II. Développements
1er point. L’accueil fait aux enfants par Jésus.
I. Assistons, par l’imagination, à cette petite scène, toute familière, des mères qui présentent leurs toutpetits au bon Maître, afin qu'il les bénisse. L’insistance, le nombre qui va croissant de celles qui cherchent à s’approcher, lassent et mécontentent les disciples. Ceux-ci perdent patience, en viennent aux menaces pour écarter ces importunes avec leur marmaille. Mais Jésus lit dans ces cœurs qui ont à peine commencé de battre, une innocence qui Le ravit, une absence d’orgueil et de prétention qui ouvre les voies à la grâce, une capacité de bien qu’il souhaite productive, et une vocation sublime, une destinée qui les fait grands aux yeux des anges et de Dieu. Aussi, après un blâme sévère pour ses disciples, Il rassure ces mères et, d’un sourire engageant, accompagne ce3 paroles : Laissez venir à moi ces petits enfants.
II. A notre tour, cultivons dans notre cœur les dispositions d’humilité et de droiture qui plaisent à Notre- Seigneur. Si notre état nous impose des devoirs ou nous confère une mission vis-à-vis de l’enfance, estimons-la grandement, et demandons à Notre-Seigneur lumière et vertu pour nous en acquitter dignement.
2e point. L’ enseignement de Jésus.
I. « Quiconque n’aura pas reçu le royaume de Dieu comme un petit enfant, n’y entrera point ». Observons l’attitude de l’enfant à l’égard de ses parents. Quelle naïve confiance il met en eux ! Les réponses que de leur part il reçoit à ses multiples questions sont comme autant d’oracles qu’il admet sans discuter. Cependant ces parents
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ignorent tant de choses ! Et sous divers prétextes; que de fois ils trompent le petit questionneur !
Au regard de Dieu, ne sommes-nous pas des enfants? Que comprenons -nous des grandes vérités dont nous avons à vivre? Et pour l/ensemble du genre humain, quelles autres preuves sont accessibles, que celles qui s'étalent au regard non troublé par des préventions : les miracles de notre Sauveur, les prophéties qu’il réalise, sa sagesse, sa vertu, la beauté morale de son évangile?
II. Recevons avec une docilité d’enfant le royaume de Dieu, tel que Dieu nous le découvre. Assurément, suivant nos aptitudes et notre culture, un examen sérieux nous est prescrit, loin qu’il soit défendu. Mais cet examen ne doit trahir aucune suffisance : il ne s’agit pas de discuter avec Dieu comme d’égal à égal. Qu’aucun amourpropre ne se glisse dans nos difficultés ! Qu’une entière confiance en Dieu soit la note dominante de nos cœurs.
3e point. La tendresse de Jésus.
I. Songeons combien noble et pure est la tendresse que Jésus témoigne à ces enfants. Avec son baiser divin, Il dépose en eux des germes de vertu.
Hélas ! la sympathie et la tendresse humaine sont aisément altérées par les viles concupiscences. Et le regard de Jésus, si doux quand il se porte sur ces frêles créatures, se fait courroucé et terrible pour le corrupteur et tentateur. Malheur à celui qui scandalise1.
II. Veillons avec grand soin à ce qu’aucun désir vulgaire ne vienne déflorer nos sentiments et stériliser notre action bienfaisante. Répudions l'affection qui cherche une satisfaction personnelle, développons celle qui veut donner et se donner.
(1) Év. S. Matth. 18, 7.
s. G. DS JÉSUS, i.
Supplions Notre-Seigneur de rendre, au point de vue spécial des affections, notre cœur semblable au sien.