‹ Pratique et doctrine de la dévotion au Sacré CœurChapitre 135 sur 334 · II. Développements · texte numérisé non relu

II. Développements

1er point. L’honneur rendu à S. Jean par Jésus.

1. 1. Quelle sympathie Notre-Seigneur se complaît à exprimer à saint Jean! Quel honneur II va lui faire, en le contraignant suavement à Le baptiser! Comme II se plaît à exalter le mérite et la grandeur de son saint précurseur !

2. Jésus inculque à ses disciples le même esprit de générosité. Saint Jean vint un jour lui référer, qu’ayant remarqué un homme qui chassait les démons en son nom, ils lui avaient interdit de continuer, parce qu’il n’était pas de leur compagnie. Jésus leur dit : « Ne l’empêchez pas : qui n’est pas contre vous est avec vous. * (4).

3. Fidèle à cet enseignement saint Paul, passant pardessus les intentions moins droites auxquelles certains semblaient obéir, s’écriait : pourvu que le Christ soit annoncé, je m’en réjouis (a).

II. Le bien réalisé par d’autres que nous, savons-nous l’apprécier, le goûter? Comme serait pure la charité de celui qui se réjouirait du bien qui passe par les mains

(1) Év. S. Luc, 9, 49. 50.

(2) Phil. 1, 18.

286 3ECT. n. MÉDITATIONS, CH. III. MOIS DU SACRÉ CŒUR

d’autrui autant que du bien opéré par les siennes propres ! D’où naissent les tentations de jalousie à propos de3 succès spirituels auxquels nous sommes étrangers? N’est-ce pas du reflet de gloire humaine dont brille aussi la bonne action? Pour dominer ces impressions d’envie, nous pouvons appeler à notre aide la vanité de tout éclat terrestre. Mais triomphons-en plus complètement par amour de Dieu, dont la gloire est procurée, et aussi par le sentiment de la communion des Saints. Il n’y a pas un mérite, pas une bonne œuvre, pas une glorification divine qui n’augmentent d’une joie accidentelle l’éternelle félicité des Saints*.

2e point. La soif de justice dans le cœur de Jésus.

I. « Il convient que nous accomplissions toute justice. » Par ces paroles, Notre-Seigneur nous révèle dans son propre cœur, la soif de justice dont plus tard II célébrera la béatitude. Avec quel amour, Il passe par toutes les observances de l’Ancien Testament, puis de l’économie transitoire de saint Jean-Baptiste; par la circoncision de Moïse, et par le baptême de Jean! Lui, né libre et au-dessous de toute loi imposée à des hommes, Il s’est assujetti pour nous au joug de toutes les lois.

II. A notre tour, et par amour pour Lui, loin de chercher des exemptions imméritées, acceptons de grand cœur cette servitude de la justice, qui suit d’après saint Paul1, l’atfranchissement du péché. Soyons heureux d’immoler notre liberté à Celui qui pour nous s’est courbé sous le joug afin de nous affranchir2.

3e point. La mission confiée à Jésus.

I. Tandis que Jésus est baptisé, le ciel s’entr’ouvre : la -voix du Père se fait entendre, l’Esprit-Saint apparaît

(1) Rom. 6, 18.

(2) Gai. 4, 45.

5e JOUR. LES NOCES DE CANA

sous la figure d’une colombe. La personne du Verbe est là, en laquelle subsiste rhumanité de Notre-Seigneur. L’adorable Trinité donne au Christ par la voix du Père, sa mission rédemptrice. « Voici mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis ma complaisance1. » Et l’Esprit-Saint prend d’une façon toute spéciale sous sa conduite l’humanité du Sauveur.

IL Dans l'Église de Dieu, toute vraie réforme est le fruit d’une mission divine. Et les saints repoussent loin d’eux toute initiative, toute action dont le procédé serait incorrect, bien que le but en puisse sembler noble. Avonsnous cet esprit de foi, cette confiance filiale en la Providence, de ne vouloir tendre à aucun but autrement que par la voie droite?

COLLOQUE

Offrons au Cœur de Jésus les grandes résolutions que sa grâce nous aura inspirées dans la méditation d’un aussi ample sujet.

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