II. Développements
1er point3. — Les détachements et les aspirations des béatitudes .
1. Notre-Seigneur nous inculque d’abord le sentiment profond de notre néant, de notre misère, de notre indigence spirituelle. Son abaissement, son effacement devant
(1) Telle est la force du mot grec ïïtw^o;.
(2) La mansuétude est la compagne inséparable et le sûr indice de l’humilité. « Faites-en l’expérience, dit-il ailleurs, je suis doux et humble de cœur. *
(3) On peut, dans les Béatitudes successivement énoncées, voir le développement harmonieux d’une disposition fondamentale contenue dans la première béatitude ; on peut aussi rapprocher les dispositions plutôt négatives, des perfections positives qu’elles préparent. C’est ce que nous faisons dans le premier Point.
7e JOUE. LES BÉATITUDES
la divinité, se justifiait par le néant que sa nature humaine était par elle-même. Nos faiblesses, notre impuissance morale, ajoutent pour nous d’autres raisons d’adopter l’attitude du pauvre publieain qui supplie Dieu d’avoir pitié de lui.
Ainsi dépouillés d’amour-propre, tous nos désirs, toutes nos affections peuvent se porter vers la suprême justice, l’accomplissement de toute volonté divine. Quelle soif en avait le Christ! Oh! si cette soif pouvait aussi nous consumer !
2. Le Coeur du Christ, étranger à tout orgueil, est plein de miséricorde. Sa justice n’a rien de hautain. Il nous invite à une parfaite mansuétude, qui nous rendra miséricordieux envers tous les miséreux : envers ceux de l’ordre physique, comme envers ceux de l’ordre moral.
2. Notre-Seigneur versa sur nos péchés et nos misères des larmes qui disposent Dieu au pardon. Pieurons nos péchés, entretenons l’esprit de componction : au lieu des plaisirs étourdissants qui ne peuvent que nous distraire de la vérité, en nous laissant le cœur vide, nous goûterons la parfaite pureté de cœur, qui élève notre regard vers l’Infini.
2e point. — La paix des béatitudes.
I. La note propre du Fils de Dieu, c’est la paix dans l’ordre et la béatitude. La bonne nouvelle qu’il annonce, c’est l’évangile de la paix. A sa naissance, les Anges chantent la paix rendue aux hommes : pax hominibus. Il n’exempte les siens ni des maux ni des contrariétés d’icibas, mais II leur laisse la paix en héritage.
IL Oh ! ce fruit d’une paix ineffable et communicative, empressons-nous de le cueillir, en adoptant pleinement le programme des six premières béatitudes.
3e point. — La bienheureuse persécution.
I. En proclamant bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, Notre-Seigneur nous presse de poursuivre la consommation de la vertu, l’idéal de la grandeur et de la bonté morale, en acceptant de souffrir pour la plus belle de toutes les causes, la cause de la justice. Lui-même réalisa cet idéal sur la croix.
II. Et nous, comment avons-nous estimé et subi les contradictions que le monde opposait à notre foi, à notre vertu? Avons-nous imité les apôtres, si heureux d’avoir souffert l’ignominie pour le nom de Jésus -Christ?
colloque
Rendons grâces au Cœur de Jésus des leçons sublimes par lesquelles II veut nous ouvrir la félicité du paradis. Supplions-Le humblement mais avec confiance, de nous rendre aptes à les mettre en pratique pour la glorification de son Nom.