II. Développements
1er point. — L'indulgence apostolique de Jésus .
1. 1. Pécheresse et schismatique, la Samaritaine avait, aux yeux d’un prêtre juif, deux titres au dédain et au mépris. Mais le Cœur de Jésus nourrit un dessein meilleur que celui d’afficher orgueilleusement la supériorité de la vertu et de la vraie Foi : le dessein de convertir l’infirme et l’égarée. Il est, Lui, le Pasteur, venu non pour triompher, mais pour sauver.
2. Cependant II ne dissimulera ni la faute ni l’erreur de cette femme : « Celui que vous avez n’est pas votre époux légitime... Vous ignorez ce que vous adorez... Le salut vient des Juifs ». Mais le moment et le ton de cette correction sont tels qu’ils émeuvent l’âme sans blesser ni froisser la personne.
II. A 1 'exemple de Jésus, même dans la défense de la vérité et en prenant parti pour la justice, évitons de nous aliéner les personnes, par une hauteur ou une indignation que le Sauveur n’a jamais connues, et qui ne sont pas de mise dans un disciple de Celui qui s’est proclamé doux et humble de cœur. Une âme apostolique doit bannir toute arrogance et ne laisser de place qu’à l’amour. Le vrai zèle s’entend à ne sacrifier ni la vérité ni le salut d’une âme.
2e point. — Le zèle industrieux de Jésus.
I. Admirons le zèle industrieux du Sauveur. Il commence par demander un service facile à la femme venue pour puiser de l’eau : « veuillez me donner à boire. » Cette simple marque de confiance est de nature à la bien disposer. La surprise que la demande d’un Juif cause à la
(1) Pour les développements de cette méditation, nous avons suivi un autre plan que celui du résumé.
Samaritaire sert d’occasion à Jésus pour lui faire désirer une eau meilleure que celle qui étanche la soif pour quelques instants. Et son invitation se fait pressante, en révélant ce dont II porte l’intime conscience ; la valeur de ce qu’il vient offrir. « Si vous connaissiez le don de Dieu, et quel est Celui qui vous adresse la parole ! » Avertie ensuite de son égarement, à la fois intellectuel et moral, la femme est gagnée au bien, va répandre la nouvelle de ce qu’elle a entendu, et c’est la Samarie qui s’ébranle pour se rendre à Jésus.
II. Le salut des âmes mérite aussi de notre part une application inventive et ingénieuse. De quel moyen efficace nous disposons, si, heureux de notre foi, par nos paroles et notre action, nous laissons transparaître le sentiment intime du bonheur que nous donne la possession de la vérité. Tout homme est en quête de félicité ; comment ne tendrait-il pas l’oreille à qui lui dit sincèrement : je suis heureux, et je vous invite à l’être avec moi.
3e point. — L'élévation des pensées de Jésus,
I. Comme le Christ s’élève au-dessus de toute pensée mesquine ou étroite ! « Le Père céleste cherche des adorateurs en esprit et en vérité... Ma nourriture est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d'accomplir son œuvre ».
II. Dans notre dévotion, ne nous arrive-t-il pas de renverser l’ordre des choses, et d’être plus préoccupés du lieu où nous prions, communions, célébrons, que de la manière dont nous honorons Dieu? L’homme qui, tout en égrenant son chapelet, laisse égarer son esprit après des choses toutes frivoles, c’est à peine s’il est adorateur en esprit; et est-il adorateur en vérité, celui qui ne s’est pas rendu compte de la sublimité de sa prière, de la grandeur de l’acte par lequel il rend hommage à Dieu? L’est-il beaucoup, celui qui mêle à sa piété des pratiques bizarres,
7e JOUR. LES BÉATITUDES 295
presque superstitieuses; l'est-il, même un peu, celui que des calculs temporels décident à paraître religieux?
COLLOQUE
Remerciant Notre-Seigneur de ses sublimes leçons, offrons-Lui les propos auxquels sa grâce nous convie.
SEPTIÈME JOOR