II. Développements
1er point. — Le grand bien de l'amour de Dieu.
1. 1. Dans sa légèreté, le fils cadet du bon père de famille que Notre-Seigneur met en scène ne remonte pas à l’origine de son heureuse condition. Il ne songe pas que toute l’aisance dont il jouit et qu’il peut se promettre, il la doit à l’amour de son père et que cette amitié est le bien le plus précieux que son père lui puisse donner. Insensé, il réclame sa part du reste, et il renonce à cet amour!
2. Combien plus pour l’homme l’amour de Dieu est le trésor incomparable, inestimable, unique ! Par sa
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naissance, par son adoption naturelle, l’homme est un fruit de l’amour de Dieu. Tous les biens qu’il possède et qu'il peut attendre ont leur source dans cet amour.
Et pourtant que d’insensés font bon marché de cet amour !
II. Pour nous, croyons à l’amour que Dieu nous porte1 ; fions nous à cet amour; que cette pensée nous soit habituelle : rien ne vaut l’amour de Dieu; rien ne vaut que par cet amour.
2 e point. — Le malheur du fils prodigue.
I. Suivons trait pour trait, le tableau où, par amour pour nous, Notre-Seigneur résume le malheur du prodigue. Loin de son père, il connaît, il goûte un instant, l’étourdissement de l’indépendance et du plaisir. Mais que cet instant est court, et qu il lui coûte cher ! Il y perd tous ses biens ! Le voilà moralement avili puis obligé par nécessité de se mettre au service d’un maître avare et impitoyble. Cherche-t-il du réconfort autour de lui? A présent qu’il est pauvre, il est abandonné de ceux qui se disaient ses amis. C’est l’isolement, c’est la faim, c’est le vide du cœur.
II. Pareil désenchantement attend tous ceux qui délaissent le Christ pour suivre le monde. L’imagination fascine ; la réalité n’est que déception, dégradation et malheur! Oh! dans les moments où la passion élève la voix, sachons nous en souvenir !
3e point. — La réconciliation.
I. 1. L’enfant prodigue a dans son cœur, dans sa nature même et son éducation, des ressources qu’il tient encore de son père. Son regard s’élève jusqu’à la vie idéale du foyer paternel. Il sait apprécier, désirer la félicité qui y règne et y opposer sa propre misère. Bien mieux, il se sent
(1) l"ép. S. Jean, 4, 16.
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le courage de se redresser, d’aller vers son père, de s’humilier, et d’accepter, dans un rang inférieur, une vie d’expiation.
2. Et quel père il va retrouver; père qui ne l’a pas abandonné ; père qui songe à lui, qui s’informe de lui ; qui court à sa rencontre; qui se jette à son cou, l’accueille comme enfant, et lui fait fête.
II. L’homme pécheur est, lui aussi, par une grâce de Dieu qui l’invite et le poursuit, capable de relèvement et de vie généreuse. Pourvu qu’il rejette la plus triste forme de l’amour-propre, qui consiste à douter de la miséricorde divine et à décliner le devoir d’un humble aveu, d’une confiante imploration de pardon ! Mais s’il est docile à l’appel de la grâce, oh ! alors quel cœur, quelle étreinte paternelle l’attendent dès maintenant et lui réservent le festin du ciel.
Que toujours, et pour nous-mêmes et pour les autres, domine en nous la confiance, l’humble confiance dans l’amour miséricordieux de notre Père céleste.
COLLOQUE
Remercions le Cœur de Jésus de nous avoir révélé, par cette parabole, et ce qu’est Dieu pour nous et ce que, par la grâce, nous pouvons être pour Dieu.