II. Développements
1er point. L’amitié de Jésus.
1. 1. Sauveur de tous les hommes, à tous dévoué jusqu’à la mort, Jésus avait cependant sur terre des privilégiés dont II se disait et se démontrait l’ami. Et maintenant même, tandis qu’il règne glorieux dans le ciel, des élus d’ici-bas peuvent goûter l’ineffable consolation de son amitié spéciale. Pensons à S. Jean, à S. Paul, à des saints qui, même assez près de nous, nous ont attesté une intimité avec Jésus, dont l’Église n’a pas désapprouvé la persuasion et le témoignage.
2. Cette amitié cependant ne préserve point Lazare et ses sœurs des accidents et des chagrins ordinaires de cette vie. Pourquoi cela? C’est que ces épreuves mêmes font partie d’un plan divin, inspiré par la charité; c’est que l’immunité de ces maux temporels pourrait rendre moins pur le sentiment d’affection qui nous unit à Jésus.
II. Offrons-nous avec empressement pour nouer avec Notre-Seigneur le lien inestimable d’une spéciale amitié. A cet effet, que demande-t-Il de notre part? Une affection sincère et délicate, confiante dans les traverses de l’existence, attentive dans ses démonstrations. Relisons dans l’Imitation le chapitre : De l’amitié familière avec Jésus. Protestons aussi qu’aucun intérêt ne nous guide, mais le désir d’aimer Celui qui est si digne de l’être, qui nous aime tant, et qui est si peu aimé.
350 SECT. n. MÉDITATION*, CH. ni. MOIS DU SACHE CŒüH
2e point. L’ abandon ‘permis au sein de cette amitié.
I. Déjà S. Augustin le faisait remarquer : le message que les sœurs de Lazare envoient à Jésus pour Lui annoncer la maladie de leur frère ne contient aucune demande expresse. Vous aimez Lazare, se contentent-elles de dire : celui que vous aimez est malade. Il vous suffit de savoir. Vous prendrez conseil de votre cœur.
II. Nous pouvons de même nous reposer de tout sur le Cœur de Jésus. Il est un abandon répréhensible : celui d’une paresseuse indolence, qui se dérobe à tout effort; et il est un abandon méritoire et fructueux : celui qui fournit sa tâche, mais ensuite, s'en remet pour le résultat à Dieu et à notre cher Rédempteur. Depuis que nous servons filialement Jésus, avons nous quitté tout souci inquiet?
3e point. — L’affliction du Sauveur.
I. Arrivé près du tombeau de Lazare, les sanglots des sœurs touchent le Cœur de Jésus; permettant à l’émotion de Le gagner, le Christ pleure avec elles et avec leurs autres amis. Pourquoi ces larmes sur un défunt qu'il va rendre à la vie, et cela un moment avant le miracle? Oh ! ces larmes prouvent plutôt la compassion de Jésus pour la peine de Marthe et de Marie. Peut-être aussi songe-t-Il que Lazare ressuscité devra dans la suite subir derechef la séparation toujours cruelle, qui divise l’âme d’avec le corps. Il pleure la mort qui plus tard va succéder à celle dont II affranchit.
IL Sachons à notre tour sin : ement compatir, entrer dans les sentiments de nos frères.
'COLLOQUE
Bénissons avec effusion le Cœur de Jésus de l’amour qu’il nous porte et de celui dont II demande que nous L’aimions.
22e JOUR. LA BÉNÉDICTION DES ENFANTS
VINGT-DEUXIÈME JOÜR