ssage au lait de chatix. Le blanchissage au lait de chanx sera fait avec soin, et assez épais pour que deux couches suffisent sur les mius salis.
Art. 176. Badigeonnage extérieur. Les badigeonnages extérieurs seront en couleur de pfeite de Saint-Leu, et devront contenir assez d'alun pour résister aux injures du temps.
Art. 177. Peintures à la colle. Les couleurs à la colle seront employées chaudes, couchées le plus uniment possible, et sulTant le nombre de conêbes qui sera ordonné.
On appliquera sous les couches à la colle une couche d'encollage ou blanc d'apprêt avec le rebouchage.
Art. 178. Peinturifs à Vhuife. On ne mettra jamais d'encollage sous les peintures à rhuile.
Les couches à l'huile seront suffisamment épaisses; elles seront appliquées, autant que possible, par un temps sec, surtout à l'extérieur : on ne mettra les se- * coudes que quand les premières seront sèches.
Le nombre des couches sera déterminé par l'ingénieur.
Art. 179. Rëchampissage. Pour les ouvrages en réchampfssage, on comptera le nombre des couches de teintes, puis, en sus, une seule plus-value pour maind'œuvre totale de réchampissage à deux ou trois tons.
Art. i80. Ouvrages de décors. Les ouvrages dits de décors sont : ■
Les pierres feintes à trois filets ;
Les granits jaspés à trois jetées^ les granits porphyres chiquetés i trois tons;
Les bois veinés de toute espèce;
Les marbres vernis blancs et de tous les tons;
Enfin les bronzes à l'antique cuivré.
Ces ouvrages seront payés au mètre carré, en sus des teintes quil aura d^ Mu mettre sur les bois ou murs pour préparer l'ouvrage.
Art. 181. Vernis, Le vernis qu'on emploiera sur les blancs gris ou eouleors claires sera à l'esprit de vin première qualité ; il sera apppliqué soigneusement selon les règles de l'art.
Celui qui sera mis sur les bois, marbres ou couleurs foncées sera de l'espèce dite vernis à bois.
Art. 182. Plinthes, moulures, etc. Lorsque les plinthes, mou)ures, etc., en menuiserie, seront peintes en mêmes couleurs et en même temps que le mor ou lambris auquel elles sont appliquées, elles seront payées au mètre carré; si elles sont peintes séparément, elles seront payées au mètre courant, quelles que soient leurs largeur et épaisseur.
Art. 183. Plinthes figurées. Lorsque ces moulures seront peintes sur une surface unie, pour figurer des encadrements, chambranles, cymaises, etc., elles devront être à plusieurs filets, ombrées et éclairées suivant les dessins donnés par l'ingénieur, et seront payées au mètre courant, quelle que soit leur largeur, eu outre de la peinture de la surface sur laquelle elles sont feintes.
Art. 184. Lettres ou chiffres, il n'y aura qu'une seule espèce de lettres ou chiffres : ils seront de toutes couleurs, sans ombrc^ et pourront être demandes jusqu'à 0'",25 de liauteur.
Art. 185. Mesurages. Les ouvrages au mètre carré seront mesurés ainsi qu^â suit:
1* Tous les vides seront déduits ;
S» Toutes les épaisseurs seront comptées, mais seulement au delà de 0*,i06;
S*" Les moulures de corniches, etc., seront développées sur une iongiieur moyenne, mais non celles des cadres des lambris ;
4* Les croisées i petits carreaux, Jusqu'à 0,10 de mètre carré, seront comptées pleines sur deux fnoes, et sans rien ajouter pour les épaisseurs ;
5* Les croisées à grands carreaux, pleines sur une face et demie seulement pour les deux, sans rien ajouter pour les épaisseurs;
6* Les Persiennes à trois faces pour les deux;
7** Les grilles, rampes, balcons et treillages, qui ne seraient pas à barreaux droits y et susceptibles d'être développés au mètre linéaire, seront comptés sur une ou deux faces, selon la difficulté que présentera leur main-d'œuvre. Les peintures des espagnolettes et autres ferrures de croisées ne seront payées que lorsque, d'après l'ordre deTingénieur, elles seront peintes d'une autre couleur que les croisées auxquelles elles appartiennent;
8* Les ouvrages de décors seront comptés en sus des teintes qui leur serviront de fond, comme plus-value de main-d'œuvre et menues fournitures pour les veines et glacis, et ces glacis ne seront Jamais comptés comme teinte.
Lorsque l'on appliquera plusieurs couches de teinte de même espèce, soit d'ouvrages préparatoires, soit d'ouvrages à la colle ou à l'huile, les deuxième, troisième couches, etc., seront payées un quart de moins que la première.
Art. 186. Goudronnage. Le goudron sera employé chaud et suffisamment épais pour bien couvrir le bois; on pourra exiger un demi-kllogranune de goudron par mètre carré.