‹ Pratique et doctrine de la dévotion au Sacré CœurChapitre 127 sur 334 · II. Développements · texte numérisé non relu

II. Développements

1er point. La pauvre crèche de Jésus.

1. Figurons-nous, dans sa pauvreté et son dénuement, l’étable abandonnée qui sert de palais natal au Fils de Dieu, Roi des Rois. Pensons à tout ce qu’ont de déplaisant le désordre, la malpropreté même de pareil lieu de refuge. Comparons avec la crèche la molle couchette que l’on ménage aux autres nouveau-nés. Les membres de J ÉSU8 naissant ne sont pas moins délicats que les leura. Tandis qu’on entretient autour des autres enfants une douce atmosphère, la bise a forcément libre entrée auprès de celui-ci.

Aux pieds de Jésus enfant, que penser de ma délica-

1er JOUR. NAI88AXCE DE JÉ8U3 CHRIST 275

tesse, de la recherche constante de mes aises, de la peur que m’inspirent de bien moindres privations?

2. Mais Jésüs pauvre est intérieurement libre et Seigneur. Assujettis à des soins superflus du corps, combien d’hommes ont l’esprit captivé et l’action entravée par des préoccupations mesquines !

O Jésus, venu pour ma délivrance, affranchissez moi dea misérables soucis et inquiétudes d’ici-bas; donnez-moi part à votre liberté !

2e point. L’ éloignement du faste.

1. Que nous conseille le monde? De paraître ; de faire valoir en toute occasion les avantages du corps, de l'esprit, de la naissance, de la famille; de dissimuler sous mille artifices nos défauts physiques, intellectuels, moraux ; d’accepter les compliments même immérités, de nous attribuer jusqu’à de faux mérites.

Jésus descend sans éclat sur la terre ; 11 la vient féconder comme la rosée bienfaisante dont le matin l’herbe se trouve mouillée1. 8a venue n’est pas annoncée à son de trompe. L’endroit écarté, l’heure même de sa naissance (au milieu de la nuit), favorisaient la solitude, l’oubli des hommes.

2. Notre-Seigneur nous conseille d’être, et de peu nous soucier de paraître ; de permettre sans doute que la bonne odeur de la vertu se répande, mais de ne pas faire le bien pour être vu des hommes. A l’homme d’agir avec droiture ; à la Providence divine de le guider, de le conduire à son poste de service.

De cette manière, le coeur demeure dans la paix, et le Père céleste agrée pour l’éternité les actions dirigées si sincèrement et si entièrement vers Lui. La conduite con-

seillée par le monde aboutit toujours à l’inquiétude et à la désillusion; elle prépare de fréquentes déceptions. Et même en cas de succès, les résultats sont aussi vains que l’intention qui les convoita.

3e point. La 'préférence donnée aux humbles bergers.

1. L’évangile nous présente deux scènes délicieuses à contempler dans le détail. L’une se passe sur la colline, où des ange3, apparaissant aux bergers, glorifient Dieu et annoncent la paix rendue à la terre. L’autre a lieu devant la crèche : libres de préjugés, ces braves gens ont accepté sans défiance la bonne nouvelle et se sont rendus avec empressement à l’invitation du Ciel. Aussi quel accueil le Cœur de Jésus leur aura-t-il réservé!

2. Tâchons de savourer l’une et l’autre scène. Recevons avec gratitude la paix qui nous est offerte, à nous également : elle est la marque la plus sûre des inspirations divines. Puis, imitant les bergers, donnons avec simplicité tout ce que nous sommes, tout ce que nous avons au Cœur de 1 Enfant-Dieu.

3. Apprenons aussi l’amour de l’apostolat auprès des humbles : ministère à la fois plus méritoire et plus fructueux.

Colloque d’actions de grâces, d’offrande, avec S. Joseph, la Sainte Vierge, le doux Sauveur.

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