‹ Pratique de l'art de construire; maçonnerie, terrasse et platrerieChapitre 21 sur 145 · éla»géàn«egangt.e<r«rt.|^^-»»j!;-^-âf · texte numérisé non relu

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I ^ ^. x >. j^ C Bitume terreux du Mexique.

I r mélangé à une gangue teiw \ j^ ^^ ^^^

4*> imprégnant des schistes.

M. de Bastennet, etc.

SobistCA bitiminem d'Autan.

Id. de Buxières-U-Grue (AUier).

Id. do SmipIdBé, eu.

IAiphaHe de Seyssel.

Id. du Val-de-TraYers.

/tf. deLobsann.

». du Gbavareehe.

X id, do Glermont, etc.

^incipcoix gisements de bitume. Le bitume libro est abondamment répandu à la surface du globe, on le rencontre dans presque tous les terrains volcaniques et il imprègne souvent les molasses superposées ^ la formation jurassique, iîinsi on le trouve en grande quantité et

SOUS les aspects les plus divers aux environs de Glermont-Ferrand, tantôt a Tétat de liberté parfaite coninie dans la Fontaine de Poix^ tantôt mélangé avec des sables fins comme à Ghamalière et Gerzat, tantôt disséminé dans les cavités d*une marne spongieuse comme à Pont-du-Ch&teau. La forme la plus ordinaire du bitume libre est celle de mélange avec les sables quartzeux ou molasses vertes de la formation néocomienne, ainsi qu^on l'exploite à Pyrîmont-Seyssel (Ain) et à Bastennes (Landes) (ce dernier gisement épuisé aujourjourd*bui). Le bitume libre se montre encore en Judée dans le lac aspbaltique; dans la mer Gaspienne, surnageant a la Surface; aux Antilles (île de la Trinité), souillé d'une base terreuse et solide à la température ordinaire.

Le bitume à Fétat de combinaison ou de mélange intime est plus rare; sous l'espèce de schiste, on le rencontre encore assez facilement dans le bassin houiller d'Autun (Saône-et-Loire), dans celui de Buxières (Allier), en Provence, en Dauphiné, dans le Nord et ailleurs; mais sous celle de Galcaire on ne compte guère en Europe que trois à quatre mines avantageusement exploitables.

Le schiste bitumeux est la matière première d'une industrie récente et déjà considérable; on en extrait par une double distillation une huile légère et incolore qui défraye l'important commerce des huiles à éclairage minéral.

Quant au calcaire bitumeux ou asphalte proprement dit, la plus rare des manifestations de bitume, c'est une roche formée dç 90 à 94 de carbonate de chaux pur et de 10 a 6 de bitume. Son aspect est celui de la pierre à plâtre, et sa couleur celle du chocolat; lorqu'on la coupe, la surface entamée présente cette apparence blanchâtre que le couteau laisse aussi sur le chocolat; le grain est fin, et lorsqu'on en examine attentivement la structure, on reconnaît que chaque molécule de calcaire est environnée d'une couche presque atomique de bitume ; tout grain est ainsi isolé de son voisin par un vernis qui sert en même temps à les coller énergiquement l'un à l'autre. Pendant les chaleurs, ce vernis devient visqueux et souvent le poids seul d'un bloc suffit pour le rompre en deux ou plusieurs fragments; dans Thiver, au contraire, le bitume devient sec et la roche prend une dureté remarquable.

Les gisements d'asphalte se comptent; la nature s'est montréeavare de cette précieuse matière, et l'on ne saurait guère déterminer par quelle loi les gîtes les plus riches connus, on peut dire les seuls exploitables, se trouvent presque réunis dans une zone très-resserrée de la carte dHEurope. On voit, en effet, que si l'on tire une ligne droite du Nord au Sud, depuis Wisscnibourg jusqu'à Ghambéry, cette ligne traverse les quatre mines qui défrayent aujourd'hui l'industrie des dallages : Lobsann, le Val-de-Travers, Seyssel et Volant,

MATÉlUAint EMFLOTÉS DANS LES CONSTRDGTIONS. 14ft

enfin Ghayaroche. Cette ligne coïncide avec la direction des monts Junu

Le banc d'asphalte, qui parait être du même âge dans ces quatre gisements, appartient à la partie supérieure du terrain jurassique et se trouve situé immédiatement au-dessous des molasses vertes.

Outre les mines précédentes, il existe dans plusieurs régions de la France et de TEspagne des affleurements de calcaires bitumeux de richesse très-inférieure et de pureté douteuse.

Extraction. On exploite Tasphalte a la manière du moellon avec la poudre et la barre-k-mîne ; souvent la roche est assez tendre pour qu'on puisse pratiquer les trous de mine a la tarière, ^extraction s^opère soit à ciel ouvert comme k Pyrimont-Seyssel et au Val-de- Travers, soit sous galerie comme à Volant et Ghavaroche.

Les moellons d*asphalte sont empilés sur le carreau de la mine par tas de 100 mètres cubes; une partie est expédiée sur les travaux àTétat de roche, le reste est envoyé aux usines de fabrication du mastic. On a soin ordinairement d'éviter les grands approvisionnements en été, parce que les chaleurs font décrépiter la roche, qui tombe d'elle-même en poussière. Cet inconvénient cesse si les approvisionnements sont emmagasinés dans les galeries. L'été est aussi la saison la plus redoutée des mineurs qui travaillent à ciel ouvert; sous l'action du soleil, le banc d'asphalte se ramollit au point qu« les coups de mine sont sans effet et qu'on est obligé de se contenter du pic, du levier et du coin. Les frais de main-d'œuvre doublent quelquefois de l'hiver à Tété.

Casmge. La roche destinée k la fabrication du mastic est concassée, puis pulvérisée. Comme cette roche, très-dure en hiver, se ramollit considérablement dans les chaleurs, il en résulte que son cassage, facpe dans les temps froids, devient très-laborieux eo été, impossiUe môme quelquefois lorsque les blocs a débiter ont été exposés k un soleil ardent. Sous l'action du soleil, le bitume d'imprégnation se liquéfie, la matière devient lâche et le casseur ne frappe plus que sur une espèce de pâte qui s'aplatit sans se fendre. Aussi évile-l-on d'avoir ce travail k faire en été, k moins qu'il ne s'effectue dans les galeries mêmes où s'extrait la roche. On peut admettre quen moyenne la main-d'œuvre de cassage du calcaire bitumeux varie de l'hiver a l'été dans le rapport de 3 k 5.

La roche est cassée ordinairement k la grosseur de 3 k 4 centimètres de côté, comme les cailloux qui servent k l'empierrement des routes; c'est k cet état qu'elle est emmétrée; on trouve qu'un tas de roche en blocs, transformé en roche cassée perd environ 20 pour 400 de son volume.

Pulvérisation. Dans les usines où le mastic d'asphalte se prépare en grand, le calcaire bitumineux cassé est pulvérisé, puis tamisé.

iO

146 PRClflilRt fiftTie. '^ MAÇONKEntt CT TEftHASSe.

On emploie k cet effet, soiile molleton, c*e8t-!i*dre la meule Tertica1i> en pierre ou en fonte, munie du ràcloir et autres accessoires, soit le moulin à noix, qui consiste en un cône en fonte de 0'',dO à 0",70 de base et de 0'",80 de hauteur, monté sur un arbre vertical et se mouvant dans une coquille de même métal; le cône et la coquille sont garnis de dents qui brisent la pierre et la réduisent en poussière.

Au sortir du moulin, la poudre tombe dans des blutoirs cylindriques a mailles de 0"',02 environ; la poudre tamisée est bonne à être livrée à la cuisson, les grabons ou parties résistantes retenues par le tamis sont rendues aux moulins.

La pulvérisation peut se faire k chaud, par décrépitation. On place la roche cassée dans des caisses découvertes en tôle mince de 1 mètre sur 0",60, et de 0",20 de profondeur. Ces caisses sont introduites dans des cornues plates en fonte, analogues aux cornues horizontales employées k la distillation des schistes bitumineux; on entretient sous ces appareils une chaleur douce et uniforme, qui ramollit le mastic, et les molécules calcaires se séparent. On secoue les caisses de temps en temps, afin de soumettre le plus uniformément possible toutes les parties de Tasphalte k l'action de la chaleur ; puis on verse la matière ainsi étonnée sur une aire plane, où on la pilonne pour achever la pulvérisation, et Ton procède au tamisage. La difficulté de soumettre toute la matière k une température convenable et uniforme, fait que Ton n'a recours k ce mode de pulvérisation, qui a été le premier employé; que quand on n*a pas k sa disposition une force motrice suffisante.

Fabrication des pains de mastic d^asphalte. On se sert pour cela de chaudières demi-cylindrique en fonte, de 2 mètres de longueur sur 1 mètre de diamètre, placées horizontalement sur des fourneaux k retour de flamme. Un arbre fixé dans Taxe de la chaudière et porteur de lames dirigées dans le sens du rayon agite la matière It en met successivement toutes les parties en contact avec la surface de chauffe. Chaque appareil est surmonta d*un couvercle en tôle, demicylindrique aussi, qu'on soulève de temps k autre pour introduire la matière et surveiller la marche de l'opération. Des tuyaux de dégagement sont adaptés aux flancs des chaudières pour écouler les vapeurs d'eau qui s'échappent abondamment au commencement de la cuisson.

On jette d'abord dans chaque chaudière 90 k 100 kilogrammes de bitume libre qui entre bientôt en fusion. Quand il a atteint k peu près sa température de volatilisation, on met l'agitateur en mouvement et l'on jette pelletée par pelletée la poudre d*asphalte; la poudre, en tombant dans le liquide chaud , décrépite et se mélange intimement avec lui; on continue l'introduction jusqu'au moment où le mélange va cesser d'être pâteux pour devenir friable, ce qu'on

MATÉRIAtJX EMPLOYÉS DANS LES CONSTRUCTIONS. 447

reconnatt à ce que la matière commence à s'attacher au fond de la chaudière et aux lames de Tagitateur. A cet instant l'appareil a reçu environ :

100 Ulegrammes de bltnme libre; 1400 kilogrammes de poudre d'asphalU.

Après avoir chauffé et agité pendant six heures, on procède ^ la coulée, dans des moules cylindriques en tôle qui donnent des pains de 0",30 de diamètre sur 0*,*iO k 0*,12 de hauteur, et pesant environ 25 kilogrammes. Ce sont ces pains qui, expédiés sur les travaux, sont refondus dans des chaudières ambulantes pour rétablissement des trottoirs et autres ouvrages d'asphalte.

Extraction et préparation des bitumes quiinterviennerd dans lafor brication du mastic. Le bitume se rencontre dans la nature soit à Tètat de liberté absolue, soit, et le plus ordinairement, agglutinant des sables quartzeux, soit enfin mélangé avec des matières marneuses on terreuses.

Dans le premier casy dont \k fontaine de Poix est un exemple, on se borne h recueillir le bitume à sa sortie de terre, k le purger par un simple raffinage de toutes les impuretés dont il peut être souillé, et Ton obtient ainsi un corps visqueux d'un beau brillant noir, le hittmepnr^ en un mot.

Dans le second cas^ on exploite, comme k Pyrîmont-Seyssel, kBastennes ou k Clermont, des bancs très-irréguliers de molasse saturée de bitume; les blocs qu'on extrait sont cassés en morceaux deO",07 àO",os de côté, jetés dans des chaudières d'eau bouillante et brassés pendant une heure environ. Le bitume porté k 100 degrés se liquéfie, la molasse tombe en sable, et le bouillonnement de l'eau agissant mécaniquement, chaque grain se dépouille de son enveloppe bitumineuse, qui vient surnager ; on écume la surface pour recueillir le bitume, et le sable reste blanc au fond; on enlève ce sable, on recharge la chaudière et l'opération recommence. Lorsque la molasse est k gros grain, comme on en trouve k Lussat (Auvergne), le sable est complètement précipité, et le bitume est presque pur; mais il est fort rare que la molasse ne soit pas très-fine de grain, et alors la matière enlevée a Fécumoir renferme toujours une grande quantité de grès désagrégé entraîné par l'ébullition et disséminé dans le bitume. Pour purger les écumes de ce sable, on les fait bouillir, l'eau «évapore, le sable gagne le fond en vertu de sa densité, et Ton décante. Le bitume obtenu pas cette seconde opération est absolument pur, mais le sable resté au fond de la chaudière en conserve encore

un volume presque égal au sien et qu'il est impossible de lui retirer

pratiquement. Ce système dispendieux a été décrit par d'Alembert

dai» TEneyclopédie, et il n'a pas fait un pas depuis cent ans.

Le bitume de Bastennes ayant manqué, la Société de Vai-de-Travers a cherché à le remplacer par des bitumes obtenus à Taide de procédés dus à M . Armand. Le premier procédé consiste à extraire directement le bitume de la roche d*asphalte par distillation, et le second à soumettre à un traitement particulier un mélange de bitume, de suif, d'arcanson bitumineux et de bitume de schiste, dans lequel on introduit du sulfure de carbone saturé de soufre.

Dans la fabrication du bitume on recueille, comme produits accès* soires, la chaux qui provient de la calq^nation de Fasphalte, la paraffine, un baume employé en médecine, le bitume dit de Judée^ la benzine, et surtout lenaphte et le pétrole, qui servent pour les Ternis et pour Féclairage.

Dans le troisième casy celui où le bitume est mélangé avec des matières terreuses, on est obligé d'avoir recours a d'autres moyens. Pour les bitumes de la Trinité, par exemple, qui s'étendent eo immenses lacs desséchés, dont le fond est entièrement composé d*une sorte de roche noirâtre, qui n'est que le bitume solidifié par la présence de matières étrangères (schlamm ou argile) et par l'évaporation d'une certaine quantité d'huiles essentielles; on extrait cette roche, que l'on transporte en France, où on la soumet au traitement suivant. On distille une partie de ce bitume solidifié et Ton obtient au serpentin une huile bitumineuse analogue aux huiles lourdes de schistes; cette huile sert à dissoudre dans des chaudières spéciales trois autres parties de bitume solide. La dissolution se fait a chaud; les gangues terreuses vont au fond, et par un décantement on en sépare le bitume pur, qu'on embariUe.et qu'on expédie sur les travaux. Pour dissoudre le bitume brut de la Trinité, on a pu remplacer l'hujle provenant de sa distillation par celle qu'on obtient en distillant les schistes bitumineux.

Ces procédés, dus k M. Armand, ont permis a la Société de Valde-Travers d'exploiter le bitume de la Trinité sur une très-grande échelle. L'analyse par distillation de ce bitume a donné k cet Ingénieur :

Naphte 12,72

Pétrole 6,09

Bitume 16,6C

Carbone du résidu fixe 12^,64

Aiiglle calcinée du résidu fixe 22,13

Eau : 26,00

Ammoniaque, hydrogène sulftiré, sulfure de carbone. . 0,U

Produits gaieux non condensés et perte 4,72

Au Canada, il existe plusieurs sources de pétrole et des gisements de bitume, dont un des plus importants est celui d'Ënniskillen, Le

MlTiRlAUX EMPLOYÉS DANS LES CONSTRVGTIONS. U9

bitume de ce gisement étant très-riche en naphte, il tache les doigts et il est mou et glutineux a la température ordinaire. Son point de fusion est à 83 degrés ; au-dessous de cette température, il ne dégage plus de famée et devient pâteux. Lorsqu'on le chauffe, il entre promptement en éballition; il dégage du naphte, différentes huiles et de Teau. On a cherché a le purifier en le chauffant dans Teau bouillante : il vient bien s'étendre en une couche liquide à la surface, mais la partie terreuse ne s'en sépare qu'imparfaitement. Pour l'épurer, les habitants du Canada le pressent dans un linge, à travers lequel il s'écoule pendant que la matière terreuse reste à l'intérieur. Avant l'épuration, il se compose, d*après un essai de MM. Brivet et Delesse, de :

Bituine 62,5

Matières organiques et débris végétaux 24,8

Argile et un peu de sable quartseux 12,7

Jusqu'à présent, on l'a exploité plutôt pour Fhuile de pétrole, qa*il contient en grande quantité, que pour le bitume lui-même.

Les principales espèces de bitume qui servent, soit dans la fabrication, soit lors de Tapplication du mastic asphaltique, sont celles que nous venons d'énumérer ; nous les rappelons, sauf celle du Canada:

Le Utome natif (Glermont) ;

Le Utome provenant du lessivage des molasses (Pyrlmont-Seyssel, Bastennea,

BoechelbrDnn, etc.) ; Le bitnme de la Trinité épuré.

En dehors de ces trois espèces on emploie encore :

Le Utmne provenant de Tépuration des huiles lourdes de schiste; Le bitume réaida de la distillation de la houille; Les bitumes mixtes dits bitumes de suif.

On utilise sans désavantage les bitumes de schiste lorsqu'ils ne sont pas trop concentrés; leur composition est k peu près la même que celle des bitumes naturels, et s'il n^était pas très-difficile de les obtenir toujours semblables aeux-mèmes, il y aurait peu de différence entre leur usage et celui des meilleurs bitumes naturels. Quant aux bitumes ou goudrons de houille et de suif^ on doit en proscrire, autantquepossible,laprésence dans les ouvrages d'asphaltede mince tisseur. Le bitume de houille, appelé aussi you/lron de gaz^ rend le mastic cassant en hiver et mou en été; il répand k l'application une odeur insupportable; enfin, ses huiles essentielles étant très-volatiles, elles s'évaporent promptement au contact de l'air, les dallages dans

U composition desquels il entre deviennent friables et s'usent promptement sous Taction d'une circulation fréquente. Le bitume de suif, plus encore peut-être que celui de houille, est k redouter dans les ravaux. Les éléments graisseux qu'il renferme, loin de s'unir au bitume d'imprégnation de l'asphalte, le dissolvent au contraire, et en font une pâte malléable qui se détruit rapidement sous les pieds des passants. L'un et l'autre de ces bitumes sont incapables de constituer de bons trottoirs, et si leur bas prix les fait admettre par quelques entrepreneurs, ils doivent être sévèrement interdits par les architectes et les ingénieurs.

Application de Vasphalte brut comprimé à la cor{fection des chaussées. La roche asphaltique, cassée à la grosseur des cailloux qui servent à l'empierrement des chaussées macadamisées, est décrépitée comme il a été dit page 446, mais dans de grandes caisses de tôle soutenues par des pit^ds en fer sous lesquelles est placé un fourneau; on transporte ces appareils sur le lieu du travail, afin de faire perdre à la poudre décrépitée le moins de chaleur possible. La forme de la chaussée a été préalablement recouverte d*une couche de béton dont l'épaisseur est ordinairement de 0*,iO, mais varie de 0 à O'flS avec la solidité du sol. Sur ce béton bien damé, nettoyé et réglé suivant la pente exigée, pente qui doit être très-faible pour éviter le glissement des chevaux, on répand la matière décrépitée que l'on pilonne et dont on fait une couche de 0",04 à 0*,05, selon l'activité de la circulation. On régularise ensuite la compression en promenant sur la surface un rouleau du poids de 2500 k 3000 kilog. ; deux heures après, la chaussée peut être livrée aux voitures. On a appliqué ce système de chaussée sur plusieurs points de Paris, où il était important d'éviter le bruit des voitures, la poussière et la boue. On estime que son usure n'est que d'un millimètre par au*

Pour employer le mastic d'asphalte, dans une chaudière en tôle, à la partie inférieure de laquelle est un foyer, on met d'abord une cei^ taine quantité de bitume destiné a aider a la fusion du mastic et à remplacer les huiles perdues par l'évaporation ; pour les chaudières ordinaires contenant la valeur de 9 mètres carrés de dallage, la quantité de bitume est à peu près de 42 à 15 kilogrammes.

Le bitume fondu, on jette dedans les pains de mastic brisés en S ou 10 morceaux et on laisse chauffer. Lorsque la liquéfaction est complète, on verse le gravier fin, lavé et séché, et on brasse le mélange jusqu'à ce qu'il soit bien liquide et que tous les grains de gravier soient imprégnés; alors on procède à la coulée. Un manœuvre verse avec un pochon, sur la couche de béton préparée à l'avance, la matière qu'un autre ouvrier, Vapplicaieur, étend avec une spatule, lisse d'une manière uniforme et saupoudre de gros sable, qu'il bat, tout en unissant la surface, avec une planchette carrée armée d'un

MATÉUAOX IMPtOTÉS »ANS LIS CONSTRUCTIONS. 151

manche; ce sable, read la couche bituinineusd plus propre à bien résister à Faction destructive des pieds» Le rôle de Tapplicateur est très-délicat, et ce n'est qu'après une longue eipérience qu'un ouvrier parvient à bien saisir le moment où le mélange est bon a couler, à l'étendre sur le béton avec assez de précision pour rendre la couche uniforme, et à opérer assez rapidement pour que le mastic ne se refroidisse pas avant d'être réduit a l'épaisseur voulue; l'inhabilité de l'applicateur peut être la cause de la prompte destruction de trottoirs construits en bons matériaux. Pour les grandes surfaces, la coulée se fait par bandes de 0?,60 à O'fOO de largeur, et de 0*,01 àO*,M, ordinairement 0",015 d'épaisseur; des règles en bois que Ton place sur l'aire fixent la largeur et l'épaisseur des bandes. La surface que l'on couvre à chaque reprise est de 1 mètre environ, et h supériorité du travail dépend beaucoup du soin que l'ouvrier apporte à bien souder entre elles toutes les bandes et parties de l)andes.

La quantité de menu gravier que Ton mélange au mastic d'as* phalte est variable selon l'épaisseur de la couche, la circulation pro* bable et la température maxima de la localité. Outre que ce gravier agit comme matière inerte chargée de diminuer la quantité de mas^ tic employée, ii est un élément indispensable destiné à atténuer Taction de la chaleur ambiante et des rayons du soleil; plus le mas« tic renferme de gravier, moins le dallage est fusible.

Pour les trottoirs de Paris, le mastic se compose, par mètre carré de dallage, de:

Mastic d'asphalte de Seyssel tt» kilog.

Gravier. . • ; 15

Bitume libre pour aider à la ftislon. ... 1,5

Le prix de ces trottoirs est, y compris une couche de béton de O^^IO, 6 francs par mètre carré.

Un trottoir en asphalte se compose en général d'une couche de béton de 0*,05 à O'^iO et d'une couche de mastic de O^^OiS à 0'',0â0. Pour le construire, on commence par s*assurer que le terrain est ferme et sans germe de tassement; le tassement est la ruine des trottoirs en asphalte. Après avoir damé fortement le sol, on coule le béton, qui doit être fabriqué avec de la chaux parfaitement éteinte. Lorsque le béton réglé et pilonné est parfaitement sec, on procède à la coulée du mastic.

Emplois du mastic â^atphalte. Depuis quelques années, on emploie en France, avec le plus grand succès, les mastics bitumineux pour daller les trottoirs, places, etc», faire les joints des pavés dans les lieuï humides, construire des chapes pour empêcher Teau de s'infiltrer a travers les voûtes en maçonnerie, et couvrir les terrasses*

i52 PREMIÈRE PARTIE. — MAÇONNERIE ET TERRASSE.

des bâtiments et le dessus des maçonneries en pierre de taille auxquelles on veut assurer une grande durée; au fort de Gharenton, tout le dessus des tablettes et des corniches a été recouvert d'une couche de ce mastic. Le bitume est aussi employé à la construction des réservoirs, des citernes et des carrelages en briques de buanderies, où il coule continuellement de Teau; à poser les carreaux ordinaires en terre cuite dans tous les lieux humides, et même a recouvrir entièrement le sol intérieur des grands édifices; dans une grande partie des casernes des forts de Paris, les planchers, qui sont formés par des voûtes en maçonnerie surmontées de 0*,10 de béton, sont entièrement recouverts d*une aire en bitume faisant office de carrelage. On fait également usage du bitume pour assainir les lieux humides, soit en posant le parquet ou le carrelage avec cette matière, soit en recouvrant les murs d*un enduit qui en est fabriqué ; enfin, on bourde quelquefois avec, du bitume des maçonneries de briques ou de moellons qui ont besoin d'un certain degré d'élasticité, comme, par exemple, des appuis exposés a des mouvements de vibration ou de dilatation ; c'est ainsi que Ton a exécuté les maçonneries en briques de la cunette de Taqueduc de ceinture qui conduit les eaux du canal de TOurcq à Monceaux, dans la partie supportée par le pont qui passe sur le chemin de Strasbourg, près de la rue Lafayette.

Les aires en bitume réussissent beaucoup mieux sur des plans horizontaux que sur des plans inclinés, surtout quand elles sont exposées au soleil; il arrive souvent, dans ce dernier cas, si la pente dépasse 7 a 8 pour 100, que le bitume, qui est d'une consistance convenable en temps humide, fond et descend vers le bas du plan incliné. Lorsque le bitume est de mauvaise qualité, il entre difficilement en fusion ; de plus, il devient dur pendant l'hiver, perd une partie de son élasticité, et casse en tous sens lorsqu'on marche sur les aires qui en sont formées.

On a fait aussi dans plusieurs villes, a Lyon .surtout, des chaussées en mastic d'asphalte. Ces chaussées se composent d'une couche de 0*,05 de mastic mélangé de 2/6 de gravier, superposée k une forme de 0",10 de béton. A Lyon, où l'on compte près de 10000 mètres carrés de chaussées, on en est très-satisfait, et c'est une des raisons pour lesquelles on n'accueille qu'avec une certaine réserve l'asphalte comprimé. Pariout ailleurs, ce système he s'emploie que partiellement pour les traversées de rues, les dallages de cours ou de portes cochères, et dans ce cas on a l'habitude de strier la surface pour empêcher le glissement des chevaux; cependant à Lyon on n'a jamais redouté ce glissement.

MATÉftUUX EMPLOYAS DANS LES CONSTRUCTIONS.

Tabiem des prix, à Paris, de F asphalte y du mastic bituminetuo et des principaux ouvrages exécutés en bitume de Val'de-Traoers.

MAtxtÊgs mnasa.

métri- <iue.

OUTKAfiBS EN KTOME.

MÈTaS

carré.

A^halte en roche

Id, en poudre

Mastic bitamineux en pains.

Bitume raffiné

Dallage pour trottoirs, places publiques, casernes, hospices, usines, etc. (0-,015 d'epatoseur)

Dallage en pente

Chapes de voûtes

Chaussées en mastic, en grès ou bien en asphalte comprimé. .

Lave fusible. On désigne ainsi un mastic bitumineux préparé, à Ûichy, avec des bitumes artificiels convenablement épurés.

La Compagnie de la lave fusible est parvenue a utiliser les goudrons de gaz, en les évaporant et distillant dans des appareils clos, dont on élève la température k Taide de la vapeur humide ou surchaufiëe. De même que ceux de la Société de Yal-de-Travers, ces procédés permettent de recueillir toutes les huiles essentielles qui ont un prix très-élevé, et qui étaient perdues dans les méthodes pratiquées antérieurement pour épurer les bitumes naturels ou artificiels. On améliore, du reste, les bitumes artificiels en y introduisant du caoutchouc ou de la gutta-percha en dissolution dans de Fhuile bitumineuse.

Pour former la lave fusible, le brai, convenablement épuré, est mélangé à trois fois son poids de matière terreuse, notamment de la craie de Meudon, qui est préalablement desséchée et complètement privée d^eau. Le mastic ainsi obtenu résiste bien à la chaleur de rété et k la gelée de Thiver.

• La lave fusible est employée aux mêmes usages que les mastics bitumineux naturels, pour dallages de trottoirs, terrasses, vestibules, pour Tassainissement des caves et autres lieux humides ; on l'emploie surtout avec avantage a la construction des réservoirs, des citernes, des bassins destinés a recevoir Teau ou les acides; le fond des lacs du bois de Boulogne en a été enduit.

Prix du mètre carré de lave fusible,

Cfépte bruts pour assahiir les murs de caves ou de rez-de-chaussëes. ... 3 fr.

Trottoirs, terrasses, aires de magasins, fonds de bassins, de 0'",016 d'é-

paicseor 4

EodaitB dressés, sur murs, de 0",01 d'épaisseur, à deux couches, avec surface inclinée ou verticale^ pour bassins et citernes , 6

^^^^amsées quadrillées de portes cochères, de 0",06 d'épaisseur , . 9

154 PRBMlftRB PàRTlE. — MAÇONMBâlS BT TEREASSB.

96. Mastics. Ce sont des mortiers que Ton fait en petite quantité* ordinairement avec des matières différentes dont le mélange acquiert une certaine dureté. Leur usage est bien moins moins fréquent depuis remploi du ciment romain (68), qui les remplace avec avan* tage, tant sous le rapport de la simplicité de confection du mortier, que sous celui du degré de dureté que Ton obtient presque instantanément. Nous nous contenterons d'indiquer les deux espèces de mastic qui sont encore d'un usage assez fréquent; mais il est facile d'en faire beaucoup d'autres avec différentes matières minérales, végétales et animales triturées et mélangées ensemble, dans des proportions convenables.

Mastic Dihl, Ce mastic s^emploie encore souvent pour rejointoyer les dallages dans les lieux humides, et les parements des maçonneries en pierre de taille destinées a être peintes à l'huile et exposées à l'action de l'air marin, comme celles des phares, par exemple. 11 est composé de gazettes de fabriques de porcelaines réduites en poudre et d'oxyde de plomb, dans les proportions suivantes :

Ciment de gafettes, en tolnme 0,92

Oxyde de plomb, id, 0,08

Ces matières sont triturées et mélangées ensemble avec de Thuile de lin.

Les parties sur lesquelles on applique ce mastic doivent être préalablement bien nettoyées etséchées; car, s'il en était autrement, quelque degré de dureté que pût acquérir le mastic, il n*àdhérerait pas aux pierres et s'en détacherait promptement.

Mastic de limaille. Ce mastic peut être employé aux mêmes usages que le précédent, la solidité et la dureté qu'il acquiert avec le temps sont incontestables; mais il ne peut servir que pour les travaux qui n'exigent pas une grande propreté : il n'est ordinairement employé que pour faire les joints des tablettes dé murs d'appui et ceux des dallages de rez^e-chaussées. Il est ordinairement composé de 12 kilogrammes de limaille de fer, quelquefois mélangée de limaille de cuivre, et de 1^,50 de sel, que l'on met iûfuser pendant viflgt-qudlre heures dans 2 litres de vinaigre, auxquels on ajoute quelquefois î/2 litre d'urine et 4 aulx; au bout de ce temps, on obtient, par le mélange des matières, un mastic que l'on emploie immédiatement. Pour obtenir de bons résultats de ce mastic, la liinaille dont il est fabriqué ne doit pas être oxydée, romllée.

97. Lattes. On les emploie dans l'exécution des légers ouvrages en plàtrerie, pans de bois, cloisons, plafonds, et en général de tous les travaux en charpente qui doivent être couverts d'une couche de plAtre, pour faciliter l'adhérence de celte matière et relier les petits matériaux de remplissage dont on peut faire usage. Dans les localités où Ton fait

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usage du blanc en bourre (94), les lattes s'emploient dans le même but que pour le plâtre.

Les lattes ont des dimensions qui varient selon les localités; celles qui sont le plus généralement employées à Paris ont 1",30 de longueur, 0",0d0 à 0",045 de largeur et 0",005 aO",OiO d'épaisseur. On les livre au commerce par bottes, qui en contiennent cinquante-deux, 11 ftut environ dix-neuf lattes, déchet compris, pour faire un mètre carré a lattes jointives; d'après cette donnée, il est facile de calculer le nombre des lattes qui seront employées, selon qu'elles seront plus ou moins espacées.

Sons le rapport de la qualité, on distingue la laite de cœur de chêne et la laite blanche.

La latte' de cœur de chêne est la meilleure; on la reconnaît à la résistance que l'on éprouve pour la casser, k sa couleur foncée et à sa grande pesanteur. On doit l'employer de préférence à toute autre pour h construction des plafonds, où leur position horizontale demande plus de rigidité, et pour les pans de bois extérieurs, à cause de leur plus grande résistance aux intermittences de sécheresse et d'humidité. La laite blanche^ quoique d'une qualité inférieure à la précédente, peut être employée pour latter les cloisons légères et autres ouvrages intérieurs; elle est ordinairement en bois de chêne de qualité inférieure ou en châtaignier; on la reconnaît facilement k sa légèreté, à sa couleur presque blanche, et k la facilité avec laquelle on peut la casser. Avant son emploi, il faut avoir soin de la laisser séjourner quelque temps dans Teau, sans quoi les vers la piqueraient et la détruiraient promptement.

Dans plusieurs localités, les lattes sont en sapin ou en peuplier, et elles ont de 4 a 5 mètres de longueur, 0*,04 de largeur et 0",005 d'épaisseur. Parfois même, ce sont des planches, que l'on refend à la hachette pour permettre l'adhérence du plâtre ou du mortier.

98. Bardeau. On désigne ainsi des bouts de bois refendus bruts, que Ton pose sur les solives de planchers, pour recevoir Taire en plâtre ou en mortier qui doit supporter le carrelage ou les lambourdes du parquet. Les dimensions des bouts de bardeau varient en raison de récartement des solives; celles ordinaires son\ (ir^Z% pour la longueur, 0*,04 à 0*,05 pour la largeur, et 0",015 à 0*,0S10 pour Tépais^ «eur.

On fait aussi du bardeau en refendant des douves de tonneaux ou des planches trèsrminces de bateaux. Ce bardeau remplace le précédent avec avantage, quand les douves ou les planches sont de bonne qualité.

A défaut de bardeau, on emploie aussi, pour recevoir les aires de planchers, des lattes neuves ou même vieilles, que l'on pose de toute leur longueur transversalement aux solives, sur lesquelles on les fixe au moyen de trois lattes, placées en travers sur chaque longueur

des premières et clouées de distance en distance avec des clous a bateau.

Il faut environ cinquante bouts de bardeau ordinaire par mètre carré de plancher ; avec une vieille futaille, on peut faire du bardeau pour recouvrir 2*%66 de plancher. Quand Taire est en plâtre, il faut avoir soin que les bouts de bardeau faits avec des planches n'aient pas plus de 0*,07 de largeur, sans .quoi ils travailleraient sous Tinfluence de l'humidité du plâtre, et ils soulèveraient Faire en différentes places.

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