‹ Pratique de l'art de construire; maçonnerie, terrasse et platrerieChapitre 56 sur 145 · MO&TIB · texte numérisé non relu

MO&TIB

PLATU

eapoadre.

Maçonnerie de blocage ou garni de meulière dont le volume n'excède pas 0^,003

Maçonnerie ordinaire en meulière brute, telle que massifs ou murs dont les parements sont recouverts d'un enduit ou rocaillés

Maçonnerie de meulière piquée ou smillée pour parements de murs, de voûtes, etc. ...

208. Emmétrage des moellons et des meulières. Pour faire ce travail, on dispose sur un sol bien uni les matériaux en tas dont la forme est un parallélipipède rectangle d'un mètre de hauteur, afin que le mesurage soit facile. Ces tas s'établissent comme de la maçonnerie en pierre sèche ; ainsi les matériaux se posent par assises, et à la main, en ayant soin de bien les enclaver les uns dans les au-

R0GA1LLAGE8. 305

très, afin de laisser le moins de vide poisfble dans Tintérieur des métrés. On donne un excès de 0",02 k O'^OS a la hauteur des tas pour compenser les vides. L'ouvrier doit dresser avee soin les parements des métrés, sans se servir d'aucun outil pour faire cette opération ni pour tasser les matériaux, qui s'emmètrent dans Tétat où le carrier les livre.

L'emmétrage n'est ordinairement bien fait qu'à la journée, et encore faut-il qu'il soit confié à des ouvriers intelligents et consciencieux. Quand il est fait à la tâche, il arrive très-souvent que les ouvriers, dans le but d'augmenter leur gain, au lieu de poser k la main chaque moellon ou meulière, ne prennent cette précaution que pour les parements; ils se contentent même quelquefois de faire simplement décharger les voitures de matériaux dans l'intérieur des tas, dont ils ont soin de bien dresser le dessus. De cette manière, le volume des vides peut être trop grand de 7 k 8 pour 100 du volume total du tas.

Lorsque Femmétrage est fait convenablement et avec soin, un ouvrier peut disposer environ 10 à 12 mètres cubes de matériaux dans sa journée de dix heures de travail.

909. Rocaillages ordinaires. Quand on veut donner aux constructions un aspect rustique, on rocaille les parements vus, c'est-èk-dire qu'on les fait avec des moellons ou meulières brutes ou quelquefois smillées grossièrement, et Ton remplit les grands joints et les défauts formés par les irrégularités des moellons ou des meulières au moyen d'éclats de moellons ou de petits garnis de meulière concassée.

Les rocaillages se font de deux manières : la première, que l'on doit préférer, autant sous le rapport de la solidité que sous celui de l'aspect des parements, consiste k poser les éclats de meulière au fur et a mesure de l'exécution de la maçonnerie, avec le mortier employé 'pour hourder cette dernière. Tous les parements extérieurs des murs des casernes, pavillons et magasins k poudre des forts des environs de Paris ont été rocaillés de cette manière. Dans une partie de ces forts, les meulières de parements ont été smillées grossièrement et posées par assises presque de niveau, et les joints de mortier qui les enveloppent ont été garnis d'éclats de meulière; dans l'autre partie, les meulières de parements sont brutes, on les a posées n'importe dans quel sens, en les enclavant les unes dans les autres et en laissant apparente leur plus belle face, et l'on a rempli les grands joints avec des rocaillés.

La deuxième manière de faire les rocaillages consiste k construire d'abord entièrement la maçonnerie, puis ensuite k dégrader le mor-

lier apparent des joints, pour le remplacer par du nouveau, dan» lequel on enfonce des roeailles. Le bon résultat de cette maniera d*opérèr dépend surtout du soin qu'apporte l'ouvrier k dégrader les joints assez profondément, et k les bien nettoyer avant d'appliquer le mortier frais. C'est ainsi qu*k Paris on a exécuté les rocaillages des parements extérieurs des murs des prisons de la Roquette, des Jeunes-Détenus et de la Nouvelle-Foroe, ainsi que ceux des abattoirs et des réservoirs d'eau de la rue de la Vieille-Estrapade.

910. Rocaillages pour enduits. On construit aussi des rocaillages qu^on ne laisse pas apparents ; leur but principal est de remplir les grands joints qui existent dans les parements de meulière brute avant d'appliquer Fenduit de mortier, ou de faciliter l'adhérence de Tear duit sur d'anciens parements, ou sur des parements neufs qui n'offrent pas assex d'aspérités, tels, par exemple, que ceux en moelloBB.

Pour que les rocaillages destinés k la consolidattcm des enduits soient bien faits et atteignent le but auquel on les destine, les &C6S des éclats de meulière doivent être propres et nettes, et les ouvriers doivent avoir soin de ne pas couvrir de mortier les faces apparentes. Un rocaillage est d'autant mieux fait, que le mortier qui a s^rvi k le poser est moins apparent; en effet, l'enduit adhère bien moins à ce mortier qu'à la surface remplie d'aspérités de la meulière, et il est d'autant plus solide que les nombreuses cavités de la surface qu'il couvre sont plus profondes.

ail. Rocaillage â^omemeniation. Outre les rocaillages ordinaires dont nous venons de parler, on en fait qui recouvrent entièrement des parements apparents de murs en meulières ou en moellons; ils sont formés d'un mélange de coquillages et de petits éclats de meulière et de mâchefer de 0",63 k 0»,04 de c6té, que l'on scelle sur un crépi de mortier de chaux, de ciment romain ou quelquefois de plâtre colorié. Souvent on fiait cuire la meulière avant de la casser, aftn de donner aux éclats une couleur plus vive.

Ces sortes de rocaillages, encadrés par des bandeaux en pierre de taille formant des rectangles, des losanges, des cercles, etc., convenablement disposés et combinés, fournissent parfois des ornementations du plus agréable aspect; c'est ainsi qu'aux environs de Paris on orne le plus souvent les soubassements des maisons de plaisance, et particulièrement ceux des bâtiments pittoresques, ap- •pelés fabriques par les artistes. Des ouvriers spéciaux, que l'on nomme rocaiileurs, font ce genre de rocaillages; ils construisent également les grottes et les rochers en meulières et cailloux, dans les jardins auxquels on veut donner un aspect pittoresque.

âi2. La solidité des rocaillages, en général, dépend en grande partie du soin que l'ouvrier apporte k bien enfoncer les garnis dans le sens de leur longueur, en évitant de les coller k plat; s*il n'en

MAÇOaNERIE DE BRIQUE.

était pas aingi, le VMaillagû étant appavent, l68 premîèFet gelées le détniivaient ei^tièrenent, et s'il était couvert cl'un 9pduit, celui-ci se détacherait, en entraînant ayeo lui les rocailles non scellées qui devaient le retenir au mur.

SIS. Temps ei mortier nécâsaairM à V exécution des rocaillages. Nous indiquons dans le tableau suivant les résultats d'expériences faites pour déteriniiier les quantités de mortier nécessaires au scellement des divers rocaii}ages, et les nombres d'heures de Touvrier avec son aide employés peur esécutef: ces veeaiUages.

FF»IF9WfffWf*«i^pwPBW«BiB

ftiSMllàtlOll DU aftaJLl].I.&«B8.

Rocafliage feit au fur et h mesure de Texëcution des nmonotrin, wf païunent de meulière brute ou smillée grossièrement, pos^e par assises à peu près régulière bu dans tous sens (209)

Rocailiqge fait dan^ les mêmes conditions que le prëcéd^f)^, mi||4 après l'p^fîGUtion «ntière des parements des maçonneries . .'

Hocaillage pour enduit, aflleurant les plus forts moel- JaQS et iQautières, compris le dégradage des joints uour la maçonnerie neuve, mais non le dégradage et

|. le lavage pour la vieilie maçonnerie .

I aofiaillage «romemantation posé k tmlo de mortitr, pour sopbas^p^enf

^9S^¥^P=i^t^f¥f9^^SSS9S=99=^59^

de parement rocaille. ||

Heures de maçon

son aide.

Gnbe de mortier.

iWVM.

«. rak.

il4. Maçonnerie de brique, La gruide solidité de la brique et sa parfeite adhèrenee aux plâtres, mortiers et ciments permettent d'en obtenir d'excellentes constructions, et la rendent très-propre aux ouvmges hydrauliques. Dans les contrées où la pierre est rare et coûteuse, la brique, lorsqu'elle est bien fabriquée (43), c'est-à-dire lorsqu'elle est dure, bieu cuite et qu'elle n'absorba pas l'humidité, la remplace avec avantage, et permet, par sa grande régularité, de diminuer sensiblement l'épaisseur des maçonneries.

Dans l'exécution des maçonneries, les briques se posent d'après les mêmes principes de liaison que les pierres de taille et les moel- ](»« (183, 197), c'est-àr-dire en ayant soin d'éviter les continuations de joints, surtout verticalement, condition a laquelle, du reste, la forme régulière des briques permet de satisfaire facilement.

Fig. 60.

Fig. 61.

ZH-

Les murs en briques se font de différentes épaisseurs : Ceux dont l'épaisseur est égale k celle d'une brique prennent le

nom de galandages ou de cloisons en briques de champ, La disposition à donner aux briques lors de leur pose est toute simple; il suffît, comme rindique la figure 60, de faire correspondre chaque joint vertical de rassise que Ton pose au mUieu des briques de l'assise inférieure.

Les murs dont l'épaisseur est égale k la largeur des briques se désignent sous le nom de cloisons en briques panneresses. A la pose, les briques s'entrelacent comme dans les cloisons précédentes. ^ On désigne ordinairement les murs dont l'épaisseur est égale à la

longueur d'une brique sous le nom de cloisons en briques bour tisses. Dans ces cloisons, on dispose les briques, dans chaque assise, comme la figure 6i l'indique en élévation et en plan, et l'on place chaque assise de manière que les briques en long croisent les briques en travers de l'assise inférieure, afin qu'il y ait liaison complète dans tous les sens. Pour obtenir une liaison complète dans les murs dont l'épaisseur

est égale k trois largeurs de briques, on dispose ordinairement les briques de chaque assise comme Findique la figure 62, et Ton pose chaque assise de manière que ses joints montants se croisent avec ceux de l'assise inférieure, comme dans l'élévation de la figure 61, Pour les murs dont l'épaisseur est égale à deux fois la longueur

Il I

Fig. 62.

Fig. 63.

d'une brique, on adopte généralement, dans chaque assise, l'une ou l'autre des dispositions fig. 63 et 64. Dans ces arrangements, la liaison paraît être moins complète que dans les murs de trois largeurs de briques ; mais avec un peu d'attention à bien croiser les joints ' en superposant les assises, on parvient toujours à liaîsonner les briques d'une manière satisfaisante.

Page 1