‹ Pratique et doctrine de la dévotion au Sacré CœurChapitre 216 sur 334 · I. Méditation résumée · texte numérisé non relu

I. Méditation résumée

2« Prélude. Cette salle du sanhédrin, où Notre-Seigneur subit debout, par amour pour Pierre et pour nous, une injuste condamnation à mort; et la cour d’attente, où Pierre, assis près du feu, renie son Maître jusqu’à trois fois; puis le lac de Tibériade, et ses bords, où Notre- Seigneur demande à Pierre une triple protestation d’amour et renchérit sur ses anciennes promesses.

Remarque préliminaire. — Comme manifestant le Cœur de Jésus, le reniement de saint Pierre ne saurait se séparer des faveurs reçues précédemment par l’apôtre, non plus que des grâces qui ont suivi sa conversion. Ensemble dès lors magnifique, où nous découvrons :

1er point. — La libérale bonté du Cœur de Jésus , comblant de privilèges et de bienfaits un homme pris dans la foule commune du peuple : l’élection à l’apostolat (S. Matthieu, 4, 18. 19; S. Marc, 3, 14-16); la guérison de la belle-mère (S. Marc. 1, 29-31); la marche sur les flots, permise à Pierre (S. Matthieu, 14, 28-32) ; les promesses (S. Matthieu, 16, 16-18); la manifestation de la gloire du Maître (S. Matthieu, 17, 1. 2); le tribut payé

pour Pierre (S. Matthieu, 17, 24-26); l'entrée dans la barque de Pierre (S. Luc, 5, 3) ; la préparation de la Pâque (S. Luc, 22, 8) ; la prière spéciale faite pour Pierre S. Luc, 22, 31. 32); le lavement des pieds (S. Jean, 13, 6-10).

2e point. — L’affliction du Cœur de Jésus à cause de ce reniement si triste, si cruel, lorsqu’on pèse les assurances présomptueuses de l’apôtre (S. Marc, 14, 29-33), aussitôt suivies d’une lâche faiblesse (S. Marc, 14, 36); le moment où il méconnaît Jésus ; le nombre de ses dénégations, les imprécations qui les renforcent (S. Marc, 14, 66-71; S. Luc, 22, 56-60).

3e point. — La miséricordieuse munificence du Cœur de Jésus dans la réconciliation : Le regard où se lit un reproche salutaire (S. Luc, 22, 61); l’attention que prend Jésus de faire annoncer à Pierre la résurrection (S. Marc, 16, 7); son apparition à Pierre même (S. Luc, 24, 34); la confirmation des anciennes promesses et la grâce du martyre (S. Jean, 21, 15-19).

IL Développements.

1er point. Les reniements.

I. Assistons à cette scène poignante. Qu’elle se déroule sous nos yeux comme actuelle. Dans la salle du sanhédrin, Jésus, lié, devant des juges décidés à Le perdre, entre des valets qui L’insultent et Le frappent; Jésus qui va mourir pour nous, qui va comme dicter son arrêt de mort par la confession courageuse de sa mission et de sa divinité, faite elle-même pour rassurer notre foi. Interrogé sur ses disciples II se tait douloureusement. Que peut-Ii en dire? Ils ont fui! Dans une salle voisine cependant, séparée du sanhédrin par la cour, Pierre est assis. Pierre, le présomptueux prometteur, prompt à reconnaître la faiblesse des autres, mais rassuré pour

28e JOUR. RENIEMENT ET CONVERSION DE SAINT PIERRE 381

lui-même, malgré les avertissements de Jésus : il ne broncherait pas, il irait avec Jésus à la mort. Et le voilà qui tremble devant une fille de service ! « Je ne connais pas cet homme; je ne suis pas de ses disciples; je ne comprends pas même votre question. Sur ma tête, je le jure : je n'ai rien de commun avec cet accusé ! » Ces dénégations sont pour le Coeur de Jésus comme autant de coups de poignard. Dans le regard qu'il dirige sur Pierre, quelle douloureuse émotion î

IL Partageons cette peine. Pleurons aussi les innombrables lâchetés des chrétiens, qui ont reçu la confirmation pour confesser la Foi : lâchetés et défections de laïques ; et, si nous nous rappelons Fhistoire, lâchetés et défections de moines, de prêtres, d’évêques ! Hélas, Pierre lui-même n’a pas eu toujours de dignes successeurs. Oh! qu’il yak déplorer et à expier ici bas ! Et nous-mêmes, sommes-nous, avons-nous toujours été des confesseurs intrépides de la Foi?

2e point. — L’ingratitude de Pierre.

I. Ce Pierre qui renie Jésus fut un des premiers élevé à la dignité d’apôtre. Bien plus, il reçut un nom qui faisait de lui la pierre fondamentale de l’Église. Ajoutez les mille faveurs particulières que lui valut, durant des mois, la compagnie du Sauveur : Jésus guérit la belle-mère de Pierre ; Jésus lui permit de marcher sur les flots ; Jésus paie pour lui le tribut; c’est dans la barque de Pierre que Jésus veut prêcher; Jésus découvre à Pierre sa gloire sur le Thabor ; Jésus prie spécialement pour Pierre ; Jésus lui a lavé les pieds.

Et Pierre ne connaît plus ce bop Maître !

II. Est-il chrétien qui ait tôt fini d’énumérer les bienfaits et les prévenances dont Dieu le combla? Quelle créature est plus chérie, s’écrie l’Imitation, en pensant à la Sainte Communion. Et pourtant, oublieux de toutes les

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grâces, ils ne sont pas rares ceux qui, pour une contrariété, ont le murmure sur les lèvres et la révolte dans le cœur. Et nous?

3e point. La conversion.

I. Opposons à la fin de Judas, la fin de Pierre. Tous les deux ont prévariqué. Mais Pierre a pleuré, sans désespoir. C'est vers le Maître qu'il s’est humblement tourné. Et Jésus le réhabilite, Jésus le favorise d’une apparition particulière, Jésus lui confie définitivement la garde de tout son bercail, Jésus lui promet la grâce d’un glorieux martyre.

Pierre s’est tourné vers Jésus. N’est-il pas plus exact de dire, que Jésus a appelé Pierre, par son regard même et ses invitations intérieures? Et c’est ainsi que Xotre- Seigneur, après avoir merveilleusement fait le monde, l’a restauré plus merveilleusement, même dans le cœur des pécheurs.

II. Quelle confiance, quel désir insatiable de revanche n’allons-nous pas manifester î

colloque

Exprimons au Cœur de Jésus notre reconnaissance, avouons notre faiblesse, notre inconstance, ajoutons les espoirs que nous mettons en Lui.

VINGT-NEUVIÈME JOUR JÉSUS mis en croix

Évangile selon S. Luc , ch. 23, t. 33-43. — 33. Et lorsqu’ils furent arrivés dans le lieu qui est appelé Calvaire, ils le crucifièrent, et les voleurs aussi, l’un à sa droite, et l’autre à sa gauche. — 34. Mais Jésus disait : Mon Père, pardonnez -leur, car ils ne savent ce qu’ils font.

29e JOUR. JÉSUS MIS EN CROIX

Partageant ensuite ses vêtements, ils y jetèrent le sort. — 35. Et le peuple était là, regardant, et les chefs le raillaient avec le peuple, disant : Il a sauvé les autres, qu’il se sauve, s’il est le Christ, l’élu de Dieu. — 36. Les soldats mêmes, s’approchant, l’insultaient, lui présentant du vinaigre, — 37. Et disant : Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi. — 38. U y avait au-dessus de lui une inscription où était écrit en caractères grecs, latins et hébreux : Celui-ci est le roi des Juifs. — 39. Or l’un des voleurs qui étaient suspendus en croix, le blasphémait, disant : Si tu es le Christ, sauve-toi toi-même, et nous aussi. — 40. Mais l’autre, répondant, le reprenait, disant : Ne crains-tu point Dieu, quand tu subis la même condamnation? — 41. Encore pour nous, c’est avec justice, car nous recevons ce que nos actions méritent ; mais celui-ci n’a rien fait de mal. — 42. Et il disait à Jésus : Seigneur, souvenez-vous de moi quand vous serez arrivé dans votre royaume. — 43. Et Jésus lui dit : En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis.

S. Jean 7 ch. 19 , 25-27. — 25. Cependant étaient debout près de la croix de Jésus, sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie-Madeleine. — 26. Lors donc que Jésus eût vu sa mère, et, près d’elle, le disciple qu’il aimait, il dit à sa mère : Femme, voilà votre fils. — 27. Ensuite il dit au disciple : Voilà ta mère. Et depuis cette heure-là, le disciple la prit avec lui.

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