II. Développements
1er point. L’infirmité.
1. 1. La femme dont il s’agit dans cet évangile souffrait d’un flux de sang. Le mal durait depuis douze ans. Et elle allait s’affaiblissant. C’est en vain qu’elle avait recouru aux médecins et dépensé son argent en prétendus remèdes. Imaginons-nous le chagrin, l’anxiété de cette infirme.
2. Pour combien d’hommes la vie s’écoule plus complètement et aussi inutilement que le sang de cette hémorroïsse ! Et cette perte se prolonge durant des années !
Les dissipateurs du temps ne sont pas uniquement les désœuvrés; ce sont encore les plus actifs, s’ils dépensent leur énergie pour des résultats purement terrestres et humains, s’ils courent après la richesse ou la gloire. Quelle déception les attend à la mort ! Comme ils verront alors que ces vaines occupations, comme les remèdes fournis à la malade de l’évangile, ne corrigeaient en rien leur funeste prodigalité.
Et pourtant, de même que le sang devait circuler dans les artères pour enrichir la vie corporelle d;à-présent, de même le temps nous est donné pour enrichir notre vie future et éternelle.
II. Apprécions-nous suffisamment la valeur de ce temps qui fuit à tire d’aile? Le convertissons-nous en moments éternels?
2e point. La guérison instantanée.
1. 1. À peine la malade a-t-elle touché Jésus, que le flux de sang est arrêté, et qu’elle se trouve rétablie. Quelle joie remplace l’inquiétude et le regret!
2. Contre la perte du temps, Jésus est également le remède : le remède radical et instantané. Selon le conseil de l’apôtre, glorifions Notre-Seigneur en toutes choses ;
308 6ECT. n. MÉDITATIONS, CH. III. MOIS DU SACRÉ CŒUR
ayons dans tous nos travaux l’intention de Le servir. Pas même un verre d’eau donné en son nom ne sera perdu.
II. Figurons-nous être ces serviteurs qui, les bras croisés, attendent qu’on lés prenne à gages. Le Christ passe et nous convie à travailler à sa vigne. Offrons-nous pour n’avoir plus d’autre vrai but et souci. Servir en tout Jésus ! Supplions-Le d’agréer l’oblation de notre corps, de notre âme, de toutes nos facultés.
3e point. L’hommage rendu à la confiance.
1. 1. Jésus interpelle indirectement cette femme qu’il vient de guérir. Il paraît se plaindre qu’on l’ait touché ! Et l’audacieuse, de se prosterner tremblante à ses pieds. Et Lui, de la relever, de la rassurer, de la féliciter de sa foi. Quelle scène !
2. Que voulait le Cœur de Jésus? Il voulait ce qu’en tant d’occasions II témoigne désirer. Il attendait un acte d’humilité de cette femme, et II souhaitait en exalter la foi et la confiance.
II. Humilité et confiance en Dieu : tels sont les deux leviers de la vie spirituelle. Avec eux, on est à l’abri des ruses du démon, et l’on monte toujours! Ne séparons jamais ces deux dispositions.
Colloque
Nous supplierons Jésus de nous recevoir à son service, et de nous enseigner à ne perdre aucune parcelle du temps présent.