‹ Pratique de l'art de construire; maçonnerie, terrasse et platrerieChapitre 63 sur 145 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

pfJYRA6B9 Gi^ipAPY, LEUR EXECUTION ET RtGLEfl THÉORIQUES El PRATIQUES POUR EN DÉTERMINER LES DIMENSIONS.

K9' L^ connaissance du tracé et de rimplantatioQ 4es ouvrages en maçonnerie étant indispensable à la bonne exécution de ces ou* yrages* les conducteurs, chefs d'ateliers, et même les ouvriers, doivent s'appliquer à Facquérir, soit en étudiant les règles que la géométrie leur offre, soit en s'initiant aux moyens pratiques ordinairement mis en usage pour faire ces opérations. On doit, d4ns tous les cas, faire ces opérations en suivant avec une grande exactitude les cotes des plaus des constructions et ériger; des erreurs à cet égard sont toujours préjudiciables, ou a la solidité, ou k Féconomie.

Pour implanter une construction, ui^ bâtiment, par exemple, Taligpement principal étant déterminé, ainsi que la cote de nivellement (175}, on procède d'abord au tracé des fouilles de fondations, tracé qui se fait sur le terrain à l'aide de cordeaux retenus par des piquets et placés dans la directiqn des murs, d'après les indications des plans. Ces cordeaux donnent les limites de la fouille et guident pour établir les fondations. Quand ces dernières sont arrivées k la hauteur du sol, on dresse, comme l'indique la figure 69, à l'extrémité

Fig. 69.

de chaque mur, et au miHeu de son épaisseur, une perche verticale; après chacune de ces perches, on fixe horizontalement les broches b (planchettes minces), sur lesquelles, après y avoir indiqué par des entailles les directions et les épaisseurs des murs, on tend les lignes a qui doivent servir à élever les murs d'aplomb et à dresser leurs parements.

Pour qu'on puisse dresser avec facilité le parement d'un mur, il doit se trouver une ligne à 0",25 environ au-dessus du sol, ou de réchafaud sur lequel l'ouvrier travaille, et une autre à 1*,S5 environ au-dessus de la première ; ces positions , en gênant peu la pose des matériaux, permettent de bien vérifier, et d'une manière continue , si le parement ne gauchit pas , c'est-èi-dire si les matériaux que Ton pose pour le former sont placés à une distance bien uniforme du plan des lignes. Cette distance , qui est celle du parement au plan des lignes, est ordinairement de 1 centimètre pour les maçonneries brutes destinées k recevoir un enduit , et de 5 millimètres pour les parements soignés. Il est évident que l'on doit tenir compte de cette distance en fixant les lignes sur les broches ; ainsi , pour un mur brut de O^bO d'épaisseur, la distance des deux lignes placées sur la même broche doit être de 0*,52.

On change les broches et par suite les lignes de place a chaque étage de l'échafaud (139). En faisant ce travail , on doit relever avec soin les aplombs ou les talus des lignes inférieures , afin de continuer les parements dans le même plan.

Les perches après lesquelles on fixe les broches n'ont quelquefois pas assez de hauteur pour atteindre le dessus de la construction. Alors, on remédie à cet inconvénient en en posant de nouvelles k un niveau supérieur ; on les fixe aux extrémités des murs, ou on les pose sur des chevillettes sur lesquelles on les scelle au moyen ,de forts patins en plâtre.

Quand il y a des baies de portes ou de croisées indiquées sur le plan , on doit avoir soin de les tracer sur l'épaisseur des murs , dès que ceux-ci sont arasés au niveau du sol du rez-de-chaussée , ou k ceux des planchers supérieurs ; comme les allèges des croisées ont ordinairement moins d'épaisseur que les murs, on ne les construit presque jamais que quand on pose les appuis.

954. Fruit. Malgré la retraite ordinaire des parements extérieurs des murs k chaque étage d'un bâtiment , on leur donne encore une légère inclinaison ou fruit de 0",002 par mètre de hauteur. Cette précaution est surtout importante quand les maçonneries sont hourdées en plâtre; ainsi, pour l'avoir négligée dans ce cas, il est souvent arrivé que des murs , quoique montés bien d'aplomb, se sont trouvés en surplomb quand ils ont été terminés.

fiStS. But des fondations. Les principes généraux que nous avons exposés dans les chapitres précédents , sur la connaissance des matériaux et. sur leur mise en œuvre, suffisent pour construire solidement des murs pleins ou simplement percés de baies de portes ou de croisées ; mais ils deviennent insuffisants dès qu'il s'agit de constructions soumises a des efforts considérables. Alors, on est obligé d'adopter des dispositions particulières, non-seulement pour l'exécution proprement dite des constructions , mais aussi pour leur établissement sur le sol, leur solidité dépendant en grande partie de la résistance et de l'inaltérabilité des fondations qui leur servent de base : il est bien évident que si cette base fléchit en quelques points, il doit en résulter une altération dans la connexion et la verticalité des murs. Il est donc très-important que les fondations présentent une résistance suffisante et uniforme dans'toute leur étendue, et de faire intervenir les ressources de l'art pour réaliser cette condition principale dans le cas où le sol n'y satisfait pas naturellement.

Ji36. Examen des fouilles. Lorsque le sol est formé jusqu'à une certaine profondeur de terres végétales qui ont été remuées , ou de matières rapportées , comme il n'offre pas assez de résistance pour supporter sans affaissement les constructions à ériger, on est obligé de le déblayer, et de descendre la fouille jusqu'à ce qu'on ait atteint une couche de terrain qui présente une compacité et une résistance suffisantes. 11 arrive souvent que la couche solide se trouve à une profondeur telle, que l'on doit renoncer à l'atteindre par les fouiUes et à y asseoir directement les fondations ; alors on a recours à des moyens auxiliaires pour donner au terrain qui la surmonte la solidité requise. Ces moyens varient selon la nature du sol , nature que l'on détermine , soit par des sondages, soit en faisant creuser des puits.

Malgré le grand nombre de nuances sous lesquelles les terrains se distinguent, si on les considère sous le rapport du plus ou moins de résistance qu'ils peuvent offrir pour les fondations , on peut les diviser en trois classes principales :

La première classe renferme les terrains les plus favorables, sur lesquels on peut établir directement les fondations : tels sont les diverses espèces de rocs, les tufs, les marnes et les terrains pierreux qu'on ne peut attaquer qu'à la mine ou au pic.

La deuxième classe comprend tous les terrains graveleux et sablonneux, qui ont la propriété d'être incompressibles lorsqu'ils sont encaissés.

La troisième classe renferme tous les terrains qui présentent des difficultés plus ou moins grandes, lorsqu'il s'agit de les consolider

et de leur donner une résistance uniforme suffisante dans toute l'étendue des fondations. Les terrains mouvants, comme le sont prin^ cipalement ceux qui sont glaiseux, et les terrains compressibles, tels que ceux qui sont tourbeux ou fraîchement rapportés, appartiennent & cette espèce.

537. Exécution des fondations hors de Veau. Lorsque les fouilles des fondations sont descendues k une profondeur convenable et ont atteint un terrain suffisamment résistant, après en avoir nivelé et dressé parfaitement le fond, on procède èi Texécution de la maçonnerie de fondation. Si cette maçonnerie est en moellons ou en meulière, Touvf ier choisit les morceaux les plus gros et les plus résistants, et il en pose une première assise sur un lit de mortier quil a étendu sur le fond de la fouille ; il a soin de les liaisonner, comme il a été indiqué au n* 107, et de les frapper avec sa hachette pour les bien affermir et imprégner de mortier. Le premier rang étant posé et garni, il Iç recouvre d'un lit de mortier, sur lequel il pose de la même manière, et toujours d'arasement, la deuxième assise, en ayant également bien soin de tasser chaque moellon et de croiser les joints montants avec ceux de la première assise; il continue ainsi de suite jusqu'à ce que le sommet de la maçonnerie soit arrivé à 0",10 ou 0'',15 en contre-bas de la surface du sol.

Quoique la maçonnerie des fondations soit cachée, on doit, avec plus de soin encore que pour celle k parements vus, prendre toutes les précautions qui assureront sa solidité. Une mauvaise exécution occasionneraifdfyeffets très-nuisibles à la stabilité de la construc^ tîor^ : les murs se fendraient, perdraient leur aplomb, et il se formerait des crevasses dans les voûtes et dans toutes les parties de l'édifice.

Pour que les fondations soient solides et que le tassement soit uniforme dans toutes les parties de la construction, il faut compo* ser chaque assise de matériaux de même hauteur et de même dureté, en plaçant les plus résistants dans le bas. Si quelques matériaux sont tendres et de médiocre qualité, on évite de les employer pour les parties de fondations qui auront à supporter de grandes masses de maçonnerie ou de fortes charges ; ils pourraient s'écraser et compromettre )a solidité de la construction, sinon en amener la ruine.

Lorsqu'une fondation repose sur le sol naturel incompressible, il suffit de lui donner de 0",05 k 0",10 d'çmpatement, c'est-k-dire de saillie, sur chaque face du mur qu'elle doit supporter : cela suffit pour que l'on soit sûr que la fondation sera pleine sur une épaisseur au moins égale k celle du mur et qu'il n'y aura pas de porte-k-faux, malgré le peu de soins que Ton met k dresser les parements dans les tranchées, et aussi pour que la résistance soit plus grande en raison de Texcès de charge que supporte la fondation.

938. Fmdatims de pilierg isolés. Pour des piliers isolés supportant de fortes charges, Tempatement précédent 0'',05 à 0",10 de la fondation sur tout le pourtour de chaque pilier est insuffisant; on est obligé de les fonder sur un mur continu construit comme pour le mur fue remplacent ces piliers. Souvent même, afin de répartir la pression des piliers sur toute la longueur du mur de fondation, on dispose ce mur en voûtes renversées dont les naissances sont placées sous les socles des divers piliers. Dans certains cas même, lorsqu'il y a plusieurs rangs de piliers, ceux-ci reposent sur les naissances de voûtes d'arête renversées qui reportent la charge sur toute l'étendue de l'espace qui sépare les piliers.

Dans toute construction, mais principalement pour les piliers isolés, on doit placer les pierres les plus résistantes au niveau du sol, jusqu'à une profondeur de 0'»,15 a 0'",20.

Afin que le tassement soit le même dans tous les piliers isolés, on les construit du même nombre d'assises, on donne la même épaisseur aux joints, et l'on taille les lits pleins et bien perpendiculaires k Faxe.

939. Fondations en libages. Pour les constructions de quelque importance, les fondations s'exécutent de la manière suivante: Lorsque le fond de la fouille est bien nivelé, on y étend un lit de mortier, sur lequel on pose une assise de forts libages dont les lits seulement sont ébousinés; ces matériaux font parpaing si l'épaisseur du mur le permet , et on les dispose en boutisse dans le cas contraire (183) , on a soin de bien les liaisonner, en croisant les joints en tous sens, et l'on garnit ces joints de mortier au fur et à mesure de la pose.

On construit quelquefois des fondations entièrement en libages jusqu'au niveau du sol ; ou encore on établit, sous forme de chaînes en libages, les parties qui doivent supporter de fortes charges, comme celles qui se trouvent sous les' angles , les trumeaux, les piliers, etc. ; on remplit les intervalles de ces chaînes en maçonnerie de moellon ou de meulière.

5140. Fondations en maçonnerie de meulière ou de moellon de roche dure^ hourdée en mortier de ciment romain. Les mortiers de ciment, par la rapidité de leur prise, permettent de faire des maçonneries qui deviennent presque immédiatement incompressibles sous de fortes charges. Aussi , depuis quelque temps , substitue-t-on , pour les murs et massifs de fondations, à la maçonnerie de libages, qui est d'une exécution longue et dispendieuse, la maçonnerie de meulière ou de moellon de roche dure , hourdée en mortier de ciment (29, 31, 218), qui procure une économie très-sensible, abrège beaucoup la durée de Texécution des fondations , et donne d'excellents résultats sous le rapport de la solidité ; les murs et massifs forment

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