‹ Pratique de l'art de construire; maçonnerie, terrasse et platrerieChapitre 61 sur 145 · à 0-,26 d'épaisseur · texte numérisé non relu

à 0-,26 d'épaisseur

Maçonnerie de moellons bruts,

pour murs ou voûtes de

0",30 d'épaisseur au moins.

Maçonnerie de moellons or-

dinaires él)ousinés, pour

mura et massifs de 0",26

d'épaisseur minimum.. . .

Maçonnerie de pierre de taille.

pour pose et fichage au

moyen de ciment

Maçonnerie de briques,' pour

murs ou voûtes au-dessus

de 0-,22 d'épaisseur. . . .

Maçonnerie de briques, pour cloisons au-dessous de 0-, 22

d'épaisseur

Excepté pour les maçonneries a et 6, les résultats de ce tableau supposent des mortiers composés de parties égales de ciment et de sable; les quantités de ciment seraient évidemment réduites, si l'on 'faisait usage de mortiers pins maigres (77).

222. Terre convenable à la fabrication du pisé. Comme nous l'avons dit précédemment (176), le pisé est une maçonnerie écon!|r Tfiique que Ton fait avec de la terre que Ton comprime simplement si|r la place, ou que quelquefois Ton transforme pré^ablemept pq moellons factices; particulièrement 4ans les localités où les pierres soqt rares, pn en érige les constructions de peu d'importance, et surtoi|t les bâtjments ruraux.

La terre argileuse, dite terre franche, un peu graveleuse et la terre végétale sont les plus convenables pour faire la maçonnerie de pisé; on y mélange, en les pétrissant, de la paille ou du foin pour les empêcher de gercer en se desséchant. La terre sablonneuse, sans liant, est impropre k la confection de cette maçonnerie ; pour qu'une terre soit convenable, légèrement humide, aile doit faire eorps lorsqu'on la comprime dans la main.

225. Exécution de la maçonnerie de pi^é. Après avoir, si celft ^t nécessaire, passé la terre a la claie, Tavoir mouillée légèrement si elle n'est pas assez humide, et triturée pour y mélanger le fojp op la paille, pour les constructions grossières, l'ouvrier la pose simplement dans l'emplacement 4u mur à construire, en se servsi^t à cet effet d'une fourche ordinaire, qui lui sert en même temps à dresser les parements, dont la position est fixée par des cordeaux tendus.

Pour les maçonneries qui exigent plus de soins, on construit les murs par parties, au moyen d'un encaissement formé par un châssis mobile, dont les deux parois en planches sont maiptepues k une distance égale a l'épaisseur du mur. Entre ces deux parois, que l'on place dans les parements du mur, on stratifié la terre par couches deO"',10 d'épaisseur, que l'on comprime avec des pilons ou des battoirs, jusqu'à ce que cette épaisseur soit réduite à 0",05 ou 0",06. Le châssis a ordinairement 3 mètres de longueur, i mètre do hauteur, et 0",50 k 0'",60 de largeur, suivant Tépaisseur qiie l'on veut donner a la construction. Quand cette espèce de cofi're est rempli, pn faft sauter les clavettes qui relient ses parois aux traverses qui règlent l'écartement, on enlève les parois, on retire les traverses, et pn place le coffre en un autre point du mur. Les trous laissés dans le mur, par suite de l'enlèvement des traverses, se remplissent avec de la terre. En serrant de plus en plus les clavettes des traverses, ^ mesure que ta construction s'élève, on donne un fruit convenable à ce genre de maçonnerie. Ce fruit est ordinairement de O^^OOT à O^jOOS par mètre tf 0 hauteur pour chaque parement. Pour faciliter la liaison des blocs de pisé entre eux, on incline k QO** epviron leprs joints montants, et l'on a soin que les inclinaisons se trouvent en sens contraires dans

HAÇOBrHBltlB DB PISÉ. 349

les assises voisines; il faut encore, comme dans toutes les autres espèces de maçonneries, éviter que les Joints montants se correspondent dans deux assises voisines de blocs.

Quand 1^ terre est à pied d'oeuvre, deux ouvriers l^abitués k ce genre de travail font environ 8 à 9 mètres cubes de maçonnerie d^ pisé dans une journée de douze beures.

Les maçonneries de pisé ne sont employées le plus souvent que pour des constructions peu élevées et qui ne doivent pas supporter de Dortes charges; on en fait un usage fréquent pour les murs de clôture dans les localités où le moellon est rare. Ces murs sont qf^ dinairement recouverts par un toit de chaume faisant saiUie de 0^,49 à 0<*,i5 sur les parements; on maintient ce toit en place en le durgeaiit d'une espèce de chaperon en terre enduit, que Toq renouvelle de temps à autre.

Dans lefi départements de TAin, du Rhône et de llsère, et dans les pays où le sol argileux ne fournit pas de pierre, on construit des maisons è plusieurs étages en pisé* On rend les murs solidaires êuîfe eux au mi^yen de pièces de bois de faible équarrissage, reliées acktr» eUss et posées à pli^t d#09 les mure de refend et de face. Quelquefois on construit les angles en moellons; mais alors le tassement Inégal des différentes parties de la construction est une cause grave de dj^tniction. On augmenterait beaucoup la solidité 4u pisé, en phu^aol dans Tintérieur des murs, k des hauteurs différentes, des lattes ou d«s verges disposées horizontalement daps le sens loDgîiuàiml-

SS4. Conservation des leoiyffruûtions enpUé. he pisé acquiert assez 4ê consistance lorsqu'au lieu d'eau pure pour humepter h terre pp ^sn^pLois un lait de cbunx,

Un enduit formé d'une partie de chaux pour quatre d'argile, ^t à'u^ qusAtité de bourre suffisante pour en parsemer toute la usasse, iPiend convenable le pisé pour résister à l'action destructive de l'air et de la pluie. Cet enduit ne doit être appliqué qu'après la dess^cc^tii>n des murs- Dans le département du lihftne, on a rpconnu que des murs de O^SO à 0»,5& d'épaisseur, achevés vers le cornn)encemept de mai, peuvent recevoir l'enduit k l^. tfn de septembre, qujs ceux terminés en juillet et ménie en août peuvent encore être enduits avant l'hiver; mais que ceux finis plus t»rd exigent au moins six mois de dessiccation. Le vernis ne doit pas être appliqué pendant les temps de gelée, et il convient mèi^e que le temps ne soit ni humide ni pluvieux. Plus le pisé est sec, mieux l'enduit y adhère.

Pour les maisons, et même pour les murs de clôture, une fondalion eu maç^anerie de moellons, s'élevieiut jusqu'au-dessus du sol, est nécessaire pour empêcher 1 humidité de celui-ci de détruire la cohésion de la terre formant le pisé.

E«dalt« en mortier* liydrMili«ae«.

S25. L'application des enduits en mortiers hydrauliques se fait principalement sur Textrados des voûtes et sur les murs de soubassement, afin de préserver la maçonnerie de Thumidité et des infiltrations d'eau ; on recouvre également de ces enduits tous les murs et radiers de réservoirs, de citernes, de fosses, d'aqueducs, etc., et, en général, de toute construction destinée à contenir de Feau ou autres matières liquides.

Les mortiers préférables pour l'exécution de ces enduits sont ceux de chaux hydraulique, et surtout ceux de ciment romain de Vassy ; la prompte solidification de ces derniers à l'air et dans l'eau, et leur degré d'imperméabilité leur donnent une supériorité incontestable sur tous les autres, surtout lorsqu'il s'agit de résister k la pression d'un liquide.

Quelle que soit la position des surfaces sur lesquelles les enduits doivent être appliqués, l'adhérence est une condition indispensable k obtenir, et sa réussite réclame de l'ouvrier une gjhuide habitude et des soins tout particuliers.

2S6. Préparation des surfaces pour Vapplication des enduits. Lorsque l'enduit doit être appliqué sur une maçonnerie neuve hourdée en mortier de chaux, si les parements sont assez bruts pour présenter des aspérités sufiisantes pour retenir l'enduit, l'ouvrier commence par dégrader légèrement les joints si l'enduit est en mortier de chaux, et très-profondément s'il est en mortier de ciment, afin qu'on puisse tous les garnir d'un rocaillage (210), surtout si la mamaçonnerie est en moellons. Ce dégradage fait, l'ouvrier brosse et mouille les parements pour augmenter l'adhérence de l'enduit.

S^il s'agit, au contraire, d'une vieille construction, dont les parements sont trop unis et couverts de matières nuisibles k l'adhérence du mortier, et que la maçonnerie soit hourdée en plâtre ou en mortier de terre, on dégrade d'abord les joints profondément et carrément; puis on pique a la pioche les matériaux, afin de priver les parements de toutes les parties altérées, et d'y faire des aspérités. Cela fait, on nettoie parfaitement les parements en les frottant d'abord k sec avec des balais très-durs, et en les lavant ensuite k Teau au moyen de brosses ou de balais, jusqu'k ce qu'ils soient entièrement ment dépourvus de poussière, qui aurait diminué l'adhérence de l'enduit.

Pour les parements supérieurs horizontaux, comme lorsqu'il s'agit de radiers, le nettoyage offre plus de difiicultés : l'ouvrier éprouve beaucoup de peine pour retirer avec la brosse et la pointe de la truelle tous les détritus qui se logent dans les petites cavités prove-

ENDtltS EN MORTIERS HYDRAULIQUES. 321

oant du dégradage. Cependant, le soulèvement des enduits de radiers provenant presque toujours de leur défaut d'adhérence k la maçonnerie, défaut dû ordinairement aux détritus non enlevés, on conçoit Timportance d\in nettoyage parfait.

On nettoie très-bien les parements lorsqu'il y a possibilité de projeter de l'eau dessus avec une pompe foulante : par sa grande vitesse, Teau détache et entraîne la poussière, les matières terreuses el les parcelles de mortier et de pierre ébranlées lors du dégradage.

Pour les constructions faites au-dessous du sol, tels que les aqueducs, égouts, citernes, etc., les enduits n'ayant pas a résister à Faction variable et desséchante de Fair, puisqu'ils se trouvent constamment dans une atmosphère fraîche et humide, on peut réduire leur épaisseur et les exécuter de la manière suivante :

Après le piquage et le nettoyage à la brosse ou au balai des parois qui doivent recevoir l'enduit, on mouille légèrement ces parois. On commence ensuite par remplir les creux et les joints avec un mortier de gros sable, en ayant soin que ce dégrossissage ne fasse pas épaisseur sur les parties les plus saillantes des parois. Gela fait, au moyen de la taloche (135), on pose un enduit mince de 0",0i d'é* paisseur au plus, qu'on dresse parfaitement avec cet outil, en ayant soin de ne pas ramollir le mortier quand il a commencé sa prise. Après ce premier dressage, on lisse légèrement l'enduit avec la truelle de maçon (135), afin de l'unir le plus possible; puis on le termine en faisant disparaître les balèvres et les coups de truelle au moyen d'un pinceau de crin légèrement mouillé, qu'on passe dessus, comme s'il s'agissait d'un badigeonnage.

On obtient ainsi des surfaces nettes, propres, et d'un nettoyage facile. Toutes les parois intérieures des aqueducs et égouts construits par la ville de Paris depuis 1858 sont revêtues d'un semblable enduit, k l'exclusion des parements en meulière piquée et rejointoyée que Ton faisait auparavant.

On ne doit jamais faire les enduits minces avec du mortier de ciment pur ; l'expérience a démontré que le mortier préférable pour ce genre de travail était celui composé de parties égales de ciment et de sable.

987. Pose des enduits en mortier de chaux. Le dégradage et le lavage des parements étant terminés, on commence par remplir les plus grands joints avec un rocaillage fait comme il a été indiqué au n* 210; puis on procède, en opérant comme il suit, à la pose du mortier. Si le parement est vertical, l'ouvrier jette dessus, en la lançant de bas en haut, chaque truellée de mortier qu'il prend dans l'auge ; ce coup de truelle doit être donné de manière qu'en prenant le mortier la palette de la truelle soit horizontale, et qu'elle se trouve presque parallèle au parement du mur lorsque le mortier la quitte;

chaque truellée de mortier doit être appliquée avec force^ en dirigedtit ia trùcllô Contre le mur^ et en là ramenant rapidement vers soi. Il faut Une grande habitude pour tien faire ce travail; Touvrier doit apporter un soiii tout particulier dans rapplicaiibn du mortier sur le mur, et, k ce sujet, nous rappeliei*ons îës paroles qu'un ancien nlaître compagnon nous a souvent répétées : lorsque ie parement est bien préparé, la solidité de Teiiduit dépend entièrement du coup de truelle du maçon.

L'ouvrier, en appliquant le mortier truellée par iruelîée, pn couvre d'une couche grossièrement dressée une partie du mur; ii doit éyit^ de jeter plusieurs trueilées les lines sur les autres, ce qpi l^s ferait détacher, et rendrait extrêmement difËcile l'adhérence d'autre mortier aiix places qu'elles couvraient dette prehiière partie couverte, on laisse un peu raffermir le mortier, en couvrant une partie voisine ; alors oh vient appliquer une deuxiènié couèhe d'un mortier ordinairement plus fin, en la dressant avec le plat de là trueUe, qiie Ton repasse de temps a autre pour fermer le^ fissures qui se forment jusqu'à ce qiie le mortier ait afcquis un certain de^ré de.diireté;

M. Larôque a dirigé Texécution des enduits en mortier de chi^iix des pat*ements des casemates et de la porte d'entrée du fort de Chareilton ; le mortier a été jeté a la truelle, et l'on a dressé la dernière couche des enduits avec des petites taloches carrées o^e 0",20 dç côté, portaiît une poignée. Ces enduits ont parfaitement réussi, et il ne s'est formé aucuhe gerce ni fissure depuis leur exécution (avril iS43).

Les enduits en mortier de chaux sont surtout difficiles à appliquer sur des plans en dessous, oii sur des intrados de veilles ; c'est surtôiit dahs ces cas qii'il fâlut éviter de jeter de si^ite plusieurs trueilées de mortier l'une sur l'autre ; on doit, au contraire, parsemer ie§ trUellées ijà et là, et ne revenir jeter du i/oùveàii mortier sur les p+ethièi^ès trûéllées, du auprès, que lorsqu'elles ont acquis un certain degré de fermeté.

Les chapes de voûtes et les enduits de radiers doivent être posés d'une seule couché, qiie l'on dresse au i'ur et à mesure de lai pose.

228. Pose des enduits en mortier de ciment. Lorsque les paremetits sont parfaitement préparés (226), et que le rocailla^e des joints est terminé, l'ouvrier, après avoir fait gâcher son mortier, le projette sur le mur de la même manière que pour le mortier de chaiix (227) ; seùlèniènt, comme la pri^è du mortier de ciment est irèsproftipte, il doit faire cette opération avec assez de ra])îdité pour gue le llioftier contenu dans l'àiige soit employé avant qu'il commence k durcir. L'enduit se fait d'une seule couche, et on le dresse au fur et à mesure de la pose, non en lissant avec le plat de la truelle, mais en enlevant le mortier avec le champ dé cet outil pour régulariser

Page 1