Examen de cette vraie confiance ; et propos
3e point. Les effets du devoir accompli.
1. Cette confiance me rend très agréable à Notre- Seigneur. Il l’a tant recommandée dans l’Évangile !
(l) Ps. 54, 13.
ART. IX. L'OFFICE DE ZÉLATEUR, lre MÉD.
2. Elle fera de moi un vrai suppliant. L'exclusion de tout souci, la persuasion de l’efficacité de la prière, changeront en supplications ferventes et attentives les oraisons si souvent négligées et parfois de pure forme que je fais trop souvent aujourd’hui.
3. Elle me donnera la paix du cœur et la joie du Saint- Esprit.
4. Elle me conduira à la sainteté. Combien de péchés commis par désespoir, par une triste appréhension de la force victorieuse de la tentation ! Et les attaches, qui retardent le progrès, pourquoi sont-elles conservées, si ce n’est parce qu’on manque de confiance pour « brûler ses vaisseaux », et aller de l’avant sans arrière-pensée de revenir jamais sur ses pas.
COLLOQUE
Entretien fervent avec Notre-Seigneur dans le sens de la méditation.
ARTICLE IX
L’office de Zélateur
En union avec le chœur des Principautés.
Ordre des méditations consacrées à cet office.
Après avoir mis en relief l’excellence incommunicable du zèle propre à Notre-Seigneur, le premier exercice nous en fait pénétrer la nature intime et l’objet essentiel, afin de nous préserver des erreurs d’un zèle mal entendu. Le second insiste sur les marques extérieures et les fruits du zèle de Notre-Seigneur, nous suggère les motifs d’un zèle semblable, et recherche les occasions de l’exercer. Dans le troisième, nous nous décidons à vivre en zélateurs de la gloire du Christ, après avoir honoré en Lui le
S. C. DE JÉSUS. 1
vrai zélateur de la gloire de Dieu. Le quatrième exercice invoque une raison profondément touchante, pour amener chacun à cette conclusion : Jésus fut zélateur de mon âme, mon âme sera zélatrice de Jésus.
Une supplication ardente vient de nous être proposée au nom du Sacré Cœur, et cette supplication appartient déjà à l’office du zèle. Mais cet office ne se limite pas à une forme spéciale; il réclame un zèle plus universel, qui englobe toute la vie du zélateur.
Ces deux offices de suppliant et de zélateur sont d’ailleurs bien placés à la fin, quand l’amour, parvenu à son comble, a choisi l’état de victime et s’est fait l’esclave volontaire de Notre-Seigneur Jésus Christ. Il est, en effet, naturel au bien de se répandre. La charité qui aime veut aussi faire aimer. N’est-ce pas d’une surabondance d’amour que le vrai zèle tire son origine; et n’est-il pas lui même l’expression la plus haute du service de Dieu et de la dévotion au Sacré Cœur? C’est ainsi encore que Sainte Marguerite-Marie fut à la fois victime et zélatrice.
Le MÉDITATION
1er Prélude. Voyons Notre-Seigneur montrer de la main les champs de blé qui, sous le brillant soleil d’Orient, ondulaient comme de belles nappes blanches aux reflets d’or. Sa pensée se porte sur des récoltes d’un ordre supérieur, plus dignes de nos désirs, objets de plus nobles travaux. Et de son cœur s’échappe cette instante recommandation : « Suppliez le Maître de la moisson, d’envoyer des ouvriers à sa moisson1. »
2e Prélude. Prions avec insistance, afin que nous puissions participer à l’apostolat dont la flamme consume le Cœur de Notre Sauveur et Seigneur, Jésus-Christ.
(1) Év. S. Matth., 9, 37.
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1er point. La transcendance véritable du zèle de Notre- Seigneur,
I. 1. Un rôle unique de zélateur échut à l’Homme-Dieu. Tout zèle lui doit son but, ses moyens, son objet.
Son but. Notre-Seigneur dut commencer par le rendre possible. Le zèle qu’est-il, sinon une ardeur conquérante pour Dieu? Que conquérir à Dieu, sinon les âmes? Mais ces âmes ne pouvaient être conquises si le ciel leur demeurait fermé. Un monde rebelle, avec lequel Dieu avait rompu, ne pouvait non plus Lui rendre gloire. Ouvrir le ciel, réconcilier le monde avec Dieu, ce fut l’œuvre propre de l’Homme-Dieu, l’œuvre qu’il était seul en état d’accomplir.
Ses moyens. Lui seul encore en assure le moyen. Sans l’Esprit-Saint, sans la grâce de cet Esprit, les résultats ne sauraient être qu’humains et terrestres; et c’est une vie divine qu’il faut donner aux âmes. L’Homme-Dieu méritait seul l’envoi de l’Esprit-Saint. Seul, Il put Le promettre et Le donner aux hérauts de son évangile : « Recevez l’Esprit-Saint1 ».
Son objet. Lui seul montre en sa personne la tâche à remplir par le zèle. C’est sur Lui, sur son modèle, que le zèle doit façonner les âmes.
Et pour la pratique même du zèle, n’est- ce pas son exemple qui entraîne les ouvriers, ne sont -ce pas ses doctrines qu’ils répandent, ses sacrements qu’ils administrent, son dévouement et son amour qu’ils évoquent, pour obtenir toutes les adhésions de l’intelligence et du cœur? Qui croirait, sans le Christ; qui oserait espérer sans Lui ; qui, sans Lui, saurait aimer?
De toutes manières, il est vrai de dire : il n’y a pas de salut dans un autre nom que le sien2.
(1) Év. S. Jean, 20, 22.
(2) Actes, 4, 12.
C’est au zèle du Christ que les Saints du ciel font hommage de toutes leurs couronnes. C’est Lui qui triomphe en eux.
Quel cantique nouveau chantent-ils prosternés devant l’Agneau? « Vous nous avez rachetés pour Dieu par votre sang1. »
II. Aimons à reconnaître, à proclamer cette excellence de notre Sauveur; à Lui dire avec admiration et reconnaissance : Vous êtes le seul Zélateur, comme Vous êtes le seul Seigneur.
Revendiquons jalousement pour Lui un rôle unique dans l’histoire.
Moïse n’est rien auprès de Lui. Il n’a publié qu’une loi vide de grâce; et encore pour un seul petit peuple.
Combien moins lui comparerons -nous les sages ou grands hommes dont diverses races se réclament! Un rôle providentiel semble avoir échu à plusieurs d’entre eux; mais la somme effective du bien qu’ils réalisent se mesure aux débris qu’ils sauvent des vertus humaines, aux obstacles qu’ils enlèvent des âmes, pour leur faire accepter, soit clairement aperçue, soit entrevue obscurément, la seule grâce salutaire, celle de Jésus-Christ.
2e roiNT. La stérilité apparente du zèle de Notre- Seigneur sur la ; terre.
I. 1. La carrière terrestre du grand zélateur déconcerte d’abord nos vues humaines. Trente ans d’obscurité, puis, une prédication limitée et peu féconde : un peuple qui n’est gagné que pour un jour; des disciples qui se cachent, abattus, découragés ; des apôtres qui se dérobent par la fuite ou le reniement !
L’économie du plan divin demandait cette obscurité même. Tant que le sang rédempteur n’avait pas coulé, le
(1) Apoc., 5, 9.
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Nouveau Testament n'était pas conclu. Et comme l’Ancien était le privilège d’Israël, Notre-Seigneur le respecta en bornant aux Juifs sa prédication. Le grain de blé n’était pas tombé en terre pour y mourir : il devait rester seul1. Le Saint-Esprit n’était pas descendu : ni sa lumière ne s’était répandue dans les intelligences, ni sa vertu n’avait encore affermi les cœurs.
Il faudra que des généreux poursuivent la campagne inaugurée par le Christ; qu’ils fassent des œuvres en apparence plus magnifiques, qu’ils complètent par leurs travaux et sacrifices, l’entreprise évangélique ébauchée par le Maître, suppléant ce qui manquait à ses travaux et à ses peines2.
2. Gardons-nous de pourtant croire que le zèle immense de Notre-Seigneur restât sans exercice! Son zèle s’appliquait éminemment à sa propre âme, toute dévouée à Dieu, et toute adonnée, immolée au bon plaisir divin.
Il s’exerçait dans tout ce qu’il fit et souffrit pour les âmes. Le zèle de Notre-Seigneur apparaît dans les privations de la crèche, dans l’obscurité de la vie cachée de Nazareth, dans l’humiliation du baptême, dans les tentations du désert, dans les travaux et fatigues de la vie publique, dans les tourments de la Passion, dans la mort sur la croix.
Le zèle de Notre-Seigneur brille d’une flamme incomparable au foyer de son cœur.
IL Attachons-nous à en saisir, à en admirer, à en aimer l’ardeur, la pureté, la constance. Demandons avec la
(1) Év. S. Jean, 12, 24.
(2) Ép. aux Col., 1, 24. Cf. l’explication de Cornély (Cursus Scripturae Sacrae) sur ce passage. Les passions du Christ auxquelles l’apôtre disait devoir suppléer ce qui leur manquait, ce sont les labeurs et les fatigues d’une prédication qui, très limitée durant la vie mortelle du Christ, devait, durant les siècles suivants, s’étendre à l’univers grâce aux sueurs des hérauts de l’évangile.
sainte Église : « Que l’Esprit-Saint allume en nous ce feu que Notre-Seigneur Jésus-Christ a communiqué à la terre, en souhaitant de le voir monter en vive flamme1. *
3e point. Notre mission de zélateurs .
I. 1. Ce serait nous ignorer, que de faire du zèle le privilège de quelques élus, en oubliant qu’il forme une partie intégrante de notre vie surnaturelle.
Notre mission de zélateurs se lit dans notre vocation de chrétiens, qui nous appelle à reproduire le Christ, tout le Crrist.
Elle se lit dans la prière que le Christ met sur nos lèvres : « Père, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive ! »
Elle se lit dans le devoir de correction fraternelle que le Christ inculque, et dans les recommandations pressantes de l’apôtre aux églises' chrétiennes. Ne veut-il pas que leur souci constant soit la glorification du Christ2?
Elle se lit dans l’autorité confiée aux parents, aux supérieurs, dans toutes les influences qui nous donnent de l’action sur les autres hommes. Ces talents, le Maître nous avertit de ne pas les enfouir.
Observons les Saints contemplatifs eux mêmes. Quel souci de sauver les âmes, remplissait une sainte Thérèse? Quelle soif de prier et de souffrir pour elles la dévorait? Et comme son apostolat fut efficace : la réforme de tout un grand Ordre en est le résultat visible; et d’innombrables conversions en sont les fruits secrets, intelligibles à la piété.
Retenons cette vérité pour en vivre : à la place où nous sommes, Dieu veut que nous aidions à sauver les âmes. Et l’occasion s’en offre dans toute notre conversation avec les
(1) Oraison de la messe du samedi après la Pentecôte.
(2) Ép. aux Col., m, 17.
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autres hommes comme avec Dieu même. Soyons en défiance contre toute forme de piété qui nous désintéresserait du salut d’autrui, qui diminuerait notre préoccupation ou notre action apostolique. Retenons bien que suivant la parole de saint Jean Chrysostome, nous compromettons notre salut, en ne songeant qu’à nous sauver nous-mêmes1 2.
2. Une autre erreur à corriger ou à prévenir, c’est de nous tromper sur le champ d’action qui nous est destiné, et d’oublier que la première âme à conquérir à Dieu, c’est notre propre âme. Le Christ débuta par l’offrande de Luimême; le disciple du Christ ne peut commencer différemment. Chacun est le missionnaire principal destiné à sa propre âme. La tâche nous incombe ensuite de veiller au salut de ceux que notre situation, nos devoirs d’état ou même des circonstances en apparences fortuites, nous ont providentiellement confiés. Une mère chrétienne aura donc, avant tout, souci de ses enfants. Sa famille la réclame avant d’autres œuvres utiles. Ces conditions une fois remplies, le zèle n’exclut aucune forme, ne s’arrête à aucune frontière : il est prêt à toute bonne action.
« Le feu ne dit jamais, c’est assez 2. »
3. Notre-Seigneur, par son exemple, nous préserve encore d’une troisième illusion : c’est de mesurer le zèle sur les effets extérieurs, accidentels, alors que son essence est en nous-mêmes.
C’est dans notre cœur, que la flamme en doit brûler vive et pure. Quand ce feu nous consume, il embrasera tout ce qui est à notre portée; et parvenus au soir de la vie, nous aurons accompli la tâche, obscure ou éclatante, que Dieu aura daigné nous réserver.
II. Confrontons notre zèle avec les enseignements de Notre-Seigneur, afin de l’agrandir et de l’épurer.
(1) Hom. 59 (60) sur S. Matthieu. (M. P. L., t. Lvm, col. 681.)
(2) Prov., 30, 16.
S’il est des âmes qui se limitent à elles-mêmes et aux intérêts mesquins de ce temps, il en est d’autres qui ambi tionnent de donner Dieu à la créature. Les premières sont asservies à la vie des sens, pauvre et languissante; les secondes sont emportées par la vie supérieure de l’Esprit.
Que.le existence plus grande, plus belle, plus heureuse à concevoir, que celle du zélateur? Bénissez Notre-Seigneur de nous avoir adressé l’appel qui nous ouvre pareille carrière. Offrons-nous à vivre désormais, non plus pour nous, mais continuellement pour Dieu, pour le Christ et pour les âmes1.
ne méditation
1er Prélude. Représentons-nous Notre-Seigneur parcourant les villes et les bourgades de la Terre Sainte, pour fonder le royaume de Dieu.
2e Prélude. Supplions Dieu de nous accorder la grâce d’un zèle pur, fécond et sans bornes, pour sa gloire et celle du divin Cœur de Jésus.
1er point. Le zèle de Notre-Seigneur.
1. Nous l’avons vu, le dessein d’être victime fit venir JÉsns en ce monde. Mais, en attendant l’immolation, à quoi va-t-Il employer sa vie? Une seule fonction pouvait Lui convenir : celle de zélateur de la gloire de Dieu.