JOUR, JÉSUS MIS EN CROIX
Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu’ils font!
2. Ils ne savent ce qu’ils font! Telle est aussi la principale excuse de ce monde pécheur, en constante contradiction avec Jésus-Christ. Les fidèles, les religieux, les prêtres qui, oublieux de leur vocation, scandalisent par leur tiédeur ou leurs prévarications les hommes qu’ils devraient gagner au Christ; les impies qui s’acharnent contre l’Église et la foi chrétienne ; eux tous qui, par leur exemple ou leur haine, empêchent le règne social du Sauveur et par là entravent le règne de la paix et le bonheur universels, ils ne savent ce qu’ils font.
II. Déplorons cette erreur lamentable. Renouvelons la prière du Christ. Mais imitons surtout sa miséricorde. Sommes-nous prompts à excuser, à pardonner? Notre pardon est-il entier?
2e point. Le Cœur du Christ pour le pécheur repentant.
1. 1. Quelle vie vulgaire et criminelle auront menée les deux bandits crucifiés à la droite et à la gauche du Sauveur ! L’un d'eux cependant, sensible aux invitations de la grâce, s’élève jusqu’au parfait repentir. Il désavoue franchement toute sa vie passée; il subit humblement l’expiation du supplice ; la crainte de Dieu le remplit ; il élève la voix pour proclamer l’innocence de Jésus; puis, modeste à la fois et confiant, il demande à Jésus un souvenir au jour de son avènement glorieux.
2. Mais Jésus, comblant ce vœu bien au delà de l’attente du bon larron, lui assure, pour ce jour-là même, le bonheur gans mélange : dès aujourd’hui vous serez avec moi au paradis.
II. Au terme d une vie vraiment chrétienne, l’homme qui regrette tous les écarts de son infhmité, qui accepte la mort de la main de Dieu, qui s’est muni du sacrement des mourants, et qui se tourne, humblement confiant, vers Jésus en Lui rappelant l’agonie de la croix, recevra-t-il s. c. PE JÉSUS, i. 13
386 SECT. n. MÉDITATIONS. CH. III. MOIS DU SACRÉ CŒUR
une autre réponse? Quittons donc ces peurs exagérées de la mort et de l’au-delà. « Que nous vivions ou que nous mourions, nous appartenons au Christ1. * Rien n’arrachera cette assurance de mon sein2.
3e point. Le Cœur du Christ pour sa Mère.
1. 1. La croix nous révèle ou nous démontre, s’il en était besoin, la tendre et profonde affection qui unissait Jésus et Marie, et que les évangélistes, se limitant à la vie publique du Sauveur, ont comme laissé dans l’ombre. Accourir à Jérusalem, fendre la foule, se dresser debout à côté de la croix : c’est bien là le fait de la Mère la plus aimante et la plus héroïque. Et Jésus, à son tour, sent le besoin de se faire remplacer auprès d’elle. C’est donc qu’il était spécialement à elle, tout en étant à nous tous.
2. Et pour ce rôle auguste et délicat, son choix est tout fait. Le disciple que Jésus aimait reçoit la mission d’aimer la Mère de Jésus, de lui tenir lieu de son Fils.
II. À nous aussi, amis privilégiés du Cœur de Jésus, d’adopter Marie pour notre Mère, de l’entourer d’un amour réellement filial.
COLLOQUE
Supplions Notre-Seigneur en croix de nous enseigner la miséricorde, la confiance repentante, et la piété filiale envers Marie.