‹ Pratique et doctrine de la dévotion au Sacré Cœur (volume 2)Chapitre 59 sur 102 · Cor Jesuj fornax ardens caritatis, miserere noMs · texte numérisé non relu

Cor Jesuj fornax ardens caritatis, miserere noMs

Cœur de Jésus, fournaise ardente de charité, ayez pitié de nous! (Épître aux Éphésiens, 3, 19.)

Après nous avoir fait contempler sous divers aspects la dignité infinie que le Cœur de Jésus tire de son union avec la Personne du Verbe, les invocations des Litanies vont nous proposer les inépuisables amabilités du même Cœur.

I. Le cœur vaut ce que vaut son amour. La suprême amabilité d’un cœur créé résidera donc dans le sentiment le plus élevé qui fait aimer Dieu pour Lui-même et le prochain pour Dieu. Bien à propos, par conséquent, les Litanies exaltent avant tout la charité dont brûle le Cœur de Jésus.

L’ardeur de l’amour le fait comparer à la flamme; et le foyer le plus intense nous est souvent présenté, dans la Sainte Écriture, comme allumé dans la fournaise t.

On saisit donc le sens et l’à-propos de cette belle invocation : « Cœur de Jésus, fournaise ardente de charité. »

IL Et aussitôt notre mémoire nous rappelle les éclatantes manifestations du feu qui consumait Jésus. Telles en sont les irrésistibles poussées, que, sur un simple signe

(1) Voy., par exemple, Deutéronome, 4, 20; Sagesse, 3, 6; Ecclésiastique, 38, 29; Jérémie, 11, 4; Ezéchiel, 22, 18; Daniel^ 1, 3; Apocalypse, 9, 2.

212 PARTIE LITTTRGICtUE. CH. III. LITANIES COMMENTÉES

du bon plaisir divin^ le Sauveur s’avance pour saisir avidement la coupe amère de la Passion, pour subir le baptême sanglant qui sauvera ses frères. « J’ai à passer par un baptême, et combien je me sens d’angoisse, jusqu’à ce qu’il ait eu lieu i ! *

Non pas seulement dans le sens terrifiant rappelé par l’Apôtre, mais pour marquer la sainte contagion de ses divines ardeurs, nous pouvons le dire : « Notre Dieu est un feu consumant 2. >

III. Dans ses communications surnaturelles avec la Sainte, Notre-Seigneur Lui-même, avant de révéler ses desseins, ses plaintes, ses désirs, commence par faire apparaître les flammes de la fournaise de son Cœur. Et il définit son Cœur par son amour pour nous : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes ».

IV. Ayez pitié de nous! Brisez la froide glace de nos cœurs, allumez en nous la flamme de votre charité !

9. Cor Jesu, justitiae et amoris receptaculum, miserere nohis !

Cœur de Jésus ^ réceptacle de la justice et de V amour, ayez pitié de nous! (Épître aux Colossiens, 1, 10; aux Hébreux, 1, 9.)

I. L’absolue simplicité de Dieu se décompose pour nous en attributs ou perfections distinctes qui peuvent même nous paraître opposés. Aucun conflit ne semble plus réel et plus irréductible que celui qui fut créé par le péché d’Adam entre l’amour ou la propension bienfaisante et la justice vengeresse. Celle-là sollicitait un pardon et des faveurs que refusait celle-ci, ou soumettait l’oiFensé à l’impossible condition d’une satisfaction digne de Dieu.

Nous savons par la Foi, comment la conciliation se fit

(1) Évang. selon saint Luc, 12, 50.

(2) Épître aux Hébreux, 12, 20.

ARTICLE II. IN70CAT. 10. PLEIN DE BONTÉ ET d'aMOUR 213

dans rHiimanité du Verbe, capable de s'humilier, d'expier, de satisfaire, parce qu’elle est créée, capable de compenser l’offense faite à Dieu parce qu’elle est l’Humanité d’une Personne divine.

L’invocation des Litanies célèbre donc justement le Cœur de Jésus comme le rendez-vous commun de la justice et de l’amour.

II. Un réceptacle est, à proprement parler, un lieu où se rassemblent des choses venues de divers endroits. Partis des directions qui semblaient les plus éloignées, la justice et l’amour se sont rencontrés dans le Sacré Cœur. Leurs voix, jusque-là discordantes, s’y sont harmonieusement mêlées. Et désormais la justice même appelle sur nous les bienfaits de la bonté divine.

III. Cette sainte et admirable alliance de la justice et de l’amour se retrouve dans des âmes d’élite et chez les vrais amis du Cœur de Jésus. Ils acceptent de souffrir pour les péchés d’autrui, d’offrir à Dieu des satisfactions ennoblies par la grâce du divin Rédempteur.

IV. Ayez pitié de nous! Maintenant que la dette est payée, versez sur nous ces faveurs que Vous aimez à répandre ; rendez-nous généreux, pour nous apprendre à satisfaire avec Vous la justice de Dieu.

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